Le Lien ! La transsaharienne Alger-Tamanrasset
Le gouvernement algérien examine l'avancement du projet de TGV reliant Alger à Tamanrasset sur plus de 2 000 kilomètres, une infrastructure destinée à structurer le pays et renforcer sa cohésion nationale.
Ce projet ambitieux vise à désenclaver les régions du Sahara, à sédentariser progressivement les populations nomades et à promouvoir le développement économique et social le long du tracé, avec écoles, hôpitaux et services publics.
La ligne devrait entrer en service fin 2028, avec des travaux actifs sur les tronçons Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ et Ksar El Boukhari-Boughezoul, déclarés d'utilité publique en août 2025.
Géostratégiquement, cette liaison positionne l'Algérie comme pont entre la Méditerranée et l'Afrique subsaharienne, ouvrant un corridor économique vers le Sahel et facilitant la coopération sud-sud avec les pays voisins.
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Le Quotidien d'Oran
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Le dernier Conseil des Ministre avait pour ordre du jour l'examen de l'état d'avancement du projet du TGV destiné à relier Alger à Tamanrasset sur plus de 2 000 KM rien que cela !
Le citoyen du nord de l'Algérie sait très bien que cette partie du Pays se situe aux confins sud de notre Sahara mais, appréhende-t-il véritablement le défi à relever pour réaliser le tracé de ce TGV à grande vitesse et, les retombées socio-économiques tout le long de ces espaces désertiques et bien plus, ce qu'il va drainer comme coopération sud-sud en particulier dans le proche Sahel,
Le projet d'un TGV reliant Alger à Tamanrasset sur plus de 2000 kilomètres peut être compris comme bien plus qu'une infrastructure de transport. Il s'agit d'un projet structurant qui touche à la fois l'unité nationale, la géostratégie et le développement économique. Tout d'abord, précisions que le nom de Tamanrasset, provient de la langue touareg. Selon la population locale, le nom signifierait celui d'une femme semi-mythologique morte, appartenant à une tribu nommée Timghasaten.
Peut-on anticiper sans trop y croire que, cette ligne de chemin de fer, qui vise à désenclaver tout le long du tracé des régions entières, va sédentariser progressivement mais surement, des populations sans cesse en mouvement depuis des millénaires ? En tout cas, cela fait partie des objectifs de cet important ouvrage dont, l'ambition et de promouvoir le niveau de vie dans les régions traversées et que, écoles, hôpitaux et autres encadrements des populations suivront cette dynamique ambitieuse de développement.
Cette Transsaharienne dont l'objectif est de connecter le nord au sud du pays devrait selon les prévisions affichées entrer en service fin 2028. La décision d'accélérer ce projet a été réaffirmée par le Président de la République en février 2026, avec des travaux actifs sur les tronçons Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ (déclarés d'utilité publique en août 2025) et Ksar El Boukhari-Boughezoul.
Le projet est en phase active de réalisation, notamment la partie cruciale Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ ; le tronçon Ksar El Boukhari-Boughezoul) est en cours de terrassement. Sur le plan national, une telle ligne réduirait fortement les distances perçues entre le nord et le sud. Aujourd'hui, ces espaces sont souvent vécus comme éloignés, voire déconnectés.
En facilitant les déplacements rapides de personnes et de marchandises, le TGV contribuerait à renforcer le sentiment d'appartenance à un même territoire. Il permettrait aussi une meilleure circulation des compétences, des étudiants, des travailleurs et des services publics. Le sud ne serait plus seulement un espace de ressources, mais un espace pleinement intégré dans la dynamique nationale.
Sur le plan géostratégique, cette liaison ouvre une profondeur nouvelle au pays. Tamanrasset est une porte vers le Sahel et l'Afrique subsaharienne. Relier efficacement cette région à la capitale crée un axe structurant nord-sud qui peut devenir un corridor économique. Cela positionne l'Algérie comme un pont entre la Méditerranée et l'Afrique. Dans un contexte où les échanges intra-africains sont appelés à se développer, disposer d'une infrastructure moderne peut renforcer le rôle du pays dans les flux commerciaux et logistiques. Les retombées socio-économiques peuvent être importantes, mais elles dépendent de la manière dont le projet est accompagné. D'abord, la construction elle-même génère de l'emploi et du transfert de savoir-faire. Ensuite, une fois en service, le TGV peut stimuler l'activité dans les régions traversées.
De nouvelles villes ou zones d'activités peuvent émerger autour des gares. Le tourisme saharien pourrait se développer grâce à un accès plus rapide et plus sûr. Les produits du sud pourraient atteindre plus facilement les marchés du nord, et inversement.
Cependant, ces bénéfices ne sont pas automatiques. Il faut penser l'aménagement du territoire de façon cohérente. Sans politiques d'accompagnement, le risque existe que seules certaines zones profitent réellement de l'infrastructure. Il est donc essentiel d'anticiper les besoins en formation, en logement, en services et en investissement local. Dans le cadre de la coopération sud-sud, ce projet peut servir de levier. Une connexion forte vers le sud facilite les partenariats économiques avec les pays africains voisins. L'Algérie pourrait devenir un hub de transport et de distribution, mais aussi un acteur dans le partage d'expertise en matière d'infrastructures, d'énergie ou de gestion des territoires arides. Cette coopération peut aller au-delà du commerce et inclure l'éducation, la santé et la recherche.
