Blanchiment d’argent : l’Algérie impose une nouvelle obligation aux comptables

L'Algérie impose aux comptables une nouvelle obligation de signalement des opérations suspectes.
Le Conseil national de la comptabilité ordonne aux experts-comptables, commissaires aux comptes et comptables agréés d'obtenir une adresse IP publique fixe auprès d'Algérie Telecom.
Cette adresse permettra le signalement électronique des opérations douteuses à la Cellule de traitement du renseignement financier (CRTF).
L'Algérie, placée sur la liste grise du GAFI en octobre 2024, renforce son arsenal contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme en suivant un plan d'action international.
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L’Algérie a pris une nouvelle disposition dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent. Elle émane du Conseil national de la comptabilité (CNC) et concerne le signalement des soupçons liés à ce fléau.
Placée en octobre 2024 sur la liste grise du GAFI (groupe d’action financière), l’Algérie multiplie les mesures pour en sortir, en suivant le plan d’action de cet organisme international.
Dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan d’action, le Conseil national de la comptabilité, qui est l’autorité de régulation des professionnels de la comptabilité et de l’audit, vient d’instruire les experts-comptables, commissaires aux comptes et comptables agréés de se rapprocher des services d’Algérie Telecom afin d’obtenir une adresse IP publique fixe, qui sera utilisée pour le signalement des opérations suspectes, conformément au plan d’action.
La disposition, souligne le même organisme, entre dans le cadre de la procédure relative à la mise en place d’un système automatisé de réception et de traitement des notifications électroniques envoyées par les personnes soumises au plan d’action.
Lutte contre le blanchiment d’argent : nouvelle obligation pour les professionnels de la comptabilité
Elle est prise conformément aux instructions des plus hautes autorités du pays visant à mettre en œuvre le même plan dans les meilleurs délais et sur la base des recommandations de la Cellule de traitement du renseignement financier (CRTF). L’adresse ainsi obtenue leur permettra d’accéder à la plateforme de la CRTF.
Il n’y a pas que les banques commerciales et les établissements financiers qui sont assujettis à l’obligation d’effectuer la déclaration de soupçon. Les comptables agréés, experts-comptables et commissaires aux comptes sont également tenus de signaler les opérations douteuses.
Il s’agit d’un autre tour de vis apporté par l’Algérie à son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
À noter que les contrôles fiscaux sont suspendus jusqu’à fin 2026 pour de nombreuses catégories de contribuables dans le cadre de la régularisation fiscale volontaire. Après la fin du délai accordé, l’étau devrait se resserrer davantage sur toutes les formes de fraude, et notamment le blanchiment d’argent.