Gaz : pourquoi l’Espagne se tourne à nouveau vers l’Algérie

L'Espagne a demandé à l'Algérie d'augmenter ses livraisons de gaz de 10 % via le gazoduc Medgaz, dont la capacité maximale de 32 millions de mètres cubes par jour n'est pas pleinement exploitée.
Madrid cherche à réduire sa dépendance aux importations de GNL américain, qui représentent près d'un tiers de ses besoins, au moment où les tensions avec Donald Trump s'exacerbent.
L'Espagne a refusé d'autoriser l'armée américaine à utiliser ses bases pour frapper l'Iran et a condamné la guerre Israélienne contre Gaza, provoquant la colère du président américain.
L'Algérie, qui fournissait déjà 34 % des importations gazières de l'Espagne en 2025, est devenue un partenaire stratégique clé pour Madrid face aux deux puissances que sont les États-Unis et la Russie.
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TSA Algérie
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Comme l’Italie, l’Espagne a sollicité de l’Algérie l’augmentation de ses livraisons de gaz après le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran le 28 février dernier.
Si les deux pays du Sud de l’Europe, qui sont les principaux clients de l’Algérie, souhaitent évidemment sécuriser leurs approvisionnements et mettre à profit la proximité géographique pour s’approvisionner à moindre coût, l’Espagne a une raison supplémentaire de vouloir plus de gaz algérien. Elle est en lien direct avec la géopolitique mondiale et particulièrement le positionnement de Madrid dans le dossier du Proche-Orient.
L’Algérie est reliée directement à l’Espagne et à l’Italie par des gazoducs qui permettent d’acheminer du gaz en quantité et à des prix inférieurs à ceux du GNL transporté par voie maritime.
En 2022, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Europe a décidé de s’affranchir des hydrocarbures russes.
Dans cette optique, Rome et Madrid se sont tournées vers l’Algérie qui a accepté d’augmenter les flux. Quatre ans après, la guerre en Iran a perturbé les approvisionnements mondiaux et c’est encore l’Algérie que les deux pays européens ont sollicitée.
Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, et José Manuel Albares, le chef de la diplomatie espagnole, ont séjourné à Alger un jour d’intervalle en mars dernier, avec comme point commun de leurs visites le renforcement du partenariat énergétique avec l’Algérie ou, plus directement, la négociation de quotas supplémentaires de gaz algérien. Les deux responsables ne sont pas retournés bredouilles de la capitale algérienne.
Selon l’agence Bloomberg, Albares a obtenu l’augmentation des livraisons algériennes de 10 % via le gazoduc Medgaz dont la capacité maximale de 32 millions de mètres cubes par jour n’est pas pleinement exploitée.
L’Espagne mise sur l’Algérie pour réduire ses achats de GNL américain
La part de l’Algérie dans l’approvisionnement de l’Espagne, qui représentait 34 % en 2025, se voit ainsi renforcée. Le média espagnol abc.es explique que grâce à son partenariat avec l’Algérie, Madrid gagne sur le double plan financier et politique.
En plus de payer moins cher par rapport aux quantités de GNL qui arrivent à bord de méthaniers, l’Espagne réduit en même temps sa dépendance aux États-Unis, son principal fournisseur de GNL.
Le pays, qui ambitionne de devenir le hub gazier de l’Europe, a augmenté ses achats de GNL américain lorsqu’il a fallu, il y a quatre ans, réduire ceux en provenance de Russie. Mais les événements ultérieurs ont changé la donne. Le gouvernement de Pedro Sanchez a tenu tête aux États-Unis dans les deux conflits majeurs du Moyen-Orient.
L’Espagne a été l’un des premiers pays occidentaux à dénoncer fermement la guerre israélienne contre Gaza. Madrid a encore dit non à Donald Trump en refusant d’autoriser l’armée américaine à utiliser ses bases en Espagne dans les opérations contre l’Iran, provoquant l’ire du président américain.
Or, les USA ont fortement augmenté leurs livraisons de gaz à l’Espagne ces dernières années, fournissant près du tiers de ses importations.
« Ce qui ne posait initialement aucun problème est devenu délicat du fait des tensions exacerbées par le président Pedro Sánchez dans ses relations avec Donald Trump », explique abc.es.
L’Espagne a cherché à réduire ses importations de Russie et souhaite maintenant ne pas trop dépendre des États-Unis. Et à chaque fois, c’est vers l’Algérie, reconnue comme un acteur clé et un partenaire fiable, qu’elle se tourne.