Économie

Guerre en Iran : comment l’Algérie s’est mise à l’abri d’une crise des carburants

Par Ali Idir5 min de lecture
Guerre en Iran : comment l’Algérie s’est mise à l’abri d’une crise des carburants
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L’Algérie est protégée d’une crise mondiale des carburants déclenchée par la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran — 20% du pétrole et du gaz transitent par ce passage — et la flambée des cours (baril à 93$ vendredi).

Le pays n’importe plus d’essence depuis 2022 et, selon le président Abdelmadjid Tebboune, cessera d’importer du gasoil à partir de 2026.

La capacité de raffinage est passée de 27 à 30,5 millions de tonnes (2018‑2023); de nouveaux projets (raffinerie Hassi Messaoud 5 Mt/an, acquisition de l’Augusta) renforcent cette autonomie.

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La première grosse conséquence de la guerre au Moyen-Orient est la perturbation du commerce mondial de pétrole et de gaz. Alors qu’une crise mondiale de carburants se profile, l’Algérie a moins de soucis à se faire grâce à sa politique d’autosuffisance engagée ces dernières années.

Depuis le milieu de la semaine passée, l’Iran a procédé au blocage total du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % de la consommation mondiale de pétrole et de gaz.

Des pays de la région, qui subissent les représailles de la part de l’Iran, ont aussi annoncé l’arrêt de certaines de leurs installations de production, comme le Qatar qui a informé ses partenaires de la cessation de la production de gaz, invoquant un cas de « force majeure ».

Le richissime émirat est l’un des plus grands acteurs mondiaux du gaz. Vendredi, l’Arabie Saoudite a annoncé avoir intercepté des missiles et des drones se dirigeant vers ses champs pétrolifères.

Cette situation explosive a induit une flambée des cours sur les marchés mondiaux. Le baril de pétrole a atteint vendredi 93 dollars, son plus haut niveau depuis deux ans. Cette flambée fait craindre une inflation généralisée et une pénurie des carburants.

Les carburants flambent en France, la Chine restreint ses exportations

La Chine, gros client du pétrole du Golfe, a pris ses devants dès l’annonce de la fermeture du détroit d’Ormuz, en demandant à ses raffineurs de suspendre les exportations de gasoil et d’essence pour privilégier les besoins intérieurs.

Selon l’agence Bloomberg qui a rapporté l’information jeudi 5 mars, la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), principal organe de planification économique en Chine, a rencontré les représentants des raffineries qu’elle a exhortés « verbalement » à suspendre temporairement les expéditions de produits raffinés, « avec effet immédiat ».

« Les raffineurs ont été invités à cesser de signer de nouveaux contrats et à négocier l’annulation d’expéditions déjà convenues », ajoute la même source. Dans le même temps, au moins un raffineur japonais a annulé ses exportations d’essence, de gasoil et de kérosène et la Thaïlande a aussi annoncé la suspension des exportations de carburant.

D’autres pays producteurs pourraient suivre et une pénurie mondiale de carburants n’est pas exclue. Déjà, les prix à la pompe ont flambé en France où le gazole est passé de 1,71 euro à 1,99 euro le litre en moins de 24 heures.

L’Algérie à l’abri de la crise mondiale de carburants qui se profile

L’Algérie sera-t-elle touchée ? La réponse est non, car le pays s’est affranchi des importations et est désormais autosuffisant en carburants. Grâce au renforcement de ses capacités de raffinage, l’Algérie n’a pas importé d’essence depuis 2022. L’importation de gasoil devrait, elle, cesser cette année.

« Nous n’importons plus d’essence. À partir de l’année 2026, l’Algérie n’importera plus aucune goutte de gasoil. À partir de 2026, nous raffinerons notre pétrole ici », a annoncé le président de la République Abdelmadjid Tebboune en avril 2025 à Béchar.

En cinq ans, de 2018 à 2023, la production algérienne est passée de 27 millions à 30,5 millions de tonnes de produits issus du raffinage du pétrole brut, grâce à la réhabilitation de trois raffineries pour moins de 3 milliards de dollars.

En janvier 2025, le président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) a indiqué que la consommation de l’Algérie de produits pétroliers a augmenté de 3,5 % en 2023 pour atteindre 18,1 millions de tonnes, dont 10,1 millions de tonnes de gasoil.

Outre la réhabilitation de ses raffineries existantes, de nouveaux projets sont engagés, comme la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud, d’une capacité de 5 millions de tonnes par an, ayant nécessité un investissement de 3,5 milliards de dollars.

En 2018, Sonatrach a racheté à ExxonMobil la raffinerie Augusta en Sicile (Italie) pour près d’un milliard de dollars. Une acquisition qui contribue à mettre le pays à l’abri des dysfonctionnements et des tensions du marché mondial.

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