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“Viande de porc” et “Canon Français” : la Grande mosquée de Paris recadre l’extrême droite

Par Riyad Hamadi5 min de lecture
“Viande de porc” et “Canon Français” : la Grande mosquée de Paris recadre l’extrême droite
Résumé IA

Le recteur de la Grande mosquée de Paris a critiqué les banquets du "Canon Français", une entreprise liée à l'extrême droite.

Chems-Eddine Hafiz a dénoncé un rassemblement d'avril à Caen réunissant quatre mille personnes autour d'un cochon à la broche. Il a distingué les festivals culturels des événements excluant symboliquement certains groupes. La Grande mosquée de Paris affirme que son texte ne portait pas sur la consommation de porc, mais sur les rassemblements identitaires devenant des démonstrations d'opposition. L'institution dénonce une "inversion accusatoire" : les critiques visent le recteur au lieu de condamner les comportements racistes et les saluts nazis documentés lors du banquet.

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Le recteur de la Grande mosquée de Paris (GMP), Chems-Eddine Hafiz, a été ciblé par une vive polémique après des critiques contre les banquets organisés par le ”Canon Français”, une entreprise financée par l’extrême droite.

« À Caen, le 18 avril, quatre mille convives se retrouvaient autour d’un cochon à la broche sous les auspices du « Canon Français » », a écrit le recteur dans son billet publié sur la revue Iqraa vendredi 1er mai.

Plus loin, dans le même texte, il donne un avis tranché sur les rassemblements qui ont eu lieu en France en avril, reprochant au Canon Français, dont le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin est l’un des principaux actionnaires, d’exclure une partie de la France et pas uniquement les musulmans.

« Je ne dirai pas que tous ces rassemblements du printemps sont identiques. Ils ne le sont pas. Il y a une différence de nature entre un festival breton qui célèbre une langue et des danses, et un banquet où l’on chante à la gloire de telle figure politique en excluant symboliquement ceux qui ne ressemblent pas. Il y a une différence entre un congrès religieux ouvert au dialogue et un iftar collectif ouvert à tous les habitants quelles qu’en soient les croyances », a-t-il développé.

Le texte de Hafiz “ne portait pas sur la consommation de porc elle-même

Face aux attaques qui ciblent son responsable, la plus importante institution religieuse musulmans en France dénonce un “flot de mensonges, d’injures, d’accusations et de mauvaise foi”.

Dans un texte diffusé ce mardi 13 mai sur les réseaux sociaux, elle a tenu à “rétablir la vérité de manière factuelle”, soulignant d’emblée que les propos du recteur ont fait suite à un “banquet très controversé en raison de dérives racistes”.

Alors que le parquet de Caen a ouvert une enquête pour “propos et comportements racistes, haineux et sexistes” tenus lors du banquet, “certains milieux d’extrême droite tentent d’allumer des contre-feux”, dénonce la Grande mosquée de Paris.

Certaines séquences vidéo ont isolé quelques phrases, donnant à croire que le propos portait sur la consommation de porc elle-même. “Or ni le texte écrit, ni la vidéo complète publiée ne formulent une telle position”, assure la Grande mosquée de Paris.

Le billet hebdomadaire du recteur ne portait “ni sur la gastronomie française, ni sur les traditions populaires, ni sur la consommation de porc”, rectifie-t-elle, expliquant que Chems-Eddine Hafiz “interrogeait plus largement la transformation de certains rassemblements identitaires, quels qu’ils soient, y compris musulmans, en démonstrations symboliques opposant un ‘nous’ à un ‘eux’ ”.

“Inversion accusatoire”

La Grande mosquée de Paris prend à témoin un journaliste présent lors du banquet de Caen et qui a recueilli des témoignages évoquant “des propos racistes ainsi que des gestes s’apparentant à des saluts nazis pendant l’exécution de la Marseillaise”.

L’institution déplore une “inversion accusatoire” du fait que “ce n’est plus celui qui fait le salut nazi qui est fustigé, mais celui qui condamne de tels gestes”.

La Grande mosquée de Paris réitère que le texte incriminé est une réflexion sur “la tentation du mur” dans les sociétés contemporaines, soit “ce moment où les appartenances cessent d’être des héritages culturels ou spirituels pour devenir des marqueurs d’opposition et d’exclusion symbolique”.

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