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Espagne : elle héberge 16 sans-papiers algériens et marocains chez elle pour les sauver de l'expulsion

Par Ali Aomar5 min de lecture
Espagne : elle héberge 16 sans-papiers algériens et marocains chez elle pour les sauver de l'expulsion
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En Espagne, une psychologue clinicienne héberge seize migrants sans-papiers algériens et marocains à son domicile pour leur permettre de s'inscrire au registre municipal et accéder à une régularisation exceptionnelle.

La mairie de Paiporta, en province de Valence, refuse d'enregistrer ces personnes malgré les démarches de Sandra López, bénévole à l'association Amigos de la Calle, qui affirme que d'autres villes espagnoles autorisent cette pratique.

Ces migrants, arrivés par voie maritime il y a environ deux ans, vivent dans des conditions précaires sans accès régulier à l'électricité ni à l'eau courante, travaillant comme gardiens de parking ou récupérateurs de métaux.

Le délai pour déposer les dossiers de régularisation expire le 30 juin 2026, mais la municipalité prévient que l'examen administratif pourrait prendre trois mois, dépassant largement cette échéance cruciale.

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En Espagne, une femme a décidé d'héberger seize sans-papiers algériens et marocains à son domicile pour leur éviter une expulsion imminente. La mairie refuse de les inscrire sur les registres municipaux, un blocage qui compromet leur accès à une procédure de régularisation exceptionnelle.

L’affaire se déroule à Paiporta, une commune située dans la province de Valence, dans l’est de l’Espagne. Face à l’absence de solution administrative, Sandra López, psychologue clinicienne, experte en médecine légale et bénévole au sein de l’association Amigos de la Calle (« Amis de la rue »), a décidé d’enregistrer à son domicile 16 migrants sans-abri, d’origine algérienne et marocaine.

Le 5 juin 2026, elle a entamé les démarches permettant d’inscrire ces personnes au registre municipal des habitants. Selon ses déclarations relayées par le média España en Árabe, elle a indiqué que les migrants pourraient être hébergés chez elle, même dans des conditions de forte promiscuité. Cette démarche vise à leur fournir une preuve de résidence indispensable à leurs dossiers administratifs.

Un désaccord avec la municipalité sur les modalités d’enregistrement

D’après Sandra López, la municipalité de Paiporta aurait refusé d’inscrire ces sans-papiers algériens et marocains comme résidant dans la rue, une possibilité pourtant prévue par la réglementation espagnole dans certains cas. Plusieurs grandes villes espagnoles, notamment Valence, autorisent l’utilisation d’une adresse administrative ou d’une adresse liée aux services sociaux pour permettre aux personnes sans domicile de s’enregistrer officiellement.

Selon la bénévole, cette possibilité n’est pas appliquée à Paiporta. Elle affirme avoir tenté pendant plusieurs semaines d’obtenir une réponse des autorités locales, évoquant notamment un délai de deux semaines pour obtenir un rendez-vous ainsi que trois semaines de démarches pour rencontrer le maire.

De leur côté, des sources municipales citées dans l’article indiquent que certains membres du groupe ne résidaient pas dans la commune depuis la même période que les autres. Elles précisent également que plusieurs d’entre eux vivent dans un entrepôt situé dans une zone industrielle proche de la station de métro de Paiporta.

Des migrants installés dans la commune depuis plusieurs années

Les personnes concernées sont âgées de 24 à 63 ans. Selon Sandra López, elles sont arrivées en Espagne par voie maritime et se sont installées à Paiporta il y a environ deux ans. Elle affirme qu’elles ont participé à des actions d’entraide après le passage de la tempête DANA, qui a provoqué d’importantes inondations dans la région de Valence.

La bénévole explique que ces migrants algériens et marocains vivent actuellement dans des conditions précaires. Ils ne disposeraient pas d’un accès régulier à l’électricité, à l’eau courante ou à des équipements de cuisine. Pour subvenir à leurs besoins, certains travailleraient comme gardiens de parking ou récupérateurs de métaux destinés à la revente.

L’association Amigos de la Calle leur fournit également une aide alimentaire, notamment lors de distributions organisées le dimanche.

Une échéance fixée au 30 juin pour la régularisation

L’enjeu principal concerne la procédure exceptionnelle de régularisation des sans-papiers ouverte par le gouvernement espagnol. Les personnes concernées doivent déposer leurs dossiers avant le 30 juin 2026. Pour cela, elles doivent notamment justifier d’une résidence sur le territoire.

Sandra López a également rédigé un rapport médico-légal destiné à accompagner leurs demandes. Selon ce document, les migrants présenteraient différents troubles psychologiques liés à leur parcours migratoire et à leur situation actuelle de sans-abri, notamment des troubles de l’adaptation, de l’anxiété et des symptômes dépressifs.

Au final, 13 sans-papiers algériens et marocains ont pu être enregistrées à l’adresse de la bénévole. Les trois autres n’ont pas pu finaliser leur inscription en raison de l’absence de passeport. La municipalité a toutefois indiqué que l’examen administratif de ces enregistrements pourrait nécessiter jusqu’à trois mois, soit bien au-delà de la date limite du 30 juin.

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