Trafic de stupéfiants en France : des fonds transférés en Algérie

Un réseau de trafic de stupéfiants organisé entre les quartiers cahorins de Sainte-Valérie et Terre-Rouge a été démantelé, avec sept des huit prévenus condamnés par le tribunal correctionnel de Cahors le 5 juin 2026.
L'organisation structurée collectait l'argent liquide en espèces, le convertissait en virements et le transférait vers l'Algérie par plusieurs intermédiaires, donnant au dossier une dimension transnationale.
Le réseau générait plusieurs centaines d'euros quotidiens par point de vente, avec environ 300 clients par semaine et 33 trajets nocturnes vers Toulouse pour le réapprovisionnement en stupéfiants.
Bilal, présenté comme responsable du point de vente de Terre-Rouge, a reçu la peine la plus lourde avec quatre ans d'emprisonnement ferme, tandis qu'Abdel a été condamné à deux ans de prison dont douze mois avec sursis.
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Un important dossier de trafic de stupéfiants en France vient de trouver son épilogue judiciaire à Cahors, dans le Lot. Huit prévenus étaient jugés pour leur rôle présumé dans un réseau organisé entre les quartiers de Sainte-Valérie et de Terre-Rouge. Sept ont été condamnés, tandis qu’une femme poursuivie dans le volet financier a été relaxée.
L’affaire, examinée vendredi 5 juin 2026 par le tribunal correctionnel de Cahors, dévoile une organisation locale structurée, mais aussi un circuit financier tourné vers l’étranger. Selon les éléments présentés à l’audience, l’argent issu du trafic était collecté en espèces, converti en virements puis transféré vers l’Algérie par l’intermédiaire de plusieurs personnes.
Trafic de stupéfiants en France : un réseau structuré à Cahors
Les enquêteurs ont concentré leurs investigations sur deux points de vente installés dans la ville de Cahors. Le premier se trouvait dans le quartier de Sainte-Valérie, le second à Terre-Rouge. Plusieurs mois de surveillance ont permis d’identifier des rôles distincts : gestion des ventes, stockage de produits, transports, conditionnement et transferts d’argent.
Au centre du dossier, trois hommes sont présentés comme des figures importantes du réseau. Les prénoms utilisés dans la procédure ont été modifiés. Tarik, né en Algérie en 1995 et de nationalité française, est décrit comme le responsable du point de vente de Sainte-Valérie. Bilal, né en 1987 et Algérien en situation régulière, est présenté comme celui de Terre-Rouge. Sofiane, né en 2002, aurait participé à la circulation de l’argent et aux trajets d’approvisionnement.
Des trajets vers Toulouse et une clientèle régulière
L’enquête évoque 33 trajets nocturnes vers Toulouse, parfois à plus de 170 km/h, soupçonnés d’avoir servi au réapprovisionnement en stupéfiants. Trente-neuf consommateurs entendus par les enquêteurs auraient désigné plusieurs prévenus.
Le réseau aurait généré plusieurs centaines d’euros par jour et par point de vente, avec environ 300 clients par semaine. Lors du démantèlement d’avril 2026, l’opération avait mobilisé 325 policiers et gendarmes. Dix-huit personnes avaient alors été interpellées et plus de 150 000 euros de produits et d’argent avaient été saisis.
Des fonds transférés en Algérie
Le volet financier occupe une place centrale dans cette affaire. L’argent liquide ne restait pas uniquement à Cahors. Il aurait été envoyé en Algérie via différents intermédiaires, ce qui donne au dossier une dimension transnationale.
Nabil, né en 1974 et de nationalité française, a reconnu avoir transféré de l’argent pour le compte de deux autres prévenus, tout en sachant que les fonds provenaient d’une activité illicite. À son domicile, 30 000 euros ont été retrouvés.
La procureure a évoqué une organisation familiale et transnationale, avec un donneur d’ordres identifié en Algérie. Le tribunal a finalement prononcé sept condamnations. La peine la plus lourde vise Bilal, condamné à quatre ans d’emprisonnement ferme. Abdel, qui a reconnu avoir stocké et conditionné les stupéfiants contre 500 euros par semaine, a écopé de 24 mois de prison, dont 12 mois avec sursis probatoire pendant deux ans.
Cette affaire rappelle que le trafic de stupéfiants en France ne concerne plus seulement les grandes métropoles. Les villes moyennes sont aussi touchées par des réseaux organisés, capables de mêler vente locale, logistique routière et transferts financiers internationaux.