Économie

Hydrocarbures : l’Algérie enclenche la rupture avec de grands projets miniers

Par Ali Idir6 min de lecture
Hydrocarbures : l’Algérie enclenche la rupture avec de grands projets miniers
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L'Algérie lance trois grands projets miniers pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures.

Le président Tebboune a ordonné dimanche une « rupture » avec le pétrole et le gaz. Le secteur minier doit devenir un moteur essentiel de croissance économique et générateur de devises.

Le gisement de minerai de fer de Gara Djebilet à Tindouf (3,5 milliards de tonnes) est en exploitation depuis février 2024. Une ligne ferroviaire de 950 km le relie à Béchar.

La mine de phosphate de Bled el Hadba en Tébessa (840 millions de tonnes) doit exporter sa première cargaison en mars 2027. L'Algérie construira une ligne ferroviaire de 420 km vers le port d'Annaba et créera des unités de transformation locale.

Le gisement de zinc et de plomb d'Amizour en Béjaia (54 millions de tonnes) figure dans le top 10 mondial. Son exploitation a démarré en mars 2024 avec un investissement de 471 millions de dollars.

L'Algérie a modifié sa loi minière pour permettre aux entreprises étrangères de détenir jusqu'à 80 % des projets, contre 49 % avant.

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L’Algérie compte sur les mines pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures qui continuent de représenter la plus grande part des revenus en devises du pays. Dimanche, lors du Conseil des ministres, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a utilisé un mot plus fort : la rupture avec le pétrole et le gaz.

Le chef de l’État a rappelé que le « plan économique de l’Algérie, pour l’étape actuelle et future, vise à faire du secteur des mines un secteur vital générateur de richesse et un moteur essentiel pour rompre avec la dépendance aux hydrocarbures », a indiqué la Présidence de la République dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion.

Gara Djebilet, un gisement gigantesque en exploitation

Pour allumer ce nouveau moteur de croissance et générateur de devises que représente les mines, l’Algérie a lancé trois projets de taille mondiale. Le premier est le gisement de minerai de fer géant de Gara Djebilet à Tindouf dans l’extrême sud du pays, dont les réserves sont estimées à 3,5 milliards de tonnes.

L’exploitation de ce gisement a été lancée officiellement le 1er février dernier par le président Tebboune, après l’achèvement de la ligne ferroviaire minière de l’ouest reliant Gara Djebilet à Béchar sur 950 km.

Le deuxième grand projet minier d’envergure internationale lancé par l’Algérie est celui du phosphate de Bled el Hadba dans la wilaya de Tébessa à l’extrême est du pays. Le 9 février dernier, le premier ministre Sifi Ghrieb a indiqué que l’Algérie va produire 10,5 millions de tonnes de phosphate par an grâce à cette mine dont les réserves sont estimées à 840 millions de tonnes.

Phosphate de Bled el Hadba : Tebboune fixe les échéances

Pour exploiter ce gisement, l’Algérie a lancé la construction d’une ligne ferroviaire de 420 km entre Bled el Hadba et le port d’Annaba. Dimanche, le président Tebboune a tranché sur la date de la mise en service de cette ligne et l’exportation de la première cargaison de phosphate.

Il a demandé au nouveau ministre des Mines et de l’Industrie minière Mourad Hani « d’œuvrer pour que l’Algérie atteigne l’étape de l’exportation du phosphate d’ici mars 2027 au plus tard, en tant qu’objectif économique majeur du secteur actuellement, notamment avec l’achèvement des travaux du quai minéralier dans le cadre de l’extension du port d’Annaba (mars 2027) », selon le communiqué de la Présidence de la République. M. Hani a été nommé à ce poste le 9 avril dernier.

L’Algérie ne compte pas se contenter d’exporter du phosphate extrait de cette mine. Elle compte créer une industrie locale de transformation de ce produit stratégique indispensable dans l’agriculture. « Celui qui détient les engrais détient le pouvoir », a déclaré le président Tebboune en décembre 2023.

Le président a ordonné le « lancement immédiat des travaux de création d’unités de traitement des matières premières de la mine du phosphate de Bled El Hadba, parallèlement avec l’exploitation de la mine ». Il a aussi demandé le « lancement immédiat de la mise en place des stocks de l’urée et de l’ammoniac, selon les normes techniques internationales, étant des matières soumises à des conditions particulières de stockage ».

Pour le quai minier dans le cadre de l’extension du port d’Annaba, qui est un élément important du dispositif d’exploitation de la mine de Bled el Hadba, le chef de l’État a demandé au nouveau ministre des Mines de « renforcer et de consolider le partenariat algéro-chinois, dans le domaine de la construction, d’extension et de dragage des ports, afin de construire le quai minéralier, dans le cadre de l’extension du port d’Annaba, dont les travaux s’achèveront fin mars 2027 ».

Gisement de zinc et de plomb de Béjaia dans le top 10 mondial

Le troisième et dernier grand projet minier lancé par l’Algérie est celui du gisement de zinc et de plomb d’Amizour dans la wilaya de Béjaia dont les réserves sont estimées à 54 millions de tonnes.

Confiée à une entreprise algéro-australienne, l’exploitation de cette mine a été lancée le 17 mars dernier par le premier ministre Sifi Ghrieb, pour un investissement de 471 millions de dollars.

Ce gisement qui fait partie du top 10 mondial va propulser l’Algérie au rand des plus grands acteurs mondiaux dans le domaine du zinc et du plomb, deux métaux stratégiques qui ont des utilisations diverses dans l’industrie et la transition énergétique.

Et pour accélérer l’exploitation de ses gisements miniers, l’Algérie a modifié la loi minière pour permettre aux compagnies étrangères de détenir jusqu’à 80 % du projet, contre 49 % auparavant. L’objectif, selon le gouvernement, est d’attirer les investisseurs étrangers afin de faire de ce secteur, un véritable moteur de croissance économique.

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