Algérie : les principaux chiffres du projet de loi de finances 2026

Le PLF 2026, validé le 5 octobre par le Conseil des ministres, prévoit une croissance économique soutenue à 4,1% en 2026, 4,4% en 2027 et 4,5% en 2028, fondée sur les secteurs hors hydrocarbures et sur un prix pétrolier fiscal de 60 dollars et de marché de 70 dollars le baril.
Les exportations d’hydrocarbures devraient reculer (−2% en 2026, −0,5% en 2027, −2,7% en 2028), ce qui porte les recettes budgétaires à 8 009 milliards de dinars en 2026 avant de remonter à 8 187,2 et 8 412,7 milliards en 2027 et 2028; le déficit du Trésor est estimé à −12,4% du PIB en 2026 et −11,2% en 2028, avec des dépenses en hausse et une consommation budgétaire moyenne de 70%.
L’investissement prévu s’établit à 4 073 milliards de dinars, avec la Défense en tête (3 305 milliards d’AE et 3 205 milliards de CP), puis le ministère des Finances (3 392 et 3 384), l’Éducation (1 792 et 1 851), l’Intérieur et les Transports (1 481 et 1 535) et la Santé (1 038 et 1 048); les transferts sociaux totalisent 5 959 milliards de dinars (subventions et prestations, dont pensions, allocations chômage et aides à la consommation), et la masse salariale représente environ un tiers du budget, soit 5 926 milliards en 2026 (EPA inclus 1 241,57 milliards).
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Le projet de loi de finances pour 2026 (PLF 2026), qui a été validé en Conseil des ministres dimanche 5 octobre, prévoit une croissance soutenue de l’économie algérienne pour les trois prochaines années, portée par les secteurs hors hydrocarbures, malgré moins de bonnes performances attendues de l’industrie pétrolière et gazière.
La croissance devrait s’établir à 4,1 % en 2026, 4,4 % en 2027 et 4,5% en 2028.
Le PLF 2026 est établi sur la base d’un prix de référence fiscal du baril de pétrole à 60 dollars et un prix de marché à 70 dollars.
Baisse des exportations d’hydrocarbures
Un repli progressif des volumes d’exportation des hydrocarbures est prévu avec une baisse de 2 % en 2026, -0,5 % en 2027 et -2,7 % en 2028.
Les recettes budgétaires devraient baisser de 8 523 milliards de dinars (prévisions de la LF 2025) à 8 009 milliards DA en 2026, avant de repartir à la hausse (8 187,2 milliards en 2027 et 8 412,7 milliards en 2028).
Le niveau des dépenses budgétaires est en revanche appelé à croître dès 2026 et pendant les deux années suivantes, à 12.345,7 milliards de dinars en 2026, soit 5% de plus par rapport à la clôture de 2025.
Les dépenses s’établiront ensuite à 12 471,0 milliards en 2027, puis à 12 949,8 milliards en 2028. Le taux prévisionnel de consommation moyen du budget et de 70%.
Sur la base des prévisions de recettes et de dépenses, le déficit global du Trésor, rapporté au PIB, sera de -12,4 % en 2026 et baissera à -11,2 % en 2028.
Le montant de la demande de crédits budgétaires exprimée par les différents ministères et institutions atteint 21.124,16 milliards de dinars en autorisations d’engagement (AE) et 21.219,3 milliards en crédits de paiement (CP), en hausse de +23,9% et +18,2% sur les plafonds prévisionnels de 2026.
S’agissant du montant des crédits proposés au titre de l’exercice 2026, il s’élève à 16.861,51 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 17.636,66 milliards en crédits de paiement, soit un taux de couverture de 80 et 83% respectivement.
Le tiers (33,6%) du budget prévu constitue des dépenses salariales. Celles-ci s’établiront en 2026 à 5.926 de dinars, y compris la masse salariale des établissements publics administratifs (EPA) qui sera de 1.241,57 milliards de dinars. La masse salariale augmente ainsi de 83 milliards (1,4%) par rapport à 2025.
Subventions : 46 milliards de dollars en 2026
L’autre poste important des dépenses sont les transferts sociaux ou les subventions avec 5.959 milliards de dinars, légèrement moins que les 6.005 milliards de 2025.
Les dépenses de transferts couvrent principalement les subventions aux établissements publics et organismes sous tutelle (2.812 milliards) et les transferts aux personnes (2.284 milliards) dont 420 milliards de dinars aux 2.184.560 bénéficiaires de l’allocation chômage.
Elles couvrent aussi les retraites et assimilés ainsi que les subventions aux produits de large consommation (céréales, le lait, l’eau dessalée, l’énergie, le sucre, l’huile et le café) pour un montant global de 657 milliards de dinars.
Le ministère de la Défense en tête
Quant aux dépenses d’investissement prévues, elles s’élèvent à 4073 milliards de dinars.
Par secteurs, le ministère de la Défense nationale arrive en tête dans la réparation du budget de l’État pour 2026 avec 3.305 milliards de dinars (25 milliards de dollars) en autorisations d’engagement et 3.205 milliards en crédits de paiement), suivi du ministère des Finances (3.392 et 3.384 milliards), le ministère de l’Education nationale (1.792 et 1.851 milliards) le ministère de l’Intérieur et des Transports (1.481 et 1.535 milliards) et le ministère de la Santé (1.038 et 1.048 milliards de dinars).
Par ailleurs, dans le rapport de présentation du PLF 2026, le gouvernement a livré quelques chiffres inhérents à l’état de l’économie en 2025.
En valeur nominale, le produit intérieur brut (PIB) a atteint 10 047,42 milliards de dinars (74,58 milliards de dinars) au premier trimestre contre 9 303,78 milliards Da (69,2 milliards de dollars) à la même période de 2024, soit une évolution de 8%.
Quant à l’inflation, elle s’est établie dans les six premiers mois de 2025 à un taux moyen de +3,25%, contre 4,06% à la même période de 2024.
Aussi, à fin juin 2025, les recettes budgétaires ont augmenté de 35,1% pour atteindre 5 597,95 milliards de dinars, concrétisant ainsi près de 66% des recettes budgétaires prévues dans la LF-2025 qui sont de 8 523,06 milliards de dinars.
Cette évolution positive, explique-t-on, est tirée par l’augmentation des recettes hors fiscalité des hydrocarbures de 74,8%, alors que la fiscalité pétrolière a baissé de 4,7%. Avec 3 630 milliards de dinars, la fiscalité ordinaire hors hydrocarbures a atteint ainsi 65% du total des recettes budgétaires.