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Médecine, fiction et gouvernance ethnique : au-delà de l’émotion

Par TSA5 min de lecture
Médecine, fiction et gouvernance ethnique : au-delà de l’émotion
Résumé IA

La diffusion récente d'une scène de la série El Mouhajir sur El Hayet TV montrant un médecin en relation inappropriée avec une patiente suscite une polémique entre défenseurs de la liberté artistique et institutions réclamant sanctions.

Le Conseil régional de l'Ordre des médecins de Blida rappelle que toute séduction dans le cadre de la consultation est strictement interdite, constituerait une faute grave et peut entraîner une sanction disciplinaire.

L'Ordre préconise une réponse pédagogique pour protéger la dignité des patients et la confiance sociale plutôt qu'une censure émotionnelle, en insistant sur la nécessité de réponses institutionnelles face aux dérives réelles.

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TSA Algérie

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La diffusion récente d’une œuvre de fiction dans une série télévisée (El Mouhajir, NDR) mettant en cause un médecin dans une relation inappropriée avec une patiente dans un contexte de consultation suscite un débat passionné

Certains défendent la liberté d’expression artistique et estiment qu’il s’agit d’une simple scène artistique.

D’autres, notamment des institutions et des organisations, y voient une atteinte intolérable à la dignité du malade et à l’intégrité de la corporation médicale au point d’en saisir l’autorité de régulation de l’audiovisuel pour exiger des sanctions contre la chaîne de télévision (El Hayet TV, NDR), les acteurs et le metteur en scène.

Notre responsabilité en tant qu’Ordre des médecins n’est ni de céder à l’émotion ni de pratiquer la censure. Elle est de rappeler les principes fondamentaux

La relation médecin-patient n’est pas une relation ordinaire. Elle est structurellement asymétrique : savoir contre l’ignorance, autorité contre vulnérabilité et dépendance. Cette asymétrie justifie l’existence d’un encadrement législatif et règlementaire normatif strict : Le code de déontologie médicale et les Conseils de l’Ordre.

Toute relation de séduction ou d’intimité initiée dans le cadre de la prise en charge médicale est strictement prohibée en raison de cette asymétrie de pouvoir et du risque d’abus de position dominante. Une telle relation constitue dans la réalité professionnelle une faute grave et donnerait lieu à une sanction disciplinaire sévère.

S’agissant d’une œuvre de fiction, deux principes doivent être conciliés :

1 – La liberté d’expression artistique protège une œuvre de fiction même lorsqu’elle montre des fautes professionnelles et des transgressions. Une œuvre de fiction peut montrer un médecin fautif sans qu’elle ne reflète la norme professionnelle ou qu’elle signifie qu’elle cautionne ce comportement.

Une œuvre de fiction n’est pas un fait réel, elle peut explorer des situations humaines complexes, y compris des dérives professionnelles. Elle ne saurait en aucun cas être assimilée à la réalité des pratiques médicales.

2 – L’Ordre des médecins a pour mission de protéger la dignité du patient, préserver la confiance de la société et défendre la dignité de la profession.

Devant une œuvre de fiction, l’Ordre doit avoir une position mesurée et pondérée. Il doit respecter la liberté de création artistique et ne pas s’offusquer systématiquement et entrer dans une polémique émotionnelle en demandant censure et sanction artistique. Cela l’exposerait à l’accusation d’atteinte à la liberté d’expression artistique.

L’Ordre doit transformer la controverse en un moment pédagogique en direction du public et des médecins. À l’ère des plateformes numériques de streaming, des réseaux sociaux et des séries télévisées, le challenge n’est pas de protéger une image idéalisée du médecin mais de faire respecter la norme éthique réelle.

Ce n’est pas la transgression fictive qui fragilise la corporation médicale, c’est l’absence de réponses institutionnelles face aux dérives réelles.

Une profession forte ne craint pas la représentation fictionnelle de ses dérives.

Le rôle de l’Ordre n’est pas d’interdire la fiction, mais de rappeler la norme déontologique dans l’exercice réel de la médecine.

En conclusion

La liberté artistique est un principe fondamental, la protection des personnes vulnérables l’est autant

La mission de l’Ordre est de rappeler que dans la réalité des soins, l’abus d’autorité est une faute éthique. La confiance du public ne repose pas sur l’idée que les médecins sont parfaits et infaillibles, mais sur la certitude que les dérives dans la réalité professionnelle sont interdites et sévèrement sanctionnées. C’est là que se situe la véritable gouvernance éthique.

*Président du Conseil régional de l’Ordre des médecins de Blida

Important : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas la position de la rédaction de notre média.

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