La Norvège remet à l’Algérie un précieux document historique

Un document diplomatique datant de 1743, relatant l’interception d’un navire norvégien, le Mossoffth, au large d’Alger pour absence de laissez-passer méditerranéen, a été remis à la Grande Mosquée d’Alger par l’ambassadrice de Norvège, Therese Loken Gheziel. Le texte précise que l’équipage fut capturé et que quelques soldats moururent lors des échanges de tirs, mais que le Dey d’Alger, Ibrahim Khodja, intervint pour obtenir la libération du navire et de ses survivants tout en réaffirmant l’obligation du laissez-passer maritime et le respect des usages. Selon les notes, la lettre aurait été rédigée par le consul de France à Alger, Jean-André Peyssonnel; le recteur Cheikh Mohamed El Mamoune El Kacimi El Hassani a salué ce legs historique comme symbole de la souveraineté maritime de l’Algérie et de ses liens, notamment avec la Norvège.
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TSA Algérie
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Un document historique algérien revient au pays. Mercredi, le recteur de la Grande mosquée d’Alger, Cheikh Mohamed El Mamoune El Kacimi El Hassani, a reçu des mains de l’ambassadrice de Norvège en Algérie, Mme Therese Loken Gheziel, un présent assez singulier : un document daté du 18ème siècle relatant un épisode maritime qui avait opposé Alger à Oslo.
« Le recteur de la Grande Mosquée d’Alger reçoit un cadeau d’une grande valeur historique et symbolique », a annoncé l’institution religieuse.
Un legs historique revient à la Grande Mosquée d’Alger
Le document remis à la Grande Mosquée d’Alger est une lettre diplomatique rédigée le 10 novembre 1743. On y lit l’interception, par les forces navales algériennes, du bateau norvégien Mossoffth, commandé alors par le capitaine Jean Andries Dishington.
Le navire était parti de Bergen en Norvège à destination de Barcelone avec une cargaison de sardines, lorsqu’il fut arraisonné pour défaut de « laisser-passer méditerranéen », un document diplomatique de sûreté exigé pour naviguer en Méditerranée.
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« En raison de l’absence d’un laissez-passer méditerranéen requis pour la navigation dans la Méditerranée, le navire fut saisi et son équipage capturé, à l’exception de quelques soldats qui ont péri lors de l’échange de tirs », précise le texte.
L’affaire aurait pu prendre une autre tournure sans l’intervention du Dey d’Alger, Ibrahim Khodja (1743-1745), qui a permis la libération du navire et de l’équipage restant.
Et en dépit de son geste de clémence, le Dey d’Alger avait insisté sur le respect strict des règles établies : « Il insista pour que les usages établis ne soient en aucun cas modifiés, et que le laissez-passer maritime demeure obligatoire en toute circonstance ».
« Souveraineté maritime »
Cette lettre historique témoigne de la place de l’Algérie au 18ème siècle dans l’équilibre des échanges méditerranéens. La Grande Mosquée d’Alger souligne sur Facebook :
« Ce document met en lumière la place de l’Algérie à cette époque, en tant que puissance influente en Méditerranée, capable d’imposer sa souveraineté maritime et ses lois aux navires étrangers ».
Le laissez-passer était alors un document diplomatique crucial que les autorités algériennes délivrent. En plus d’encadrer les relations maritimes, il garantissait la sûreté des navires européens en Méditerranée.
« Il constituait un instrument de régulation des relations maritimes et garantissait le respect des traités conclus entre les Deys d’Alger, les sultanats et les puissances européennes ».
D’après les notes de la Grande Mosquée d’Alger, cette lettre aurait été rédigée par Jean-André Peyssonnel, consul de France à Alger à cette époque.
Pour le recteur, Cheikh Mohamed El Mamoune El Kacimi El Hassani, la transmission d’un tel document dépasse la valeur patrimoniale. Il a exprimé sa gratitude envers la diplomatie norvégienne et a rappelé le rôle central de l’Algérie dans l’histoire méditerranéenne.
Il a également souligné que l’histoire de l’Algérie est riche en gloires et qu’elle restera fidèle à son illustre passé, ajoutant que le pays continue à renforcer les ponts de coopération avec ses partenaires, dont le Royaume de Norvège.