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La visite de Laurent Nunez ce lundi à Alger vue de Paris

Par Riyad Hamadi5 min de lecture
La visite de Laurent Nunez ce lundi à Alger vue de Paris
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Laurent Nunez, ministre français de l'Intérieur, entame lundi 16 février une visite de deux jours à Alger pour tenter de sortir d'une crise franco‑algérienne qui dure depuis plus de 18 mois.

À Paris ce déplacement suscite espoirs et prudence: Nunez avait accepté l'invitation en octobre, posé des conditions puis annoncé qu'il irait sans préalables.

L'opinion est divisée entre partisans d'une ligne dure (Bruno Retailleau, député RN Laurent Jacobelli) et défenseurs d'un apaisement (députée écologiste Sabrina Sebaihi), et les diplomates tablent sur des avancées modestes au niveau sécuritaire.

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Laurent Nunez, le ministre français de l’Intérieur, entame ce lundi 16 février une visite de deux jours en Algérie. À Paris, ce déplacement suscite un certain espoir à ce que les deux pays tournent la page d’une crise qui dure depuis plus de 18 mois.

La prudence est toutefois de mise chez beaucoup d’observateurs qui disent ne pas s’attendre à ce que les choses redeviennent subitement comme avant, par le fait d’une simple visite ministérielle.

La longue tergiversation du ministre de l’Intérieur à se décider à aller à Alger est un signe que cette visite divise et que le sujet demeure très sensible en France. Laurent Nunez a “accepté” l’invitation de son homologue algérien en octobre dernier, puis a posé des “conditions”, avant finalement d’annoncer qu’il y va sans préalables.

Les mêmes divisions sur la relation avec l’Algérie sont exprimées à l’égard de ce déplacement. Quand il ne s’y oppose pas, le courant anti-algérien met la pression sur Laurent Nunez pour qu’il tienne à Alger le même discours que son prédécesseur Bruno Retailleau.

Une manière évidemment de garantir l’échec de cette tentative de rapprochement et faire perdurer la crise, sachant qu’Alger n’accepterait aucune forme de chantage ou de pression.

Que le ministre de l’Intérieur aille à Alger, “ça fait partie de son travail” et “ce n’est pas le fait d’y aller qui serait curieux, c’est avec quoi il va revenir”, a estimé le député du Rassemblement national (RN), Laurent Jacobelli, pour qui “la France, sixième puissance mondiale, peut imposer sa volonté si elle le veut”. “C’est maintenant la diplomatie du bras de fer, la diplomatie des bisounours ça n’a pas marché”, a-t-il dit.

En revanche, les partisans d’une relation apaisée avec l’Algérie expriment un certain optimisme. La député écologiste Sabrina Sebaihi croit déceler “des signaux positifs qui se déclenchent des deux côtés ». “Peut-être qu’on est dans un moment de désescalade de la crise », a-t-elle déclaré à l’AFP.

France : “On imagine mal Laurent Nunez revenir d’Alger la besace vide”

Entre les deux avis qui résument une France fortement divisée sur la relation avec l’Algérie, des sources diplomatiques citées par l’agence de presse française se montrent plus nuancées, indiquant qu’à Alger, Laurent Nunez ne va pas “montrer les dents comme son prédécesseur » l’a fait à Paris (Bruno Retailleau n’a pas effectué de visite en Algérie), ‘ni afficher des objectifs ambitieux”. L’important étant de renouer le dialogue, si ténu soit-il, au niveau sécuritaire, explique-t-on.

 Du côté des médias, le magazine d’extrême-droite Marianne évoque un voyage à l’issue “incertaine” et la “mission impossible” de “normaliser des relations algéro-françaises au plus bas depuis plus d’un an et demi”. Plusieurs éditorialistes s’attendent cependant à un minimum de résultats, sans verser dans l’enthousiasme démesuré.

Pour François Clemenceau de BFMTV, un média qui appartient au milliardaire Jacques Saadi, patron de CMA CGM, “ça peut balancer dans le bon sens”, mais “ça ne veut pas dire qu’on va retrouver une relation saine, sympathique, agréable, harmonieuse”. “On va commencer peut-être à enfin trouver un certain nombre de terrains d’accord et des méthodes pour pouvoir parvenir à des résultats”, a analysé le journaliste.

Quel que soit l’issue de la visite, ça ne peut pas être pire que quand Bruno Retailleau était ministre de l’Intérieur, a estimé pour sa part Antoine Lecomte, éditorialiste de France Info. Celui-ci rappelle que Laurent Nunez est “l’anti Retailleau”. Il est plutôt diplomate quand son prédécesseur “c’est la politique de la parole et de la pression”.

“On imagine mal Laurent Nunez revenir en France (d’Alger, ndlr) la besace vide. Ça veut dire qu’il donne raison à la méthode Bruno Retailleau”, estime le journaliste.

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