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Refus de mariage en France : un Algérien sous OQTF attaque le maire en justice

Par Ali Aomar6 min de lecture
Refus de mariage en France : un Algérien sous OQTF attaque le maire en justice
Résumé IA

Un ressortissant algérien sous OQTF a déposé plainte pour diffamation contre le maire de Béziers, Robert Ménard, qui avait refusé de célébrer son mariage en 2023 et aurait fait des déclarations inexactes sur ses antécédents judiciaires.

L'avocate du plaignant conteste les propos tenus par le maire sur CNEWS et BFMTV, affirmant que celui-ci a mentionné des condamnations pour viols qui ne figurent pas au dossier judiciaire de son client.

Robert Ménard a reconnu une erreur verbale, expliquant que sa langue avait fourché lors de ses interventions médiatiques, alors qu'il voulait parler de vol avec violences et non de viols.

Le maire comparaîtra le 30 septembre 2026 devant le tribunal de Montpellier pour avoir refusé de célébrer le mariage, encourant jusqu'à cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende.

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Une affaire liée à un mariage refusé en France continue de connaître des développements judiciaires. Trois ans après les faits, le ressortissant algérien concerné a engagé une nouvelle procédure contre l’élu qui avait refusé de célébrer son union. Cette plainte intervient alors qu’un procès distinct est déjà programmé devant la justice française.

Le ressortissant algérien de 25 ans dont le mariage avec une citoyenne française avait été refusé à Béziers, dans le département de l’Hérault, a déposé une plainte pour « diffamation publique » contre le maire de la ville, Robert Ménard. L’information a été rendue publique ce vendredi 12 juin 2026 par son avocate, Me Vanessa Edberg. La plainte a été adressée au procureur de la République de Montpellier à la suite de déclarations faites par le maire dans plusieurs médias nationaux.

Cette nouvelle procédure concerne des propos tenus jeudi 11 juin 2026 lors d’interventions sur des chaînes françaises. Selon l’avocate du plaignant, ces déclarations portent atteinte à l’honneur et à la réputation de son client. Le dossier s’ajoute à l’affaire initiale liée au refus de célébrer le mariage du jeune Algérien en 2023.

Des déclarations contestées par la défense du plaignant

Dans la plainte, Me Vanessa Edberg cite notamment une intervention de Robert Ménard sur CNEWS. Le maire de Béziers avait déclaré : « Moi, je refuse de marier un type qui est en situation illégale, qui a une OQTF et qui a été condamné à de la prison pour des viols en réunion. C'est moi le coupable dans cette histoire-là ? On marche sur la tête. »

L’avocate mentionne également une autre déclaration diffusée sur BFMTV, au cours de laquelle l’élu aurait affirmé que le ressortissant algérien « avait été condamné à huit mois de prison pour des viols avec violences ».

«La France a besoin d'être réparée», constate Robert Ménard, dans #LaGrandeInterview

Toute l'info est à retrouver sur https://t.co/wCnzQBE1GX pic.twitter.com/548WuAgSGj

— CNEWS (@CNEWS) June 11, 2026

Selon Me Edberg, aucune condamnation pour viol, viol en réunion, agression sexuelle ou autre infraction sexuelle ne figure dans le dossier judiciaire de son client. Dans sa plainte, l’avocate estime que ces propos ont contribué à diffuser auprès d’un large public des informations inexactes concernant les antécédents judiciaires du jeune homme.

Robert Ménard reconnaît une erreur dans ses propos

Interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), Robert Ménard a reconnu une erreur dans ses déclarations. Le maire de Béziers a expliqué : « J'ai dit 10 fois, 20 fois dans les médias qu'il avait été condamné à huit mois de prison avec sursis pour vol avec violences en réunion. Et là, ma langue a fourché. » Il a ajouté : « J'en suis navré, ce n'est évidemment pas ce que je voulais dire, mais ma langue a fourché. »

Selon les éléments cités dans la plainte, le ressortissant algérien avait été condamné en septembre 2021 à une peine de huit mois d’emprisonnement intégralement assortie du sursis pour des faits de vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n’excédant pas huit jours ainsi que pour escroquerie. Ces infractions sont différentes de celles évoquées par erreur lors des interventions médiatiques du maire.

Un procès prévu à Montpellier le 30 septembre

Cette plainte intervient alors qu’un autre volet judiciaire de l’affaire doit être examiné prochainement par les tribunaux français. Robert Ménard, âgé de 72 ans, comparaîtra le 30 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Il est poursuivi par les futurs époux qui lui reprochent d’avoir pris, dans l’exercice de ses fonctions de maire, des mesures visant à empêcher l’application de la loi relative au mariage.

Selon les informations communiquées par l’AFP, l’élu encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, une amende pouvant atteindre 75 000 euros ainsi qu’une peine d’inéligibilité. L’affaire remonte à 2023, lorsque Robert Ménard avait refusé de célébrer le mariage entre le ressortissant algérien et sa compagne française au motif que l’intéressé faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Deux semaines après la cérémonie qui n’avait finalement pas eu lieu, le jeune homme avait été expulsé vers l’Algérie. Trois ans plus tard, le dossier continue de faire l’objet de plusieurs procédures judiciaires distinctes, dont cette nouvelle plainte pour diffamation déposée auprès du parquet de Montpellier.

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