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Normalisation avec Israël : Riyad refroidit les ambitions de Trump

Par Karim Kebir4 min de lecture
Normalisation avec Israël : Riyad refroidit les ambitions de Trump
Résumé IA

Trump appelle les pays musulmans à normaliser avec Israël, mais l'Arabie saoudite refuse sans État palestinien.

Lundi, Donald Trump a exigé que le Qatar et l'Arabie saoudite signent les accords d'Abraham lors des négociations de paix avec l'Iran.

Mardi, une source saoudienne a déclaré à CNN que Riyad ne normalisera ses relations avec Israël que si un processus irréversible crée un État palestinien.

La guerre à Gaza depuis 2023 a refroidi les ardeurs diplomatiques. Le Qatar a aussi revu sa stratégie après l'attaque israélienne contre des responsables du Hamas à Doha en septembre.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, estime peu probable un élargissement des accords à court terme.

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TSA Algérie

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Moins de vingt-quatre heures après la sortie du président américain Donald Trump exhortant les pays à majorité musulmane à normaliser leurs relations avec Israël, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, la réponse de Riyad ne s’est pas fait attendre.

Une source saoudienne a assuré, ce mardi, sous couvert d’anonymat, à la chaîne américaine CNN, que l’Arabie saoudite ne normalisera ses relations avec Israël qu’en présence d’un « processus irréversible menant à la création d’un État palestinien ». Une réponse qui douche les espoirs et l’optimisme du locataire de la Maison-Blanche.

Lundi, alors que les tractations entre Iraniens et Américains se poursuivaient pour parvenir à un accord de paix, Donald Trump, très porté sur la communication via les réseaux sociaux, a exigé du Qatar et de l’Arabie saoudite, dans le cadre des discussions visant à mettre fin à la guerre avec Téhéran, de signer les accords d’Abraham.

« J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth.

Signés en 2020 et parrainés par le président américain lors de son premier mandat, les accords d’Abraham ont déjà conduit à la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, notamment le Maroc, Bahreïn, les Émirats arabes unis et le Soudan.

Et depuis, les spéculations allaient bon train sur les potentiels futurs candidats à la normalisation. Dans cette perspective, les regards étaient particulièrement tournés vers l’Arabie saoudite, poids lourd géopolitique du Moyen-Orient.

Gaza et l’Iran rebattent les cartes de la normalisation

Mais la guerre menée par Israël à Gaza depuis l’automne 2023 a complètement rebattu les cartes et chamboulé les calculs de Washington et Tel-Aviv, refroidissant leurs ardeurs diplomatiques.

Riyad a ainsi fait savoir qu’elle écartait toute normalisation sans création d’un État palestinien, un projet rejeté catégoriquement par le gouvernement israélien.

Aussi, les propos jugés vulgaires et outranciers tenus en mars dernier par Donald Trump à l’égard de l’homme fort de Riyad, le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS), ne resteraient pas sans conséquences, même si ce dernier s’est jusque-là abstenu de répondre publiquement.

Pour sa part, présenté un temps comme un pays potentiellement disposé à la normalisation -d’autant qu’il jouait les bons offices entre Palestiniens et Israéliens lors des négociations pour une trêve-, le Qatar semble lui aussi revoir sa stratégie, notamment après l’attaque menée en septembre dernier par Israël contre des responsables du Hamas établis à Doha, une violation qui aurait fortement irrité les autorités du petit émirat.

Vu sous cet angle, il apparaît donc peu probable que les deux pays répondent favorablement aux injonctions de Donald Trump.

« Il me semble hautement improbable de voir, à court terme, un quelconque élargissement de ces accords », a estimé Aaron David Miller, ancien diplomate américain et chercheur au Carnegie Endowment for International Peace, selon des propos repris par des médias occidentaux.

Il dit ainsi avoir du mal à prendre au sérieux cette requête de Donald Trump, rappelant que le président américain avait déjà formulé une demande similaire dans le sillage de l’accord sur Gaza en octobre 2025.

La perspective apparaît d’autant plus aléatoire que la guerre déclenchée contre l’Iran depuis deux mois par les États-Unis et Israël a profondément redistribué les cartes au Moyen-Orient.

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