Économie

Le cash domine encore en Algérie avec 9654 milliards de dinars en circulation

Par Mohamed Rahmani4 min de lecture
Le cash domine encore en Algérie avec 9654 milliards de dinars en circulation
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L'Algérie compte 9654 milliards de dinars en circulation sous forme de cash, représentant 45,7 % du bilan de la Banque d'Algérie selon les données arrêtées au 30 novembre 2025.

L'argent liquide domine les transactions quotidiennes car il est rapide, accepté partout et ne nécessite ni terminal ni compte bancaire, particulièrement dans les marchés et petits commerces.

Cette dépendance au cash complique la traçabilité des flux financiers, freine la lutte contre l'économie informelle et limite le financement formel de l'activité économique.

Malgré les progrès du paiement électronique dans les services publics, cette progression reste insuffisante pour inverser la tendance, car les habitudes changent lentement et les commerçants manquent souvent d'équipements adaptés.

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Le cash reste au cœur de l’économie algérienne. Selon la situation mensuelle de la Banque d’Algérie arrêtée au 30 novembre 2025, la masse fiduciaire en circulation dépasse 9654 milliards de dinars, un niveau qui illustre la place persistante de l’argent liquide dans les transactions quotidiennes.

Ce chiffre, publié dans le Journal officiel du 31 mai 2026, révèle l’un des grands défis de la modernisation financière en Algérie. Malgré le développement progressif du paiement électronique, les billets continuent de dominer les échanges, du commerce de proximité aux transactions entre particuliers.

Cash en Algérie : un poids considérable dans le bilan de la Banque d’Algérie

La masse fiduciaire en circulation représente désormais 45,7 % du total du bilan de la Banque d’Algérie. Autrement dit, près de la moitié du passif de l’institution monétaire est liée à l’argent liquide.

Ce niveau confirme une réalité bien connue des ménages et des commerçants : en Algérie, le cash demeure le moyen de paiement le plus utilisé. Il est rapide, accepté partout et ne nécessite ni terminal, ni application, ni compte bancaire actif. Pour une grande partie de la population, il reste aussi synonyme de liberté et de simplicité.

Mais cette domination pose un problème de fond. Plus l’argent circule en dehors des banques, plus il devient difficile de le canaliser vers l’épargne formelle, le crédit et l’investissement. La Banque d’Algérie se retrouve ainsi face à une économie encore très attachée à la monnaie physique.

Pourquoi le cash reste si dominant dans l’économie algérienne

La préférence pour le cash ne relève pas seulement d’une habitude. Elle s’explique par la faible bancarisation d’une partie de la population, la méfiance envers les institutions financières, le poids du commerce informel et le manque d’équipements de paiement dans de nombreux commerces.

Dans les marchés, les petits magasins, les services du quotidien ou les transactions familiales, le paiement en espèces reste la norme. Le chèque demeure peu utilisé, tandis que la carte bancaire sert souvent davantage à retirer de l’argent aux distributeurs qu’à régler directement un achat.

Cette situation réduit la traçabilité des flux financiers. Elle complique aussi la lutte contre l’informel, puisque les paiements en liquide échappent plus facilement aux circuits déclarés. Pour l’État, l’enjeu est fiscal. Pour les banques, il est commercial. Pour l’économie nationale, il touche directement au financement de l’activité.

Paiement électronique : une progression encore insuffisante

L’Algérie a pourtant engagé plusieurs chantiers pour réduire la dépendance au cash. Les paiements par carte, les plateformes en ligne et les solutions mobiles progressent, notamment dans les services publics, les factures et certaines transactions commerciales.

Mais cette progression reste encore trop limitée pour inverser la tendance. Les habitudes de paiement changent lentement, surtout lorsque les commerçants ne disposent pas de terminaux ou lorsque les clients préfèrent éviter les traces bancaires.

Le chiffre de 9654 milliards de dinars en circulation résume donc un paradoxe de l'économie algérienne : le système financier se modernise, mais l’argent liquide conserve une place massive. Pour réduire durablement le poids du cash, il faudra renforcer la confiance, simplifier l’accès aux services bancaires et rendre le paiement électronique plus attractif que le retrait d’espèces.

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