« Grand Israël » : les propos dangereux de l’ambassadeur américain

L’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré vendredi que la Bible donne à Israël des droits «du Nil à l’Euphrate», évoquant un «grand Israël»; il a précisé certains points sur X samedi sans revenir sur cette affirmation.
Une quinzaine de pays et organisations arabes et musulmanes — dont la Ligue arabe, l’OCI, le CCG, l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats, le Qatar, l’Égypte et l’Autorité palestinienne — ont dénoncé ces propos comme une violation du droit international et une menace pour la sécurité régionale.
Ils estiment que ces déclarations contredisent le plan de paix présenté par Donald Trump et alarment contre toute tentative d’annexion ou d’expansion coloniale.
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TSA Algérie
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Vives réactions dans le monde arabe et musulman après des déclarations de l’ambassadeur des États-Unis en Israël sur de prétendus droits de ce pays sur les terres du Moyen-Orient.
Une quinzaine de pays ont dénoncé des propos incompatibles avec la proposition de paix du président Donald Trump et qui constituent une grave menace pour la sécurité et la stabilité de la région.
Alors que Trump se présente en faiseur de paix au Moyen-Orient avec son plan pour Gaza -soutenu du reste par la majorité des États de la région-, son ambassadeur en Israël, Mike Huckabee, a tenu un discours inquiétant.
Interrogé vendredi sur le sens d’un verset de la Bible selon lequel Israël aurait « des droits » sur les terres s’étendant « du Nil à l’Euphrate », soit de l’Égypte à l’Irak, l’ambassadeur américain a répondu : « Je pense que c’est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient. Ce serait bien s’ils prenaient tout. »
L’idée du « grand Israël » était défendue jusque-là dans les seuls milieux extrémistes juifs. C’est la première fois qu’un responsable du rang d’ambassadeur d’une grande puissance appuie ouvertement un tel projet.
Mike Huckabee semble le penser sérieusement. Samedi, il a apporté des précisions sur X à propos d’autres sujets abordés lors de l’entretien avec le journaliste américain Tucker Carlson, mais il n’est pas revenu sur ce qu’il a dit sur les terres du Moyen-Orient.
L’ambassadeur US en Israël irrite le monde arabe par des propos dangereux
Dans un communiqué commun, une quinzaine de pays et d’organisations du monde arabe et musulman ont souligné que les propos de l’ambassadeur US en Israël sont en porte-à-faux avec « la vision proposée par le président américain Donald Trump et le plan global visant à mettre fin au conflit à Gaza, qui repose sur la maîtrise de l’escalade et l’ouverture de véritables perspectives politiques pour parvenir à la paix ».
La Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique, le Conseil de coopération du Golfe et les ministères des Affaires étrangères d’Arabie Saoudite, de Jordanie, des Émirats arabes unis, du Qatar, d’Indonésie, du Pakistan, d’Égypte, de Turquie, de Syrie, de Palestine, du Koweït, du Liban, d’Oman et de Bahreïn ont affirmé que ces déclarations constituent « une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations Unies », et représentent une « grave menace pour la sécurité et la stabilité de la région ».
Une telle déclaration « alimente les tensions et constitue une incitation manifeste », ont estimé les signataires, réaffirmant qu’Israël n’a aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés ni sur aucun autre territoire arabe.
Tout en rejetant « toute tentative d’annexion de la Cisjordanie ou de sa séparation de la bande de Gaza », et « l’expansion des activités de colonisation illégales », ils ont souligné leur rejet catégorique de toute menace à la souveraineté des États arabes.
Dans des déclarations séparées, plusieurs pays de la région ont exprimé la même indignation et les mêmes mises en garde. L’Arabie saoudite a dénoncé des propos « irresponsables » et « dangereux », la Jordanie « une atteinte à la souveraineté des pays de la région » et le Koweït une « violation flagrante des principes du droit international ».
Pour l’Égypte, Israël n’a « aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, ni sur aucune autre terre arabe », tandis que l’Autorité palestinienne a estimé que les propos de l’ambassadeur US « contredisent le rejet par Donald Trump du projet d’annexion de la Cisjordanie ».