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« Bah non » : Sabrina Sebaihi recadre Robert Ménard sur l’Algérie française

Par Riyad Hamadi4 min de lecture
« Bah non » : Sabrina Sebaihi recadre Robert Ménard sur l’Algérie française
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La députée d’origine algérienne Sabrina Sebaihi a recadré le maire de Béziers Robert Ménard après ses déclarations nostalgiques de « l’Algérie française » dans le podcast de Jean‑Jacques Bourdin.

Ménard (né à Oran en 1953, fils de Pieds‑Noirs) avait dit « On était chez nous »; Sebaihi a riposté « Bah non » et l’a accusé de vouloir faire un « pèlerinage colonial ».

La sortie du cofondateur de RSF a suscité de nombreuses réactions, y compris d’historiens rappelant que les Pieds‑Noirs furent « victimes collatérales du système colonial ».

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Les langues des anti-Algeriens en France se délient. Robert Ménard, c’est la nostalgie de l’Algérie française qui le fait agir et beaucoup de ceux qui s’acharnent sur l’Algérie ont la même motivation.

Dans le podcast de Jean-Jacques Bourdin, le maire de Béziers a parlé de l’Algérie presque les larmes aux yeux. « On était chez nous », dit-il. « Bah non », lui a rétorqué la députée d’origine algérienne Sabrina Sebaihi.

Robert Ménard est fils de pieds-noirs. Il est né à Oran en 1953, un an avant le déclenchement de la guerre de Libération nationale qui débouchera, en 1962, sur l’indépendance de l’Algérie et le départ des colons et de la plupart des pieds-noirs, après 132 ans de colonisation.

La réponse cinglante de Sabrina Sebaihi à un nostalgique de l’Algérie française

Pour lui, le général De Gaulle a « bradé l’Algérie ». « Peut-être qu’il avait ses arguments, mais ils étaient inaudibles. On était chez nous », a-t-il affirmé. « Vous êtes toujours chez vous en Algérie ? », lui a demandé Bourdin. « Non, bien sûr », a répondu Ménard, qui en profite pour feindre de ne pas comprendre pourquoi les autorités algériennes ne lui donnent pas le visa.

« Je voulais emmener Emmanuelle, ma fille, pour lui montrer le pays d’où je viens, à quoi ça ressemble, pourquoi on avait un tel regret de ça, pourquoi on a toujours trouvé que la mer est plus chaude en Algérie que de l’autre côté de la Méditerranée, et que ça, c’est des choses qui n’ont pas de prix… », a-t-il raconté.

La sortie de celui qui passe son temps à dénigrer l’Algérie et à rejeter l’immigration algérienne a suscité de nombreuses réactions.

« Oh les robes des filles, oh le soleil si brillant, oh la mer si chaude… La larme à l’œil, Ménard déroule sa nostalgie de l’Algérie française », a réagi Sabrina Sebaihi sur X.

« Offusqué de ne pas pouvoir se rendre en Algérie faire son pèlerinage colonial, il nous dit : ‘On était chez nous’. Bah non », a contesté la députée écologiste d’origine algérienne.

L’historien Fabrice Riceputi a également recadré le cofondateur de Reporters sans frontières (RSF).

Robert Ménard, « victime collatérale du système colonial »

« Non Bébert, t’étais pas « chez toi », mais, depuis 1830, chez « eux ». Certains Pieds-Noirs marqués par l’OAS et restés à l’extrême droite refusent toujours de comprendre qu’ils furent fondamentalement les victimes collatérales d’un système profondément injuste : le système colonial », a rappelé l’historien spécialiste de la colonisation française en Algérie.

Robert Ménard n’est pas le seul homme politique français descendant de pieds-noirs à revendiquer publiquement sa nostalgie de l’Algérie française. À deux reprises, en 2022 et 2024, le député RN José Gonzalez a mis à profit sa présidence de la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale française, en sa qualité de député le plus âgé, pour parler de l’Algérie comme de son pays.

En 2022, il a exprimé sa nostalgie de sa « terre natale », à laquelle il a été « arraché par le vent de l’histoire », ajoutant qu’il est « un homme qui a vu son âme à jamais meurtrie ».

En 2024, il s’est défini comme un « Français né sous le soleil d’un autre continent qui a appris, par son déchirant déracinement, le sens du mot patrie ». Comme Ménard, Gonzalez est né à Oran, en 1943.

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