Enfin, il est important d'aborder ce type de projet avec transparence et réalisme. Le coût est élevé, les contraintes techniques sont importantes, notamment dans les zones désertiques, et la rentabilité directe peut être limitée à court terme. Mais les bénéfices indirects, en termes de cohésion nationale, de positionnement stratégique et de développement à long terme, peuvent justifier l'investissement si le projet est bien planifié et bien gouverné.
Certains éléments de ce grand axe nord-sud existent déjà ou sont en cours de réalisation, et ils constituent une base importante. Dans le nord, le réseau ferroviaire moderne relie déjà Alger à des villes comme Blida, Chlef, Oran ou Constantine et Annaba-Batna , avec des améliorations continues sur la vitesse et la capacité. Vers les Hauts Plateaux, des tronçons ont été modernisés ou doublés, notamment vers Sétif, Bordj Bou Arréridj ou M'Sila. Plus au sud, des projets ferroviaires ont été engagés ou étudiés pour relier Djelfa, Laghouat et Ghardaïa, qui représentent des points de transition essentiels entre le nord et le Sahara.
Dans une logique de continuité vers le grand sud, l'axe pourrait se structurer progressivement à travers plusieurs wilayas stratégiques. Après Ghardaïa, le tracé naturel descendrait vers El Meniaa, puis In Salah, avant d'atteindre Tamanrasset. Cet enchaînement constitue une colonne vertébrale territoriale qui relie des zones aujourd'hui peu connectées entre elles à grande vitesse.
Au-delà de cette ligne principale, l'intérêt du projet réside aussi dans les connexions secondaires, ou bretelles. Celles-ci permettraient d'ouvrir vers le sud-est et le sud-ouest. Vers le sud-est, des liaisons pourraient être envisagées en direction d'Illizi et Djanet, renforçant l'accès aux zones frontalières avec la Libye et le Niger. Vers le sud-ouest, des connections-prolongements vers Adrar, Timimoun ou Béchar permettraient de relier les régions sahariennes occidentales sur la Mauritanie et le Mali. À terme, cette logique de maillage pourrait faciliter la connexion avec l'ensemble des pays frontaliers, en créant un réseau de circulation à l'échelle régionale.
Ce projet prend une dimension encore plus importante lorsqu'il est mis en relation avec les ressources nationales, comme c'est déjà le cas pour la ligne valorisant et le désenclavant le gisement de fer de Gara Djebilet. L'exploitation et la transformation de ces ressources nécessitent des infrastructures lourdes et fiables pour acheminer les matières premières vers les zones industrielles et les ports.
Dans ce cadre, une liaison ferroviaire performante devient un levier décisif pour structurer une véritable chaîne de valeur industrielle. Parallèlement, les projets miniers et industriels liés aux phosphates, au zinc et à d'autres ressources peuvent renforcer cette dynamique. Leur valorisation dépend en grande partie de la capacité à transporter efficacement les produits vers les pôles industriels et les ports. Les infrastructures portuaires du nord, notamment à Annaba, Bejaia,Djen Djen et Ghazaouet ...., jouent ici un rôle central en tant que portes d'exportation vers l'Europe et le reste du monde. L'ensemble de ces projets, s'ils sont coordonnés, dessinent une transformation profonde du pays. Le TGV et les lignes ferroviaires associées ne sont pas seulement des moyens de transport, mais des outils d'intégration économique. Ils permettent de relier les bassins de production, les zones industrielles et les ports, tout en favorisant la mobilité des populations. Dans cette perspective, l'Algérie peut se positionner comme un acteur clé dans l'intégration entre l'Europe et l'Afrique.
En reliant efficacement la Méditerranée au Sahel, le pays peut devenir un corridor stratégique pour les échanges, mais aussi un espace de transformation et de création de valeur.
Cependant, pour que cette vision se concrétise, plusieurs conditions sont essentielles. La planification doit être rigoureuse et cohérente entre les différents projets. La gouvernance doit être transparente, avec un suivi clair des coûts et des délais. La formation des compétences locales est également déterminante pour assurer la durabilité des infrastructures. Enfin, il est nécessaire de veiller à un développement équilibré des territoires afin que les retombées profitent à l'ensemble de la population.
i ces conditions sont réunies, la période autour de 2028 pourrait effectivement marquer un tournant. L'Algérie pourrait apparaître comme un pays en phase d'émergence, porté par des infrastructures structurantes, une valorisation accrue de ses ressources et une meilleure intégration dans les dynamiques économiques régionales et continentales. En résumé, le TGV Alger Tamanrasset peut être vu comme un projet de transformation. Il relie des territoires, renforce l'unité nationale, ouvre des perspectives africaines et stimule le développement. Sa réussite dépendra de la vision globale qui l'accompagne et de la capacité à en faire un outil au service de l'ensemble du pays.