Société

Le bûcher de la retraite

Par par El Yazid Dib3 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Cet article d'opinion dénonce la condition précaire et dégradante des retraités, victimes de pensions dérisoires et d'indifférence institutionnelle.

Les retraités algériens vivent dans la précarité, leurs pensions insuffisantes les réduisant à une forme de mépris social et de marginalisation.

Isolés et malades, ils acceptent leur sort avec résignation, confrontés quotidiennement à des maladies chroniques et à l'insomnie.

Leur seul espoir collectif reste la suppression de l'IRG sur les pensions et leur revalorisation, une attente qui consume leur patience.

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Le Quotidien d'Oran

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Combien sont-ils ces anciens travailleurs, ces fonctionnaires qui ne fonctionnent plus ? Ceux qui ne guettent que la fin du mois attendant, sur des braises, le grand départ.

Ils n'ont plus de projets. Toutes leurs défuntes ambitions ne sont que des dépouilles de souvenirs putréfiées.

L'on ne meurt pas de retraite, mais de mépris. L'on ne se plaint pas d'un métier passé, mais de son ingratitude. La retraite n'est pas un fait de battre en retraite. C'est un crépuscule où l'on ne broie que du noir, où l'on se trouve au terminus d'un long périple.

Vieillards ou moins jeunes, nos retraités ont du mal à vivre leur statut. La précarité de la solde est tellement dérisoire qu'elle entraîne la dérision pour permettre de donner le sens le plus péjoratif au rapetissement social de son pensionnaire. Désigner quelqu'un de retraité, c'est lui concéder une raison de pitié. Une hilarité. C'est le harponner par compassion. Ils ne font pas de sit-in, de contestation ou d'émeutes. Ils les font pacifiques devant les guichets de postes et des dispensaires.

La retraite, quelle que soit la définition qu'on lui attribue demeure, intrinsèquement une station privilégiée, malgré ses couacs. Vieillir n'est pas donné à quiconque. Expiation ou aire de repos, elle guette tout le monde. Tomber dans ses bras, peut être une mise entre les dents acérées d'un destin houleux. Ou bien une heureuse délivrance des crocs d'un temps devenu indélicat, grossier et mal approprié. « Savoir quitter la table quand l'amour est desservi », reste le refrain entonné et repris par les nostalgiques de valeurs révolues. Eux, ont déjà quitté la table et aucun amour institutionnel ne leur est servi.

Exposés aux souffrances, solitaires dans le dénuement sidéral, mal accompagnés, nos retraités se résignent à accepter leur état. Les maladies sont leur quota quotidien. Qui du diabète, qui de l'hypertension, qui d'un pire dégoût, tous subissent l'effroi, l'ennui et l'indifférence. Le sommeil ne leur est plus un besoin qu'un devoir d'adhésion. Il décampe au milieu de la nuit pour laisser place aux affres de l'insomnie, du remord et surtout de la souvenance et de la méditation. Malgré ces infortunes, le retraité garde toujours sa vivacité d'antan. A doucement perdre le temps, Il est debout s'il n'est pas impotent, dans toute sa dignité

Collés aux réseaux sociaux, à la moindre alerte d'espoir; ils collectivisent un seul vœu et le crient à l'unisson. La suppression de cet IRG injuste de leur modique pension et sa tardive valorisation. Ils brûlent de patience sur le bûcher de l'attente.

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