Algérie – France : “Prétendre divorcer est une illusion”

Le cardinal Jean‑Paul Vesco, archevêque d'Alger, déclare au Parisien que la mémoire coloniale en Algérie est «très douloureuse» et que la visite du pape Léon XIV en avril en Algérie (et dans d'autres pays africains) doit apaiser cette blessure.
Il voit un début de dégel après le déplacement en Algérie du ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez les 16‑17 février, parlant de «plus que des paroles» et de gestes destinés à désamorcer les tensions.
«Une volonté de paix existe désormais» et «Notre futur est lié, et prétendre divorcer est une illusion», conclut‑il.
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TSA Algérie
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Le cardinal Jean-Paul Vesco s’exprime de nouveau sur la relation franco-algérienne. Cette fois, dans un contexte de début de dégel entre les deux pays. L’archevêque d’Alger a évoqué la question dans un entretien au Parisien consacré à la visite du Pape Léon XIV en Algérie en avril prochain.
A propos de la résonnance chez l’ancienne puissance coloniale de ce périple du Pape en Afrique (Algérie, Cameroun, Angola et Guinée équatoriale), l’archevêque a indiqué que “la mémoire coloniale est très douloureuse ici” et “l’enjeu est fondamental”.
Avant d’être pape, Léon XIV était évêque au Pérou. “Donc il sait ce qu’est un peuple humilié… Mon souhait, c’est que ses paroles de paix apaisent une mémoire blessée”, a expliqué le cardinal.
“Clairement”, a répondu Jean-Paul Vesco lorsqu’il a été interrogé s’il sentait un dégel dans les relations entre Alger et Paris après la récente visite en Algérie du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez (16 et 17 février).
Jean-Paul Vesco : “Une volonté de paix existe désormais” entre Alger et Paris
Dans sa réponse, il a assuré qu’il y a eu “plus que des paroles” lors de cette visite, assurant qu’il a observé “les images de ce déplacement et les gestes de Laurent Nuñez, qui ont une grande importance”.
A travers ses gestes et dans sa posture, le ministre de l’Intérieur français “a montré vouloir désamorcer les choses”. Pour l’archevêque, ce qu’il se passe entre les deux pays est “de l’ordre du sentiment” et un “changement d’attitude apporte beaucoup”. L’archevêque ne le dit pas mais l’allusion est à la posture de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
Aujourd’hui, “il y a une volonté de mettre moins de pression, et les participants aux discussions avec lesquels j’ai pu parler l’ont perçue”, témoigne Jean-Paul Vesco.
Reconnaissant que “la blessure est toujours là” et que “ce n’est pas un jeu”, le cardinal relève qu’une “volonté de paix existe désormais”. “Notre futur est lié, et prétendre divorcer est une illusion”, a-t-il assuré.