Argent détourné en France : l’Algérie relance la traque

L'Algérie relance sa traque des fonds détournés en France, avec une délégation de magistrats algériens dépêchée à Paris pour accélérer les procédures de récupération des biens mal acquis.
L'Algérie aurait transmis à la France environ 100 demandes liées aux biens saisis, aux confiscations et aux restitutions d'avoirs appartenant à d'anciens responsables poursuivis pour corruption.
Les discussions portent aussi sur les demandes d'extradition, notamment celle d'Abdessalam Bouchouareb, ancien ministre de l'Industrie condamné en Algérie pour corruption et installé en France.
Cette visite s'inscrit dans une reprise prudente de la coopération judiciaire entre Alger et Paris, qui constitue un véritable test de leurs relations bilatérales.
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Des magistrats algériens se sont rendus à Paris pour tenter de faire avancer un dossier aussi sensible qu’attendu en Algérie : celui des fonds détournés et des biens mal acquis placés ou investis en France. Cette visite intervient quelques semaines après la reprise du dialogue judiciaire entre Alger et Paris.
Le déplacement de cette délégation judiciaire algérienne à Paris marque une nouvelle tentative d’accélérer les procédures liées aux fonds détournés. Selon le journal Asharq Al-Awsat, les discussions portent notamment sur les avoirs saisis, les biens immobiliers, les comptes bancaires et les actifs attribués à d’anciens responsables algériens poursuivis dans des affaires de corruption.
Pour Alger, l’enjeu dépasse le simple cadre judiciaire. Depuis les grandes affaires ouvertes après 2019, la récupération de l’argent public détourné reste une demande forte dans l’opinion. Beaucoup d’Algériens attendent encore de voir revenir une partie des biens issus de la corruption, notamment ceux localisés à l’étranger.
Environ 100 demandes algériennes en attente
Ce dossier avait déjà été évoqué lors de la visite du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, à Alger, le 18 mai 2026. Il avait rencontré son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, dans le cadre d’une relance de la coopération judiciaire entre les deux pays.
Selon plusieurs sources médiatiques, l’Algérie aurait transmis à la France près de 100 demandes liées aux biens mal acquis, aux saisies, aux confiscations et à d’éventuelles restitutions. Ces procédures sont longues, car elles doivent passer par les juridictions françaises et respecter les règles du droit français.
La présence, lors des échanges précédents, de responsables comme Pascal Prache, procureur national financier, et Vanessa Perrée, procureure nationale anti-criminalité organisée, montre que Paris traite aussi ces dossiers sous l’angle de la criminalité financière et des réseaux transnationaux.
Biens mal acquis et extraditions au cœur des discussions
Les discussions ne se limitent pas à l’argent. Elles concernent également les demandes d’extradition visant certains anciens responsables algériens installés ou présents en France.
Le nom d’Abdessalam Bouchouareb, ancien ministre de l’Industrie, revient régulièrement dans ce dossier. Condamné en Algérie dans plusieurs affaires de corruption, il fait partie des personnalités dont Alger réclame le retour. Mais en France, les procédures d’extradition se heurtent souvent à des décisions judiciaires complexes.
Cette situation nourrit des tensions. Côté algérien, les autorités veulent récupérer les avoirs et obtenir l’exécution des décisions de justice. Côté français, les magistrats doivent examiner chaque dossier selon leurs propres règles, même lorsque les demandes viennent d’un partenaire étranger.
Un dossier sensible entre l’Algérie et la France
La visite des juges algériens intervient dans une période de reprise prudente entre Alger et Paris. Après plusieurs mois de crispations diplomatiques, les deux pays tentent de relancer des dossiers pratiques : justice, sécurité, immigration, extraditions et lutte contre les réseaux criminels.
Le dossier des fonds détournés sera l’un des vrais tests de cette coopération. Pour Alger, il ne s’agit plus seulement d’échanger des dossiers ou d’organiser des réunions. L’objectif est d’obtenir des avancées visibles sur les avoirs saisis en France.