Économie

Train Alger-Tamanrasset : comment le rail va transformer le Sud algérien

Par Badreddine Khris6 min de lecture
Train Alger-Tamanrasset : comment le rail va transformer le Sud algérien
Résumé IA

L’Algérie lance le tronçon Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa (495 km) de la ligne Alger–Tamanrasset, coût 2,67 mds $; la BAD a accordé 747 M$.

Anesrif prévoit ~477 333 emplois d’ici 2030; le président Tebboune vise une mise en service en 2028.

Projet pour désenclaver le Sud: Alger–Laghouat réduit 4 h→1 h45, -60 % délais de livraison, +65 % fret, +25 % passagers et amélioration de l’accès aux services; 338 km déjà exploités sur 2 039 km (article indique 170 km restant).

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L’Algérie met en chantier un tronçon stratégique de la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset. Il s’agit de la ligne ferroviaire Laghouat – Ghardaïa – El Ménéa sur 495 km qui vise à renforcer la connectivité entre les régions du sud algérien et à créer de nouvelles opportunités socio-économiques pour les populations locales.

Le coût du projet de réalisation de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Ménéa, sur une distance de 495 km, est évalué à 2,67 milliards de dollars. Pour le financer, l’Algérie a obtenu un premier prêt de 747 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD).

Ce projet devrait générer, à l’horizon 2030, environ 477.333 emplois, directs et indirects selon un document de l’Agence nationale d’études et de suivi des réalisations et des investissements ferroviaires (Anesrif) consulté par TSA. Il va transformer en profondeur le sud algérien.

Les objectifs et bénéfices du projet sont multiples et ses impacts seront positifs à plus d’un titre. Sur le plan national, la ligne servira de trait d’union entre les régions du Sud algérien, réputées pour leurs richesses en ressources naturelles et les centres industrialisés du Nord.

Trait d’union entre Sud et le Nord de l’Algérie

Du point de vue régional et local, la ligne ferroviaire contribuera au « désenclavement des régions du Sud tout en stimulant leur développement économique et social », souligne l’Anesrif dans son document.

Ainsi, la mobilité des voyageurs et l’acheminement des marchandises seront nettement améliorés. Ce qui profitera davantage aux autorités locales, aux entreprises et à la population résidente.

La réalisation de cette voie ferrée va par ailleurs consolider la position de l’Algérie en tant que « carrefour économique et logistique en Afrique du Nord, participant ainsi au renforcement du commerce intracontinental », selon le document.

Renforcer la chaîne logistique agricole

Outre la réduction de la congestion sur les routes reliant les villes de ces deux wilayas et les localités limitrophe, ce projet contribuera, selon l’Anesrif, « significativement à la dynamisation de l’économie locale et nationale, en stimulant divers secteurs tels que le BTP, la logistique, les services, et les industries connexes ».

A la faveur du transport rapide, sécurisé et économique des produits agricoles qu’elle garantira vers les marchés nationaux, cette infrastructure ferroviaire « permettrait une réduction des pertes post-récolte, souvent causées par des délais de transport excessifs et une amélioration de la rentabilité des exploitations agricoles, grâce à une baisse des coûts logistiques », affirme l’Anesrif dans son étude.

Urbanisation améliorée

La ligne ferroviaire, au-delà de sa fonction de désenclavement, représente une solution concrète pour canaliser et structurer le développement territorial car  elle va redéfinir les zones d’activité économique et logistique en dehors des centres urbains congestionnés, réduisant ainsi la pression foncière sur les zones sensibles, a indiqué le maître d’ouvrage.

L’autre impact positif de cette ligne est qu’elle « contribuerait à la réduction de l’empreinte écologique liée au transport routier intensif», précise la même source

L’Anesrif a rappelé dans son étude que le temps de trajet moyen pour les véhicules légers entre Alger et Laghouat sera réduit à environ 1h45 contre 4 heures aujourd’hui», explique l’Agence.

Une réduction jusqu’à 60 % du temps de livraison pour les produits agricoles notamment les dattes, les légumes, la viande ovine est également attendue grâce à cette ligne, indique l’Anesrif.

Les prévisions de l’Anesrif font état d’une hausse de 65 % de volume de fret transporté par rail depuis la ligne Laghouat- Ghardaïa-El Menia d’ici à 2030 et une augmentation de 25 % de flux de voyageurs interrégionaux entre les deux wilayas.

Impact positif sur la qualité de vie

Parmi les autres points positifs de ce projet de ligne ferroviaire est son impact sur les populations locales, notamment en termes d’accessibilité aux services essentiels.  L’Anesrif parle d’un « accès facilité aux pôles de services situés dans les grands centres urbains et un gain de 60 % du temps d’accès aux hôpitaux régionaux », affirme l’Anesrif.

A l’horizon 2030, l’Anesrif prévoit une augmentation de la mobilité inter-wilayas des citoyens de plus de 40 % et une hausse de plus de 30 % d’accès aux services publics pour les communes rurales desservies par les gares ou lignes secondaires.

Samedi, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la mise en service de la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset en 2028. «Si les choses avancent comme prévu, la fin de l’année 2028 pourrait voir les premiers voyageurs rejoindre la capitale à partir de Tamanrasset », a déclaré le chef de l’Etat, lors de son entrevue périodique avec les médias algériens.

Des tronçons de cette ligne qui reliera Alger à l’extrême sud du pays sont déjà exploités entre Alger et Blida sur 68 km, et entre Boughezoul et Laghouat sur 250 km, soit un total de 338 km sur 2039 kilomètres. Il reste donc à réaliser 170 km de voies ferrées.

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