Boualem Sansal : quand la France découvre son véritable visage

Boualem Sansal annonce son désamour pour la France, choquant ceux qui l'ont soutenu lors de sa détention en Algérie.
L'écrivain a déclaré samedi 25 avril que « c'est fini » avec la France, quelques heures avant son entrée à l'académie francophone de Belgique. Il critique les attaques qu'il subit et envisage de s'installer en Belgique.
La France découvre que Sansal a été instrumentalisé par l'extrême-droite française et a quitté son éditeur Gallimard pour un million d'euros. Même ses soutiens politiques et médiatiques français trouvent désormais difficile de le défendre après ses multiples reniements.
Commentateurs et politiques français dénoncent une succession de trahisons : d'abord l'Algérie, puis Gallimard, puis la France elle-même. Le journaliste Jean-Michel Aphatie note que Sansal, manipulé par un comité de soutien au service de CNEWS, en veut à la France qui l'a protégé et facilité son élection à l'Académie française.
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TSA Algérie
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La fausse lune de miel n’a pas tenu longtemps face à la réalité des raisons qui ont motivé le soutien français à Boualem Sansal.
L’« académicien », l’« illustre écrivain français » et « chantre de la liberté d’expression » est subitement redevenu l’« écrivain algérien », sans autres attributs. C’est ainsi que Sansal est présenté, en grosses manchettes, sur les médias français depuis qu’il a décrété qu’entre lui et la France, « c’est fini ».
Samedi 25 avril, quelques heures avant la cérémonie de son entrée à l’académie francophone de Belgique, Sansal a déclaré son désamour pour la France. En cause, les critiques qu’il subit et qu’il assimile à de l’« insulte ». Son projet est désormais de s’installer dans le Plat Pays.
Sansal choque la France
L’annonce a choqué en France après tout ce qui a été fait pour permettre sa remise en liberté lors de sa détention en Algérie, son pays d’origine dont il a remis en cause les frontières et qu’il a qualifié, sans vergogne, de « petit truc ».
Sansal est instrumentalisé dès le début par l’extrême-droite française dans sa campagne contre l’Algérie. C’est ce courant aussi qui lui a suggéré, pour tirer davantage de dividendes de sa nouvelle notoriété, de quitter son éditeur historique pour un autre de la galaxie Bolloré.
La contrepartie est révélée par la presse française. Pour 1 million d’euros, Sansal a laissé tomber Gallimard, qui l’a soutenu pendant son incarcération.
Bien qu’une grande partie de la classe politique et médiatique française s’est solidarisée avec l’écrivain pendant sa détention en Algérie, sa proximité ostentatoirement affichée avec l’extrême-droite ne pouvait pas passer. Or, Sansal se révèle incapable de supporter la moindre critique.
Quand la France et Boualem Sansal se découvrent mutuellement
Ce qui se passe en fait cinq mois après sa remise en liberté, c’est que Boualem Sansal et la France se découvrent mutuellement.
L’écrivain se rend compte, mais un peu tard comme dans la fable, qu’il a été manipulé et engagé dans une machination aux enjeux qui le dépassent.
La France, elle, tombe des nues, toutes tendances confondues. Même les plus fidèles soutiens de Sansal trouvent désormais du mal à le défendre après ses multiples reniements.
« Manipulé de bout en bout par un comité de soutien fantoche au service de CNEWS, otage de l’extrême droite éditoriale et politique, Boualem Sansal en veut à la France entière, qui pourtant l’a protégé et a même facilité son élection à l’Académie française. Étonnant, non ? », écrit le journaliste anticolonialiste Jean-Michel Aphatie.
Traîtrise. Le mot est lâché par des internautes. « Après avoir trahi son propre pays, l’Algérie, il fait aujourd’hui – à peine quelques mois plus tard – volte-face et dénigre le pays qui s’est plié en quatre pour lui. La France a acheté un traître et s’étonne d’en avoir eu un », résume l’entrepreneur Arnaud Bertrand sur X.
Le feuilleton Boualem Sansal s’apparente, en effet, à une succession d’épisodes de trahisons.
« On dit bien : traître un jour, traître toujours »
D’abord l’Algérie, qui a permis à l’écrivain de faire des études et d’occuper un poste dans la haute administration, ensuite l’éditeur Gallimard qui l’a soutenu pendant son incarcération et enfin toute la France qui a mis en péril, pour permettre sa libération, sa relation avec un grand pays.
Comme quoi, qui trahit un jour, trahit toujours. À qui le tour ? « Bon courage aux Belges », anticipe Erwan Davoux, ancien candidat à la mairie de Marseille.
Zoheir Rouis, vice-président de Jil Jadid, n’a pas mâché ses mots. « Après avoir été qualifié d’écrivain franco-algérien — le temps de déverser leur fiel sur l’Algérie —, Boualem Sansal redevient, pour le gotha politico médiatique français, un simple écrivain algérien dès lors que ses propos sont pleins d’ingratitude envers le pays qui l’a défendu, au prix d’une brouille diplomatique sans précédent. »
Avant d’asséner : « On dit bien : traître un jour, traître toujours. Que ceux qui, à l’image de Bruno Retailleau, Éric Zemmour, du Rassemblement national ou encore de Manuel Valls, ainsi que ces commentateurs et responsables politiques et médiatiques, s’en sont servis pour déverser leur algérophobie, apprécient désormais… et boivent le calice jusqu’à la lie. »