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Une franco-algérienne traque les objets pillés pendant la colonisation pour les restituer à l’Algérie

Par Célia Achour4 min de lecture
Une franco-algérienne traque les objets pillés pendant la colonisation pour les restituer à l’Algérie
Résumé IA

Keltoum Derghal, franco-algérienne, parcourt les ventes aux enchères pour récupérer des objets du patrimoine algérien pillés pendant la colonisation française.

Elle finance elle-même ces acquisitions, payant entre 60 et 400 euros par objet. La Fédération franco-algérienne contrôle la restitution avec certificats des commissaires-priseurs.

L'historien Benjamin Stora valide chaque pièce avant son retour en Algérie. Cette démarche reflète une volonté croissante de réappropriation culturelle chez les jeunes générations des pays anciennement colonisés.

Derghal estime que sa mission ne sera jamais terminée tant que tous les objets pillés ne seront pas récupérés.

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Animée par la volonté de préserver la mémoire et le patrimoine de l’Algérie, Keltoum Derghal, franco-algérienne, parcourt les ventes aux enchères à la recherche d’objets du patrimoine algérien, pillés par la France pendant la colonisation, afin de les récupérer et de les restituer.

Keltoum Derghal, assistante de direction franco-algérienne, agit au cœur des ventes aux enchères pour repérer et récupérer ces objets.

Dans un reportage de Brut Afrique, Keltoum explique comment elle se procure les objets ayant appartenu à l’Algérie et de quelle manière elle les restitue.

Sa première acquisition date de 2023, d’après le même média. Les objets qu’elle récupère ont été pillés pendant la colonisation française.

 « Ce qui est essentiel, c’est qu’ils appartiennent à l’Algérie. Mon devoir en tant que franco-algérienne est de les récupérer et de les restituer directement au musée national algérien, afin qu’ils soient réellement vus par tout le peuple algérien », confie-t-elle à Brut Afrique.

Des objets qu’elle paie elle-même : le moins cher lui a coûté 60 €, le plus onéreux 400 €. « C’est un investissement personnel de ma part (…) J’ai préféré payer avec mon argent. Pour moi, c’est un cadeau pour l’Algérie », détaille-t-elle.

Une restitution contrôlée  

Pour la restitution des objets, Keltoum Derghal a fait appel à la Fédération franco-algérienne.

Karima Khatim, la présidente de l’association, explique : « On va faire le nécessaire pour que les objets soient restitués en bonne et due forme, en fournissant tous les certificats nécessaires des commissaires-priseurs. »

Elle ajoute : « Nous, Franco-algériens, enfants de cette patrie mère qu’est l’Algérie, nous sommes prêts à mettre notre pierre à l’édifice en menant des actions telles que celle-ci. »

Avant d’être rendues à leur pays d’origine, les pièces font l’objet d’un contrôle par l’historien Benjamin Stora.

« On assiste depuis plusieurs années, notamment parmi les jeunes générations dans un certain nombre de pays anciennement colonisés, à une volonté de réappropriation culturelle », précise-t-il à la même plateforme.

Selon lui, cette réappropriation culturelle « se traduit par le fait de vouloir à nouveau posséder un certain nombre d’objets qui ont été pillés, enlevés ou volés ». Cette démarche concerne les pays d’Afrique du Nord, notamment l’Algérie, mais aussi l’Afrique subsaharienne.

Une loi partiellement applicable

 « La question des restitutions des objets est d’une importance symbolique capitale. D’où le fait qu’une loi a récemment été adoptée en France », explique l’historien spécialiste de la colonisation de l’Algérie.

Par exemple, le canon Baba Merzoug, saisi par les troupes françaises lors de la conquête d’Alger en 1830, n’est pas concerné par cette loi.

« Le retour de ces objets, c’est aussi finir une histoire », affirme Benjamin Stora.

Bien qu’elle ait réussi à récupérer certains objets, Keltoum Derghal n’est pas totalement satisfaite. « Pour moi, la boucle ne sera jamais bouclée tant qu’on n’aura pas tout récupéré. C’est difficile, mais pas impossible », indique-t-elle.

L’initiative qu’elle entreprend devrait, selon elle, servir d’exemple. « Pour qu’ils sachent que même si nous sommes franco-algériens, nous avons le devoir de nous mobiliser pour l’engagement des deux rives. »

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