Accord franco-algérien de 1968 : Lecornu annonce des « initiatives » de Macron

Le 7 février, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que l’accord franco‑algérien de 1968 sur l’immigration « ne correspond plus » aux intérêts de la France et doit être renégocié, pas abrogé.
Il a ajouté qu’Emmanuel Macron prendra « plusieurs initiatives » dans les semaines à venir, sans en préciser la nature.
La crise Paris‑Alger s’est aggravée après un documentaire de France 2; le président Abdelmadjid Tebboune a dénoncé des « méthodes viles » et a évoqué la visite possible du ministre français Laurent Nuñez.
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TSA Algérie
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Le premier ministre français Sébastien Lecornu revient à la charge concernant la révision de l’accord franco-algérien de 1968.
Alors que c’est de nouveau le blocage entre les deux pays, Lecornu a réaffirmé que l’accord bilatéral sur l’immigration doit être revu, estimant qu’il ne “correspond plus” aux “intérêts” de la France.
“Je ne crois pas à l’abrogation de cet accord, mais à sa renégociation », a répondu Lecornu en novembre dernier à une question de Marine Le Pen sur le sujet à l’Assemblée nationale, alors que le Rassemblement national (RN) avait fait adopter en octobre une résolution appelant à la dénonciation de l’accord.
Samedi 7 février, le Premier ministre était de nouveau questionné sur l’accord de 1968. Cette fois lors d’une entrevue avec la presse régionale française.
M. Lecornu est resté droit dans ses bottes, estimant que le texte, qui a fait l’objet de trois révisions par le passé, doit être renégocié. L’accord sur l’immigration de 1968 “ne correspond clairement plus à nos intérêts et il y a urgence à aboutir », a-t-il déclaré, ajoutant que le président Emmanuel Macron devrait prendre plusieurs initiatives en ce sens dans les prochaines semaines, sans donner plus de détails.
Paris juge « urgent » la renégociation de l’accord de 1968
Alors que la droite et l’extrême-droite maintiennent la pression pour la dénonciation pure et simple de l’accord, l’option de la renégociation est privilégiée par le président français et son entourage mais aussi par la partie algérienne.
Il est difficile toutefois d’envisager le début du processus de renégociation dans l’immédiat, alors que la crise entre les deux pays s’est davantage compliquée après la diffusion par la chaîne publique France 2 d’un documentaire jugé insultant pour l’Algérie.
“C’est une déclaration qui le concerne, elle ne me concerne pas. S’il veut venir, il est le bienvenu”, a répondu le président Abdelmadjid Tebboune à une question sur la visite annoncée du ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez en Algérie, dans une entrevue diffusée samedi 7 février par la télévision algérienne.
Le président Tebboune a accusé la France, sans la citer, de bloquer les discussions entre l’Algérie et l’Union européenne et de “mener une guerre” économique contre l’Algérie.
“Il y a certains pays qui incitent à la haine contre l’Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles”, a-t-il dénoncé. La crise France – Algérie est plus que jamais retournée à la case départ.