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France : le maire de Montpellier tente de détourner la mémoire de Matoub Lounès

Par Rafik Tadjer4 min de lecture
France : le maire de Montpellier tente de détourner la mémoire de Matoub Lounès
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Le maire de Montpellier Michaël Delafosse est accusé de détourner la mémoire du chanteur Matoub Lounès (1956–1998) en inaugurant une rue à son nom le 24 janvier pour son 70e anniversaire sans évoquer sa nationalité algérienne; sa veuve Nadia Matoub assistait à la cérémonie.

L'omission alimente des soupçons de récupération pro‑MAK — mouvement classé «terroriste» en Algérie qui a proclamé l'indépendance de la Kabylie en décembre — dans le contexte de la crise France‑Algérie depuis juillet 2024 et des liens publics de Delafosse avec le Maroc (avril, Dakhla).

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Grotesque opération de manipulation et de récupération en France d’un symbole de la Kabylie et de l’Algérie. Le nom de Matoub Lounès, chanteur engagé assassiné en 1998, est utilisé dans une tentative sournoise d’appuyer le projet séparatiste du MAK que l’artiste n’a jamais partagé de son vivant.

Pour les 70 ans de la naissance de Matoub Lounès (1956-1998), la mairie de Montpellier a pris l’initiative, à priori louable, de baptiser une rue de la ville à son nom. La cérémonie d’inauguration d’une plaque commémorative a été inaugurée samedi 24 janvier en présence notamment de Nadia Matoub, la veuve de celui qui est appelé en Algérie le “rebelle”.

À première vue, rien d’anormal si ce n’est la communication du maire Michaël Delafosse qui a tenté de donner un autre sens au combat de Matoub.

Immense chanteur et poète, il fut un défenseur absolu de la liberté d’expression, grand artiste de la culture Kabyle. Il a été lâchement assassiné parce qu’il incarnait la liberté et l’universel”, a écrit le maire socialiste sur les réseaux sociaux.

Comme on le voit, il n’y a aucune référence à la nationalité algérienne du chanteur, présenté seulement comme un “grand artiste de la culture kabyle”.

France : quand un maire ami du Maroc tente de détourner la mémoire de Matoub Lounès

Dans le contexte actuel, une telle omission peut donner lieu à une suspicion légitime. Alors que la France et l’Algérie sont en crise ouverte depuis juillet 2024, le mouvement séparatiste MAK, classé terroriste en Algérie, a choisi le territoire français pour proclamer la prétendue “indépendance” de la Kabylie en décembre dernier. Ce mouvement est ouvertement soutenu par la partie hostile à l’Algérie de la classe politique française, Israël et le Maroc.

Le doute est d’autant plus permis que le maire Delafosse est connu pour sa grande proximité avec le Maroc. En avril dernier, il a conduit une délégation qui a séjourné pendant cinq jours au Maroc, se rendant également à Dakhla, dans les territoires sahraouis occupés.

Comme l’écrivait le journal français Midi Libre, il est le premier maire de France à se rendre dans la région du Sahara occidental que le Maroc occupe illégalement aux yeux de l’ONU.

Avant ce déplacement, le maire de Montpellier s’était prononcé en faveur de “la souveraineté marocaine” sur le Sahara occidental, ce qui explique, selon le même média “l’accueil chaleureux et la couverture médiatique nationale qui l’a accompagné” tout au long de son séjour. Michaël Delafosse a été reçu notamment par les ministres marocains des Affaires étrangères et des Investissements, les maires de Fès et Tanger et par l’ambassadeur de France au Maroc.

Dans son post sur les réseaux sociaux, le maire a cité le passage d’un discours dans lequel Matoub Lounès exprimait son soutien à toutes les causes justes à travers le monde et sa solidarité avec les peuples opprimés à travers l’histoire. N’en déplaise aux amis du Maroc, la lutte du peuple sahraoui est aussi une cause juste.

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