Le G7 fissuré
Le sommet du G7 prévu du 15 au 17 juin en France réunit les grandes puissances économiques, mais révèle des divisions profondes sur les enjeux géopolitiques majeurs.
Les désaccords entre les États-Unis et l'Europe sur la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient risquent de paralyser les discussions et d'empêcher l'adoption de positions communes.
Le président américain affiche une hostilité envers ses alliés européens et remet en question l'engagement américain envers l'OTAN, créant un climat de tension inédit.
Le retrait de dernière minute de l'Arabie Saoudite et les clivages persistants suggèrent que ce sommet sera l'un des plus difficiles de l'histoire du G7.
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Le Quotidien d'Oran
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Après les rencontres préparatoires, le sommet du G7 qui réunira du 15 au 17 juin les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et la France, pays hôte, ainsi que l'Union européenne, représentée par le président du Conseil et la présidente de la Commission, et d'autres leaders de pays invités, comme le Brésil, l'Inde, la Corée du Sud, l'Arabie saoudite (qui a décliné l'invitation à la dernière minute) et l'Ukraine, qui chercherait en pareille occasion le soutien des pays riches dans sa guerre contre la Russie. Il s'agit de pays qui ont tous, théoriquement, un poids économique déterminant pour assurer la sécurité mondiale, l'approvisionnement du marché énergétique mondial et peser dans l'apaisement des crises diplomatiques. Pourtant, le contexte géopolitique révèle leur impuissance à régler leurs montres sur un mot d'ordre commun.
Dans un contexte de profondes divisions, et la présence d'un président américain qui ne mâche pas ses mots en parlant aux Européens, ainsi que ses sorties et positions imprévisibles, voire contradictoires par rapport à ses déclarations, l'issue de ce sommet demeure incertaine quand il faut s'attendre à des décisions communes. Les Etats-Unis, qui affichent leur volonté de quitter l'Otan, et qui exposent une hostilité contre les pays européens qui n'ont pas soutenu la guerre américano-israélienne contre l'Iran, peuvent-ils s'asseoir à la table du G7 avec le sourire ? Peuvent-ils se mettre d'accord avec la France ou l'Allemagne sur la marche de ce monde alors que tout oppose leurs pas ? Que faut-il attendre d'un G7 où le président Trump, censé être un chef de peloton du groupe, viendra dire à ses homologues français et allemand qu'il n'a pas besoin de leur aide ? Il l'a dit quand la guerre battait son plein au Moyen-Orient, et maintenant qu'on parle d'un accord de paix presque ficelé avec l'Iran, il faut imaginer qu'il peut aller plus loin encore dans l'animosité du ton.
Le contexte géopolitique actuel placera les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine au premier rang des discussions, et cela risque de provoquer une cassure frontale dans le groupe, qui va jouer lors de ce prochain sommet l'une des parties les plus difficiles de son existence. Certes, des difficultés ont toujours marqué ces sommets, mais on arrivait vaille que vaille à sauver la face à travers le minimum syndical sur le plan économique et financier, chose qui se présente presque inaccessible dans l'environnement actuel, empreint de nervosité et d'échanges à la limite de l'insulte entre des chefs d'États formant cette union. Sur le plan des guerres qui secouent le monde au Moyen-Orient et en Ukraine, les clivages entre Américains et Européens sont si profonds qu'il est pratiquement impossible d'en concilier les bouts. Le G7 est fissuré de toutes parts, et le retrait de l'Arabie Saoudite, qui a avancé un argument diplomatique pour ne pas participer au sommet (agenda chargé de l'émir Ben Salmane), laisse croire que les échanges sur les grands dossiers qui tiennent le haut de l'actualité mondial seront très tendus.