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De Barbès à Clignancourt : des harragas algériens survivent grâce à la vente de cigarettes à la sauvette

Par Ali Aomar5 min de lecture
De Barbès à Clignancourt : des harragas algériens survivent grâce à la vente de cigarettes à la sauvette
Résumé IA

Des jeunes Algériens arrivés clandestinement en France survivent en vendant des cigarettes de contrebande dans les quartiers nord de Paris, notamment à Barbès et Clignancourt.

Ces « harragas » considèrent cette activité informelle comme une alternative à la délinquance, face aux difficultés d'accès à l'emploi déclaré et à la précarité économique.

Ils s'organisent en réseaux d'entraide basés sur leurs régions d'origine algérienne, facilitant l'intégration des nouveaux arrivants et le partage d'informations.

Leur situation reste précaire, marquée par la crainte des contrôles policiers, le risque d'expulsion et l'absence de revenus stables pour couvrir leurs besoins quotidiens.

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Dans plusieurs quartiers du nord de Paris, des jeunes Algériens vivent de la vente de cigarettes à la sauvette. Arrivés en France après une traversée irrégulière de la Méditerranée, ils tentent de subvenir à leurs besoins dans un contexte marqué par la précarité économique et le risque d'expulsion.

Selon un reportage publié vendredi 12 juin 2026 par L’Humanité, de nombreux jeunes Algériens présents dans les quartiers de Barbès et de la porte de Clignancourt à Paris exercent une activité informelle consistant à vendre des cigarettes dans la rue.

Ces jeunes sont souvent désignés sous le terme de « harragas », un mot utilisé en arabe dialectal pour désigner les personnes qui franchissent les frontières de manière irrégulière. Le terme fait référence à ceux qui « brûlent » les frontières pour tenter de rejoindre l’Europe.

Parmi eux figure Chemseddine, un jeune homme de 21 ans originaire d’Annaba, la quatrième ville d’Algérie. Il a quitté son pays il y a environ neuf mois et a rejoint l’Europe en passant par la Sicile, en Italie.

Une activité de survie dans l’espace public

À Paris, Chemseddine vend quotidiennement des paquets de cigarettes aux abords du métro Barbès. D’après le témoignage recueilli par L’Humanité, il exerce cette activité du lundi au dimanche.

Les cigarettes proposées sont notamment des paquets surnommés « Marlboro bled », introduits illégalement depuis des pays du Maghreb. Cette activité constitue pour certains vendeurs une source de revenus leur permettant de couvrir leurs dépenses courantes.

Chemseddine explique que cette activité représente aussi une alternative à d’autres formes de délinquance. Il déclare : « Ce travail, c’est aussi une manière de ne pas tomber dans le vol ». Selon le reportage, de nombreux vendeurs considèrent cette activité comme une stratégie de subsistance dans un contexte où l’accès à un emploi déclaré demeure difficile.

Des réseaux d’entraide entre Algériens originaires des mêmes villes

Le reportage décrit également une forme d’organisation entre les vendeurs présents dans certains secteurs du nord parisien. Les personnes originaires d’une même région ou d’une même ville d’Algérie ont tendance à se regrouper dans les mêmes zones.

À Barbès comme à la porte de Clignancourt, ces regroupements facilitent les échanges d’informations et l’entraide entre personnes confrontées à des situations similaires. Chemseddine indique ainsi que plusieurs vendeurs présents autour de lui viennent également d’Annaba. Ces solidarités locales jouent un rôle dans l’installation et le quotidien des nouveaux arrivants.

Selon le reportage, ces réseaux permettent à certains jeunes de trouver un point de chute à leur arrivée en France et de bénéficier d’un soutien de la part de personnes ayant déjà effectué le même parcours migratoire.

Entre précarité économique et crainte des contrôles

La situation de ces vendeurs reste marquée par une forte instabilité. Le reportage évoque notamment les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés ainsi que les contrôles policiers réguliers. Les personnes interrogées vivent souvent dans la crainte d’une interpellation ou d’une mesure d’éloignement du territoire français. À ces contraintes administratives s’ajoutent des conditions de vie difficiles et l’absence de revenus stables.

Pour Chemseddine, le départ d’Algérie est également lié à une histoire familiale. Le jeune homme explique avoir perdu son frère aîné, disparu en mer lors d’une tentative de traversée alors qu’il n’avait que 14 ans. Selon son témoignage, son objectif est aujourd’hui de réunir suffisamment d’argent pour retrouver sa dépouille.

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