Mondial 2026 : en refoulant l’arbitre Omar Artan, l’administration Trump ouvre une brèche inquiétante

L'administration Trump a refoulé l'arbitre somalien Omar Artan à l'aéroport de Miami le 7 juin, l'empêchant d'officier à la Coupe du monde 2026 prévue aux États-Unis.
Cet incident a choqué le monde du football, l'UEFA et plusieurs personnalités internationales exprimant leur soutien à l'arbitre, nommé meilleur arbitre africain en 2025 et premier Somalien à participer à un Mondial.
Le refoulement ouvre un précédent inquiétant : d'autres pays pourraient refuser l'entrée à des joueurs ou arbitres pour des raisons politiques, menaçant l'esprit d'unité des grands événements sportifs.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a exprimé son impuissance face à cette décision, tandis que son prédécesseur Sepp Blatter a qualifié la situation d'« incroyable et insensée ».
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TSA Algérie
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En refoulant l’arbitre somalien Omar Artan, les États-Unis de Donald Trump ont ouvert une brèche inédite et inquiétante qui jette le discrédit sur la Coupe du monde 2026. Le 7 juin, le référé de 34 ans est renvoyé de l’aéroport de Miami vers Istanbul par les services américains de contrôle aux frontières, après onze heures d’interrogatoire.
Rapidement, le référé est devenu le symbole des dégâts collatéraux de la politique migratoire de Donald Trump et d’un Mondial déjà entaché avant même le coup d’envoi prévu ce jeudi 11 juin à 20h00 (heure d’Alger) avec le match Mexique – Afrique du Sud.
Cette mesure inédite survient quelques mois après les propos racistes du président américain à l’encontre de la Somalie qu’il a qualifiée de « pays arriéré ».
La décision de l’administration américaine d’empêcher celui qui figure sur la liste internationale de la FIFA depuis 2018 et qui a été nommé arbitre masculin de l’année CAF en 2025 d’entrer aux États-Unis et par conséquent d’officier au Mondial 2026 a choqué les spécialistes et les amateurs du ballon rond. Sur les réseaux sociaux, c’est la consternation. D’autant que l’argument présenté par l’administration américaine évoquant des liens « avec des membres présumés d’organisations terroristes » n’a convaincu personne.
L’UEFA apporte son soutien à Omar Artan
Et les soutiens ont commencé à pleuvoir. Le plus fort est venu de l’UEFA, qui a annoncé la désignation de l’arbitre somalien pour diriger la Supercoupe d’Europe entre le Paris Saint-Germain, vainqueur de la Ligue des champions, et Aston Villa, détenteur de la Ligue Europa, à Salzbourg le 12 août prochain
« Nous sommes heureux d’annoncer que l’arbitre somalien Omar Artan officiera lors du très attendu match entre le PSG et Aston Villa à Salzbourg », a annoncé l’UEFA. Un camouflet pour Donald Trump. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé ses regrets à la suite de la décision américaine et apporté son soutien à Omar Artan.
« Omar Artan n’a pas seulement décroché sa place à la Coupe du monde, il est entré dans l’histoire comme le premier arbitre somalien à y participer et comme le meilleur arbitre africain. Cette consécration, personne ne peut la lui enlever (…) Le monde entier est avec toi (…) Solidarité », a-t-il écrit sur X.
Omar Artan didn’t just make the #FIFAWorldCup, he made history as the first Somali referee to get there, and as #Africa’s best. That milestone stands no matter what. So sorry to see this, Omar. You reached the summit of your profession and inspired a generation back home just by… https://t.co/dLMsyXR2IK
— Tedros Adhanom Ghebreyesus (@DrTedros) June 9, 2026
De son côté, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a exprimé son impuissance. « Bien sûr que ce qui est arrivé à Omar, l’arbitre somalien, est regrettable, mais on ne peut pas tout contrôler… », a déclaré le patron du football mondial, qui a décerné à son ami Trump le « Prix FIFA pour la paix » en décembre dernier. Le ton conciliant d’Infantino tranche avec celui de son prédécesseur Sepp Blatter qui n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’instance du football mondial.
Une brèche inédite qui risque de faire des émules
« C’est incroyable et insensé (…) Si un pays refuse l’entrée à un arbitre, c’est un problème grave, et on ne devrait pas disputer la Coupe du monde dans un tel pays », a-t-il déclaré dans un entretien à l’Équipe.
Le refoulement de l’arbitre Omar Artan a ouvert une brèche inédite dans le système d’organisation des grands évènements sportifs. D’autres pays qui accueilleront la Coupe du monde ou les Jeux olympiques pourraient être tentés de refuser l’entrée sur le territoire de joueurs ou d’arbitres pour des raisons politiques, ce qui est en contradiction totale avec l’esprit et l’objectif de ces évènements destinés à rassembler les différentes nations et non à diviser ou à stigmatiser des populations par leurs origines ou leurs situations sociales.