France : « Une majorité de musulmans vit des discriminations au quotidien »

Chems-Eddine Hafiz alerte sur la montée de la musulmanophobie en France.
Le recteur de la Grande mosquée de Paris affirme qu’une majorité significative de musulmans dit subir des discriminations au quotidien.
Il cite l’emploi, le logement et le regard dans l’espace public.
Il réagit aussi aux attaques racistes visant Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis.
Il dit que ces dérives traduisent un rejet diffus, banalisé et mesurable.
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TSA Algérie
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Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, s’alarme sur l’ampleur prise par ce qu’il appelle la musulmanophobie qui s’installe profondément en France.
« Oui, il existe en France une forme de rejet spécifique visant les musulmans ou ceux qui sont perçus comme tels. Oui, cette réalité a un nom : la musulmanophobie », tranche-t-il dans un billet publié sur la revue de la Grande mosquée de Paris.
« Comparaisons indignes »
Le recteur s’est exprimé sur les attaques racistes dont a fait l’objet le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui a été qualifié de singe sur la chaîne d’extrême droite CNews. Pour lui, les propos visant un élu de la République à travers des comparaisons indignes ne sont pas des accidents isolés. Bien au contraire.
« Ce qui est en cause, ce n’est pas seulement un mot de trop. C’est un regard. Un regard qui, trop souvent encore, précède la citoyenneté, la relativise, parfois même la conteste. Or, cette réalité n’est plus seulement ressentie : elle est mesurée », analyse M. Hafiz qui évoque la souffrance silencieuse des musulmans en France.
Pour appuyer ses propos, il cite des travaux menés par l’Ifop, à l’initiative de la Grande Mosquée de Paris, qui ont permis, selon lui, de mettre des chiffres sur « ce que beaucoup vivent en silence ».
La mise en garde de Chems-Eddine Hafiz
Et de révéler qu’une « majorité significative » de Français de confession musulmane déclare faire l’expérience, à « des degrés divers, de discriminations dans leur vie quotidienne qu’il s’agisse de l’accès à l’emploi, au logement, ou simplement du regard porté sur eux dans l’espace public. »
Plus grave encore, s’inquiète-t-il, une part importante des musulmans en France exprime le « sentiment d’être perçue comme un problème, plutôt que comme une composante légitime de la nation. »
La musulmanophobie « ne se réduit pas à des actes spectaculaires, aussi graves soient-ils », elle s’installe « souvent dans des formes diffuses, banalisées, presque imperceptibles », et « se loge dans les sous-entendus, dans les assignations, dans ces glissements progressifs qui transforment une appartenance en suspicion », ajoute Chems-Eddine Hafiz qui met en garde contre les conséquences de cette grave dérive.
Le recteur de la Grande mosquée de Paris rappelle que les « fractures profondes ne naissent jamais brutalement », elles « s’installent lentement, à mesure que certains discours deviennent tolérables, puis ordinaires ».