« Je n’accepterai aucune pression » : le wali de Naâma hausse le ton

À Naâma (sud‑ouest de l'Algérie), le wali Lounès Bouzegza a dénoncé le 26 janvier des associations qu'il accuse d'outrepasser leurs missions et d'exercer pression ou extorsion avec leur statut.
Il a interdit de recevoir un prétendu dirigeant national (sauf comme simple citoyen), limité la coopération aux associations agréées localement et demandé des poursuites judiciaires contre les abus.
Il affirme rester ouvert aux associations sérieuses et rappelle que toute atteinte à la transparence ou au bon fonctionnement des services publics sera sévèrement sanctionnée.
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TSA Algérie
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Le wali de Naâma dans l’extrême sud-ouest de l’Algérie, Lounès Bouzegza, dénonce, de la manière la plus ferme, certaines associations et organisations qui ont « outrepassé leurs missions légales et empiété sur les prérogatives de l’administration ».
Lors d’une réunion de l’exécutif de la wilaya, le wali a fait remarquer que des présidents d’associations « ont mal interprété leurs rôles en adoptant des pratiques illégales dans leurs relations avec les fonctionnaires ».
Ils utilisent, déplore-t-il, leur statut d’association ou le sceau de celle-ci ou leur carte de membre comme moyen de « pression ou d’extorsion ». Ce qui constitue une violation flagrante des lois et règlements en vigueur, relève Lounès Bouzegza.
Le wali de Naâma lâche sa colère contre certaines associations
« Si tu veux travailler avec nous en tant qu’association pour régler les problèmes des citoyens, tu es le bienvenu. Mais si tu viens pour nous demander des comptes sur notre gestion des affaires de la wilaya, t’immiscer dans notre façon de gérer les projets et autres… je ne vais jamais te recevoir. Je ne te donnerai aucun compte rendu », a annoncé Lounes Bouzegza sur un ton ferme et une forte intransigeance à l’adresse de l’assistance composée de tous les responsables de la wilaya, relate la Radio régionale de Naâma dans une vidéo diffusée ce lundi 26 janvier sur sa page Facebook. Pour lui, la société civile reste un « partenaire du développement » et non un « instrument de tutelle ou de contrôle des organismes publics ».
« Si tu as quelque chose à dénoncer, tu n’as qu’à déposer plainte. Si tu as de bonnes intentions nous collaborerons. Si, toutefois, tu viens avec des calculs ou des arrière-pensées ou tu travailles pour les agendas d’autres personnes, j’appliquerai la réglementation sur toi », a averti le wali.
Lounès Bouzegza a cité l’exemple d’un homme qui, selon lui, se déplace d’une administration à une autre, se présentant comme dirigeant d’une association à vocation nationale.
Dans la foulée, le wali a annoncé sa décision d’interdire à l’administration locale de recevoir cette personne, dont il n’a pas cité le nom, en tant que représentant d’une association sauf s’il se présente comme simple citoyen. La collaboration des services de la wilaya se limitera, explique-t-il, aux seules associations agréées localement. « Je ne prends en compte que l’agrément qu’attribue aux associations notre direction de la réglementation et des affaires générales », a-t-il précisé.
Mesures légales et poursuites judiciaires
Dans ce contexte, le wali de Naâma a donné des instructions à tous les directeurs exécutifs et les chefs de service afin qu’ils mettent un terme à ces « violations » et leur a demandé de prendre les « mesures légales nécessaires, y compris des poursuites judiciaires, contre toute personne reconnue coupable d’abus de l’usage du statut d’association à des fins illicites ». Celui qui ne le fait pas « je considère qu’il est complice », a lancé le wali.
Toutefois, le wali affirme que les portes de l’administration restent ouvertes aux associations sérieuses et actives qui respectent la loi et travaillent dans le cadre d’un partenariat et d’une intégration au service de l’intérêt public. Il apporte de ce fait un soutien aux « associations sérieuses, respectueuses de la loi, présentes sur le terrain et qui apportent un plus à la société ».
Le premier responsable de la wilaya rappelle que la crédibilité et la réputation de l’État, la promotion de la transparence et la garantie du bon fonctionnement des services publics demeurent des lignes rouges et que toute atteinte à ces principes sera traitée avec fermeté et application stricte de la loi.