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Criminalisation du colonialisme : l’Algérie élargit la bataille à l’Afrique

Par Rafik Tadjer4 min de lecture
Criminalisation du colonialisme : l’Algérie élargit la bataille à l’Afrique
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L’Algérie a plaidé à Addis‑Abeba, lors du 39e sommet de l’Union africaine, pour l’inscription du colonialisme parmi les « crimes internationaux les plus graves ».

Le président Abdelmadjid Tebboune, lu par le premier ministre Sifi Ghrieb, a offert la « pleine disponibilité » de l’Algérie à fournir documents, preuves et témoignages et a rappelé l’Appel d’Alger (conférence fin novembre) après 132 ans de colonisation française.

Objectif : reddition de comptes, non‑impunité, restitution des biens culturels et établissement d’une justice historique équitable.

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L’Algérie, qui a accueilli fin novembre dernier une conférence africaine sur le colonialisme, internationalise la lutte pour la condamnation des crimes coloniaux.

Cette fois, c’est à Addis-Abeba lors du 39e Sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, où elle a plaidé, une nouvelle fois, pour l’inscription du colonialisme parmi les « crimes internationaux les plus graves ».

C’est le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui s’est adressé au sommet de l’UA, dans une allocution lue en son nom par le premier ministre Sifi Ghrieb.

À Addis-Abeba, l’UA se penche sur une étude relative aux « répercussions de la qualification du colonialisme comme crime contre l’humanité, ainsi que la qualification de certains actes commis durant l’époque de l’esclavage, de la déportation et de la colonisation en tant qu’actes de génocide à l’encontre des peuples d’Afrique ».

L’Algérie, qui a initié un projet de loi criminalisant le colonialisme français, souffert de 132 ans de colonisation française particulièrement sanglante, a réaffirmé  son soutien « absolu et indéfectible à toutes les initiatives de la Commission de l’UA et ses organes juridiques compétents, visant à ancrer une approche juridique claire et explicite qui inscrit le colonialisme parmi les crimes internationaux les plus graves », a écrit le président Tebboune.

L’objectif de cette démarche, a-t-il expliqué, est de renforcer les principes de « reddition de compte, à consacrer le principe de la non-impunité et à contribuer à l’établissement d’une justice historique équitable. »

À l’occasion, l’Algérie a lancé un appel pour une « reconnaissance internationale explicite, sans équivoque, de la part des organisations onusiennes et des puissances coloniales, de la nature criminelle des pratiques ayant inclus l’esclavage, la déportation forcée, le nettoyage ethnique, la torture, le déplacement et la persécution systématique, des pratiques qui se sont singularisées par leur ampleur et leur brutalité dans l’histoire humaine moderne. »

Pour apporter sa contribution, l’Algérie affiche sa « pleine disponibilité à mettre à la disposition des organes juridiques africains compétents, les documents, preuves matérielles et témoignages historiques fiables en sa possession », a affirmé le chef de l’État.

Colonialisme : l’Algérie prête à fournir des preuves aux Africains

« Ces données mettent en évidence l’ampleur des atrocités et des violations graves commises pour étouffer la résistance du peuple algérien, y compris le recours à une répression à grande échelle et à l’utilisation de moyens et de méthodes prohibés par le Droit international », a rappelé le président de la République.

Le président Tebboune a rappelé aussi les recommandations de « l’Appel d’Alger » qui a été adopté à l’issue de la conférence sur le colonialisme qu’elle a organisée fin novembre dernier.

Parmi ces recommandations figurent notamment l’appel à la « reconnaissance officielle des crimes coloniaux, et une action sérieuse pour l’inscription explicite de la criminalisation du colonialisme dans les règles du droit international », garantir la restitution des biens culturels spoliés, des archives nationales et des restes humains des victimes du colonialisme »…

Dans son allocution, le président Tebboune a estimé que les sacrifices incommensurables consentis par des millions d’Africains pour la liberté, la dignité et la justice « ne sauraient être relégués à l’oubli, ni réduits à des récits tronqués. »

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