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Transport aérien : comment Air Algérie résiste à la crise qui fait vaciller ses voisins

Par Ali Aomar5 min de lecture
Transport aérien : comment Air Algérie résiste à la crise qui fait vaciller ses voisins
Résumé IA

Air Algérie résiste mieux que ses concurrents régionaux à la crise du transport aérien grâce à son approvisionnement local en kérosène, tandis que le secteur mondial fait face à une hausse drastique des coûts.

Le prix du kérosène a bondi de 70 % en 2026, atteignant 152 dollars le baril, ce qui réduit les bénéfices nets des compagnies aériennes de 45 à 23 milliards de dollars mondialement. Air Algérie bénéficie d'un avantage décisif : elle s'approvisionne en carburant auprès de Sonatrach, qui le produit localement, la protégeant ainsi des fluctuations des marchés internationaux.

La Royal Air Maroc et Tunisair, contraintes d'importer leur kérosène aux prix mondiaux, subissent une pression accrue sur leurs coûts d'exploitation, notamment sur les routes vers l'Europe. Malgré ces défis, le trafic aérien mondial devrait atteindre un record de 5,1 milliards de passagers en 2026, avec un taux de remplissage moyen de 84 %.

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Air Algérie évolue dans un environnement différent de celui de plusieurs transporteurs de la région, au moment où le secteur aérien mondial fait face à une hausse des coûts. Réunie au Brésil, l'Association du transport aérien international (IATA) a dressé un constat marqué par le recul de la rentabilité du secteur.

L'Assemblée générale de l'IATA s'est achevée le 8 juin 2026 au Brésil. À cette occasion, le directeur général de l'organisation, Willie Walsh, a présenté les perspectives du transport aérien mondial pour l'année 2026.

Selon les données communiquées, l'industrie est confrontée à une forte augmentation du coût du carburant aérien. Le prix moyen du kérosène a progressé de près de 70 % par rapport à 2025, atteignant 152 dollars le baril. L'IATA relie cette évolution aux tensions géopolitiques ayant affecté les marchés énergétiques internationaux ainsi qu'aux perturbations touchant le détroit d'Ormuz.

La facture mondiale du carburant devrait ainsi atteindre 350 milliards de dollars en 2026. Dans le même temps, les bénéfices nets prévus pour l'ensemble des compagnies aériennes ont été revus à la baisse, passant de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards de dollars en 2026. La marge nette moyenne du secteur est désormais estimée à 2 %.

Air Algérie bénéficie d'un approvisionnement local en carburant

Dans ce contexte, Air Algérie dispose d'un modèle d'approvisionnement différent de celui de nombreuses compagnies aériennes. Le kérosène utilisé sur le marché national est produit et raffiné localement par Sonatrach, à partir du pétrole extrait en Algérie.

La raffinerie de Skikda assure la couverture des besoins du marché national en carburant aérien. Cette situation permet au transporteur national de s'approvisionner dans un cadre largement lié à la production locale.

Cette organisation réduit l'exposition d'Air Algérie aux tensions affectant l'approvisionnement international en carburant. La compagnie peut ainsi poursuivre ses activités dans un environnement moins dépendant des fluctuations observées sur certains marchés extérieurs.

Le transporteur poursuit par ailleurs son développement commercial, notamment sur plusieurs destinations internationales et africaines, dans le cadre de son programme d'expansion annoncé ces dernières années.

La RAM et Tunisair confrontées à la hausse des coûts

La situation est différente pour les compagnies aériennes des pays voisins. Au Maroc et en Tunisie, les transporteurs doivent importer leur carburant en fonction des prix pratiqués sur les marchés internationaux.

Selon les données relayées par Maghreb Émergent, la Royal Air Maroc (RAM) et Tunisair sont directement exposées à la hausse du baril de kérosène à 152 dollars. Cette évolution exerce une pression sur les coûts d'exploitation, notamment sur les lignes reliant le Maghreb aux pays européens.

Les deux compagnies doivent également faire face à une concurrence importante sur le marché euro-méditerranéen. L'IATA indique que les compagnies européennes pourraient enregistrer une marge nette moyenne de 3,1 % en 2026. Cette performance est notamment associée à des politiques de couverture du risque carburant, appelées hedging, dont le taux moyen atteint 70 % chez plusieurs opérateurs européens.

Un trafic mondial en hausse malgré les difficultés du secteur

Malgré la hausse des coûts, le trafic aérien mondial continue de progresser. L'IATA prévoit un record de 5,1 milliards de passagers transportés en 2026 à travers le monde.

Le taux moyen de remplissage des avions devrait atteindre 84 %, traduisant une demande toujours soutenue sur de nombreux marchés. Cette dynamique contribue à maintenir l'activité du secteur malgré le recul attendu de la rentabilité.

Les compagnies aériennes doivent également composer avec un autre défi. Les constructeurs Airbus et Boeing connaissent des retards de livraison liés aux difficultés rencontrées dans leurs chaînes d'approvisionnement. Cette situation ralentit l'arrivée de nouveaux appareils au sein des flottes.

Selon l'IATA, ce manque d'avions disponibles limite l'ouverture de nouvelles lignes et retarde l'intégration d'appareils plus récents, dont la consommation de carburant est généralement inférieure à celle des générations précédentes. Dans un contexte marqué par la hausse des prix du kérosène, cette contrainte s'ajoute aux défis auxquels fait face l'industrie aérienne mondiale en 2026.

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