Accord franco-algérien de 1968, OQTF…: ce que Paris et Alger ont convenu

Le ministre algérien de l'Intérieur Saïd Sayoud a rencontré son homologue français Laurent Nunez à Paris, en présence d'Emmanuel Macron, pour relancer la coopération bilatérale.
Les deux pays ont convenu de renforcer la lutte contre le narcotrafic, la criminalité organisée et l'immigration irrégulière, avec trois axes de travail prioritaires identifiés.
Sur les OQTF, Paris affirme que tous les consulats algériens en France sont « désormais pleinement mobilisés » pour délivrer des laissez-passer consulaires.
Concernant l'accord franco-algérien de 1968, les deux parties ont décidé de travailler sur des « propositions concrètes » soumises par la France pour le faire évoluer.
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TSA Algérie
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Le processus de réchauffement entre l’Algérie et la France a franchi une nouvelle étape avec la visite à Paris, lundi et mardi derniers, du ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud qui a eu des discussions avec son homologue français Laurent Nunez sur de nombreux sujets : sécurité intérieure et lutte contre la criminalité organisée, questions migratoires notamment l’accord franco-algérien de 1968 et sécurité civile.
Preuve de l’importance de cette visite et fait rare, le président français Emmanuel Macron a présidé une séance de travail avec le ministre algérien en présence de Laurent Nunez, de l’ambassadeur de France en Algérie Stéphane Romatet et du chargé d’affaires de l’ambassade d’Algérie à Paris.
Les échanges politiques et techniques ont « permis de confirmer une volonté commune de renforcer » la coopération franco-algérienne sur des « bases pragmatiques, graduelles et orientées vers des résultats concrets pour les deux parties », a indiqué le ministère de l’Intérieur français dans un communiqué.
« Véritables habitudes »
Alger et Paris ont acté la « reprise des discussions », et convenu de reconstruire de « véritables habitudes » de travail entre services opérationnels autour de « priorités identifiées, assorties de mécanismes de suivi, prenant en compte les préoccupations de chacun», a indiqué la même source.
Dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée, de lutte contre le narcotrafic et le blanchiment d’argent, les deux parties ont fixé trois axes de travail « prioritaires » : la lutte contre les drogues de synthèse et les trafics de stupéfiants, la recherche des fugitifs impliqués dans la criminalité organisée, la lutte contre l’immigration irrégulière et la fraude documentaire, selon le ministère de l’Intérieur français.
Paris annonce la « mise en place d’un attaché de sécurité intérieure adjoint, militaire de la gendarmerie nationale, sera en outre de nature à renforcer encore les signaux concrets en faveur d’une relance effective et efficace et la reprise du plein fonctionnement du service de sécurité intérieure à Alger. »
Sur la question migratoire, un sujet prioritaire pour Paris, le département de Laurent Nunez annonce le renforcement de « la gouvernance et des canaux de communication opérationnels » dans le cadre d’une « approche globale incluant les mobilités légales, les retours et la lutte contre l’immigration irrégulière. »
Sur la délivrance des laissez-passer consulaires pour l’expulsion des ressortissants algériens frappés d’une OQTF, le ministère de l’Intérieur affirme que les discussions, « franches et pragmatiques », ont permis de « confirmer la reprise d’une coopération loyale pour permettre une montée en puissance des retours ».
L’ensemble des consulats d’Algérie présents en France sont « désormais pleinement mobilisés », assure-t-il.
Révision de l’accord franco-algérien de 1968 : le chantier est lancé
Sur la question de l’accord franco-algérien de 1968 que le gouvernement français a cessé unilatéralement d’appliquer de l’avis de deux avocats du Barreau de Paris spécialistes du droit des étrangers, Me Fayçal Meghrebi et Me Abderrazak Boudjelti, les deux parties ont décidé de « travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer », selon la même source.
Paris a déjà fait savoir, à maintes reprises, sa volonté de revoir cet accord afin de réduire l’immigration familiale en provenance d’Algérie, alors que la droite et l’extrême droite appellent carrément à son abrogation.