En France, un maire RN refuse des bureaux de vote pour les Algériennes

Le maire Rassemblement national de Carcassonne refuse l'installation de bureaux de vote pour les élections algériennes du 2 juillet 2026, une décision perçue comme hostile envers la communauté algérienne locale.
Cette décision complique l'accès au vote pour les Algériens de l'Aude, notamment les personnes âgées et les familles sans moyens de transport vers d'autres villes.
La France organise elle-même le vote de ses ressortissants à l'étranger en Algérie, ce qui rend le refus de Carcassonne d'autant plus incompréhensible et discriminatoire.
Parmi les 24,7 millions d'électeurs algériens inscrits, 854 285 vivent à l'étranger, dont une part importante en France, dépendant du consulat de Montpellier pour la région.
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À Carcassonne, dans l’Aude, les élections algériennes du 2 juillet 2026 provoquent une vive polémique. Le maire Rassemblement national, Christophe Barthès, refuse l’installation de bureaux de vote destinés aux ressortissants algériens de sa commune, selon Actu.fr.
Cette décision est perçue par les Algériens de France comme un geste hostile, voire haineux, venant d’un élu du parti d’extrême droite. D’autant qu’aucune justification sérieuse ne semble expliquer ce refus, alors que le vote à l’étranger est une pratique normale, reconnue et organisée dans de nombreux pays, y compris par la France elle-même.
Élections algériennes : une décision difficile à justifier
Les élections algériennes doivent permettre le renouvellement de l’Assemblée populaire nationale. Comme à chaque scrutin national, les Algériens établis à l’étranger peuvent voter depuis leur pays de résidence, à condition d’être inscrits sur les listes électorales consulaires. Les Algériens de la diaspora élisent leurs représentants à l'APN en tant que députés de l'émigration par circonscription.
À Carcassonne, l’installation d’un bureau de vote aurait permis aux ressortissants algériens de l’Aude de voter près de chez eux. Le refus de la mairie complique donc la situation pour une partie de la diaspora, notamment les personnes âgées, les familles sans véhicule ou les travailleurs qui ne peuvent pas se déplacer facilement vers une autre ville.
Le problème n’est pas seulement administratif. Il est aussi politique. Refuser un bureau de vote à une communauté étrangère, alors qu’il s’agit d’un scrutin organisé par les autorités consulaires, envoie un signal brutal. Pour beaucoup, cette décision vise moins une salle municipale qu’une communauté.
La France organise aussi le vote de ses ressortissants à l’étranger
L’argument est d’autant plus sensible que la France pratique elle-même le vote à l’étranger. Les Français établis hors de France disposent de bureaux de vote dans les ambassades et les consulats lorsqu’ils sont inscrits sur les listes électorales consulaires.
En Algérie aussi, les Français et les binationaux franco-algériens peuvent voter dans le cadre des scrutins français, à travers le réseau diplomatique et consulaire français. La France dispose notamment de représentations consulaires à Alger, Oran et Annaba.
Cette réalité rend le refus de Carcassonne encore plus incompréhensible. Si les Français vivant en Algérie peuvent participer aux élections françaises depuis l’Algérie, pourquoi des Algériens vivant en France ne pourraient-ils pas voter dans des conditions correctes pour les élections algériennes ?
Plus de 854 000 électeurs algériens inscrits à l’étranger
Selon l’Autorité nationale indépendante des élections, l’ANIE, 24 727 041 électeurs sont inscrits pour les législatives algériennes de 2026. Parmi eux, 854 285 vivent à l’étranger.
La communauté algérienne de France représente une part importante de cette diaspora. Les consulats jouent donc un rôle central dans l’organisation du scrutin, avec des bureaux parfois installés hors des sièges consulaires pour rapprocher les urnes des électeurs.
Carcassonne dépend de la circonscription du consulat d’Algérie à Montpellier, qui couvre notamment l’Aude. Pour les électeurs algériens de ce département, un bureau local aurait permis d’éviter des déplacements inutiles et parfois coûteux.
À quelques semaines du vote, le consulat d’Algérie à Montpellier devra préciser les solutions proposées aux électeurs de l’Aude. Pour les Algériens de Carcassonne, cette affaire laisse surtout un goût amer : celui d’un droit civique rendu plus difficile par une décision municipale sans justification convaincante.