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France : pied-de-nez de l’ambassadeur américain, silence de l’extrême-droite

Par Riyad Hamadi5 min de lecture
France : pied-de-nez de l’ambassadeur américain, silence de l’extrême-droite
Résumé IA

L'ambassadeur américain Charles Kushner (père de Jared) a snobé une convocation du Quai d'Orsay le 23 février après avoir critiqué la France suite à la mort de Quentin Deranque, tué le 12 février à Lyon.

Le ministre Jean‑Noël Barrot a révoqué l'accès direct du diplomate et averti que ce refus affectera sa capacité à exercer en France.

La droite dure et l'extrême droite (Retailleau, De Villiers, Goldnadel) se sont majoritairement tues ou ont soutenu Kushner, révélant un « nationalisme à géométrie variable » face aux tensions avec l'Algérie.

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Alors qu’il criait son indignation lorsque l’Algérie défendait les droits de ses ressortissants ou appliquait simplement ses lois sur son territoire, le courant extrémiste en France ne souffle pas mot face à un pied-de-nez retentissant fait au gouvernement français par l’ambassadeur des États-Unis.

Charles Kushner ne s’est pas contenté de s’ingérer dans les affaires intérieures de la France. Il est allé jusqu’à ignorer royalement une convocation du Quai d’Orsay. Un fait très rare dans les annales diplomatiques.

Où est passée l’extrême droite ?

Pour un courant qui fait de la souveraineté et de la grandeur de la France un cheval de bataille, voire une raison d’être, c’est le moment de monter au créneau. Or, on n’entend pas Bruno Retailleau ni tous les autres.

Charles Kushner, père de Jared Kushner, le conseiller et gendre de Donald Trump, est de ces nouveaux ambassadeurs US qui défraient la chronique aux quatre coins du monde.

Après la mort du militant de l’ultra-droite Quentin Deranque tué dans une rixe à Lyon le 12 février dernier, il s’est permis de donner son avis et de faire la leçon aux autorités françaises.

 “L’extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique. Nous continuerons à suivre la situation et espérons que les auteurs de ces violences seront traduits en justice”, a-t-il écrit sur X.

“Nous n’avons aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire”, a répliqué le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot qui a aussitôt annoncé la convocation de l’ambassadeur pour lundi 23 février. Sauf que, à l’horaire convenu, le diplomate américain ne s’est pas présenté au Quai d’Orsay.

Le nationalisme à géométrie variable de l’extrême-droite française

Jean-Noël Barrot a exigé des “explications” et fait savoir que le refus de l’ambassadeur de répondre à la convocation « affectera naturellement sa capacité à exercer sa mission dans notre pays ». L’accès direct du diplomate américain au gouvernement français a été révoqué en guise de mesure immédiate.

Pour moins que ça, la droite dure et l’extrême-droite, qui se définissent comme le “courant nationaliste” ont évoqué une “humiliation”.

C’était en janvier 2025  lorsque l’Algérie a refusé l’expulsion non conforme aux procédures d’un de ses ressortissants en France. Le premier à avoir utilisé le mot est Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur ouvertement hostile à l’Algérie.

Le terme est repris à l’envi par tout le courant extrémiste à chaque action ou déclaration des autorités algériennes dans le contexte de la crise entre les deux pays.

La véritable humiliation est pourtant là, dans le refus d’un ambassadeur étranger, au mépris des us diplomatiques, de répondre à une convocation du gouvernement. Mieux, les personnages du courant extrémiste qui se sont exprimés l’ont fait pour défendre l’attitude du diplomate américain.

“Charles Kushner a roulé sa bosse. Il ne se fait pas convoquer par un nain de jardin, comme ça, pour un truc complètement inutile », a déclaré sur RMC Emmanuel de Villiers.

L’avocat franco-israélien William Goldnadel, lui, n’a que l’Algérie comme obsession. Il trouve curieux que le Quai d’Orsay n’a pas convoqué l’ambassadeur d’Algérie, dénonçant sur X un “faux courage à géométrie invariable”. Sait-il au moins que l’Algérie n’a pas d’ambassadeur à Paris depuis juillet 2024 ? Ce qu’il y a lieu de dénoncer en tout cas, c’est ce nationalisme et cette indignation “à géométrie variable”.

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