Tebboune évoque pour la première fois un projet israélien de bombardement contre l’Algérie

Le 9 octobre 2025, lors d’un discours au siège du ministère de la Défense, Tebboune a évoqué pour la première fois le projet israélien supposé de bombarder le Club des pins à Alger, où s’était réunie la session du Conseil national palestinien lors de la proclamation de l’État de Palestine en 1988. Il a réaffirmé que l’Algérie n’a pas reculé et qu’elle agit par conscience envers un peuple en lutte contre la colonisation, sans chercher de reconnaissance, rappelant l’accueil de Yasser Arafat en 1982 et le rôle algérien pour faire adhérer la Palestine à l’ONU en tant qu’État observateur et désormais défenseur au Conseil de sécurité. Tebboune a aussi réaffirmé que la solution passe par un État palestinien avec Jérusalem comme capitale et a dénoncé le génocide à Gaza, soulignant que le monde le suivait en direct.
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TSA Algérie
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L’État de Palestine a été proclamé à Alger en novembre 1988. A l’époque, des bruits avaient couru sur un projet israélien de bombarder le site de Club des pins, dans la capitale algérienne, qui a abrité la session du Conseil national palestinien.
L’Algérie n’a jamais confirmé ni infirmé. Trente-sept ans après, elle en parle par la voix la plus officielle qui soit, celle du président de la République. Jeudi 9 octobre 2025, Abdelmadjid Tebboune a évoqué cette affaire pour la première fois dans une allocution prononcée au siège du ministère de la Défense nationale.
“C’est ici que l’Etat palestinien a été proclamé, avec tous les dangers qu’il y avait à l’époque. Vous, les officiers de l’armée, êtes au courant des menaces qui étaient ourdies contre l’Algérie, y compris le bombardement de club des pins”, a déclaré le chef de l’Etat devant les cadres de l’ANP.
« L’Algérie n’a pas reculé »
“Mais, a-t-il ajouté, l’Algérie n’a pas reculé, parce que nous n’avons aucun intérêt sauf notre conscience vis-à-vis d’un peuple qui se bat contre la colonisation. Nous n’avons pas d’autre but.”
Abdelmadjid Tebboune a beaucoup insisté sur le fait que l’Algérie n’attend pas la reconnaissance ou le témoignage de quiconque sur son soutien à la Palestine, alors que, fin septembre dernier, la chaîne de télévision Al Arabiya a diffusé un faux document sonore dans lequel l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser minimisait prétendument la participation de l’Algérie à la guerre des Six jours en 1967.
L’Agence de presse algérienne APS a accusé la chaîne saoudienne de “travestir l’Histoire, semer la discorde et salir les nations arabes les plus engagées dans la cause des peuples” et s’est interrogée “qui a peur d’une entente parfaite entre Alger et le Caire ?”.
« L’Algérie n’attend la gratification de personne »
“Nous n’avons besoin de la reconnaissance de personne, notre conscience nous suffit. Les Palestiniens eux-mêmes témoignent que les Algériens ont combattu en Palestine en 1948”, a indiqué le président, rappelant aussi que l’Algérie a accueilli les Palestiniens et Yasser Arafat en 1982.
Après le discours de Yasser Arafat (en 1988), l’Algérie a continué à militer pour la Palestine. “Personne ne peut nous faire de surenchère. Nous n’attendons pas de gratification pour ce que nous avons fait. C’est un devoir, en continuité du message de nos martyrs. On le dit aux amis et autres, nous sommes avec la Palestine qu’elle soit l’oppresseur ou l’opprimée”, a-t-il réaffirmé.
C’est l’Algérie qui a fait admettre la Palestine à l’ONU comme membre observateur, a rappelé Abdelmadjid Tebboune et, “pour la première fois, la question palestinienne trouve un défenseur farouche au Conseil de sécurité. C’est un honneur pour l’Algérie, pour nos chouhada et pour nos positions”.
“Notre position n’a pas changé et ne changera pas malgré notre amitié avec certains États qui ont une politique contraire à la nôtre. Pour nous, la solution c’est l’Etat palestinien. Il n’y aura pas de solution sans un État palestinien avec Al Qods comme capitale”, a-t-il tranché.
S’agissant du génocide qui vient de se produire à Gaza, Tebboune a souligné que “pour la première fois dans l’histoire, toute l’humanité a suivi en direct une tuerie où, quotidiennement, on voit des bâtiments tomber sur leurs habitants.”