France : les véritables raisons de l’obsession algérienne de l’extrême-droite

L'extrême-droite française utilise l'Algérie comme prétexte pour évoquer l'immigration, l'islam et la colonisation sans les nommer directement.
Le chroniqueur français Hakim El Karoui analyse cette stratégie dans une chronique du journal L'Opinion. Il décrit l'Algérie comme une "fabrique de l'ennemi" servant à désigner une menace et diviser les Français en deux camps irréconciliables.
Des figures comme Éric Zemmour, Bruno Retailleau, Sarah Knafo, Marine Le Pen et Jordan Bardella instrumentalisent la relation avec l'Algérie. Ils en font un "repoussoir" et un "miroir déformant" produisant du ressentiment.
L'extrême-droite parle de l'Algérie pour insinuer une "double allégeance suspecte" chez les immigrés et Franco-Algériens, associer l'islam à la menace, et retourner la culpabilité postcoloniale contre ceux qui la réclament. Cette mécanique présente la France comme perpétuellement agressée par les victimes de son histoire.
L'Algérie fonctionne comme repoussoir efficace car elle touche des questions non résolues : l'histoire coloniale, l'intégration inachevée et la relation mémorielle que nul gouvernement n'a osé traiter.
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TSA Algérie
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Pour l’extrême-droite française, l’Algérie est un moyen détourné pour évoquer l’immigration, l’islam et la colonisation sans avoir l’air d’en parler.
L’Algérie, “une fabrique de l’ennemi” pour le courant extrémiste
Dans une chronique publiée ce lundi 4 mai dans le journal français L’Opinion, le chroniqueur français d’origine tunisienne Hakim El Karoui décortique l’usage qui est fait de l’Algérie par la droite identitaire et l’extrême-droite.
“Elle sert à désigner un ennemi, à nommer une menace, à organiser les Français en deux camps irréconciliables”, écrit-il. Bref, une “fabrique de l’ennemi”.
Le chroniqueur nomme les principales figures qui instrumentalisent à outrance la relation avec l’Algérie. Eric Zemmour qui “glorifie la colonisation”, Bruno Retailleau pour qui le moindre fait divers est un “argument de statistique”, Sarah Knafo, Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Dans leur vocabulaire, l’Algérie est devenue un “repoussoir”, un “miroir déformant” et une “machine à produire du ressentiment”.
Pour Hakim El Karoui, l’extrême-droite, ce courant anti-algérien, “ne parle pas avec l’Algérie, elle en parle”, sous la forme d’un accusé dont on fait “le procès par contumace”.
L’Algérie, un moyen détourné de parler de l’immigration, de l’islam et de la colonisation
En fait, cette obsession pour l’Algérie a un autre objectif. À travers elle, le courant identitaire et extrémiste parle “d’autres choses”.
Parler de l’Algérie, c’est parler des immigrés et des Franco-Algériens “sans avoir l’air de les désigner”, en insinuer chez eux “une double allégeance suspecte”. C’est aussi parler de l’islam, synonyme de “menace” et parler de la colonisation en “retournant le besoin de repentance contre ceux qui la réclament”.
Ainsi, dans le récit que construit l’extrême-droite, la France est présentée comme étant “perpétuellement agressée par les victimes de sa propre histoire”.
Ce que cette mécanique produit, poursuit El Karoui, c’est une vision d’une France divisée entre ceux qui “assument” leur identité et leur histoire, et ceux qui “se soumettent à Alger, à l’islam, à la culpabilité postcoloniale”.
Si, estime-t-il, l’Algérie est “si efficace comme repoussoir”, c’est parce qu’elle “touche à des questions que la France n’a pas réglées”, soit une histoire coloniale en souffrance, une intégration inachevée et “une relation mémorielle qu’aucun gouvernement n’a eu le courage de traiter”.
À la décharge du courant extrémiste, Hakim El Karoui lui reconnaît qu’il “n’a pas inventé les problèmes”. Il a juste compris “qu’on pouvait en faire une plateforme de mobilisation”.