Économie

Dépenses militaires : l’Algérie domine la région MENA en part du PIB

Par Belaid Ousmati5 min de lecture
Dépenses militaires : l’Algérie domine la région MENA en part du PIB
Résumé IA

L'Algérie affiche le plus fort poids des dépenses militaires en part du PIB dans la région MENA avec 8,8 %, selon les données 2025 du Stockholm International Peace Research Institute.

Ce classement mesure l'effort militaire relatif à l'économie nationale, non le budget absolu en dollars. L'Arabie saoudite dépense davantage en valeur absolue avec 83,2 milliards de dollars, tandis que l'Algérie consacre 25,4 milliards de dollars, la plaçant au 20e rang mondial.

Le poids élevé des dépenses militaires algériennes s'explique par le vaste territoire, les longues frontières, l'instabilité au Sahel et les tensions régionales avec le Maroc et le Mali autour du Sahara occidental.

Les dépenses militaires incluent les salaires du personnel, les opérations, la maintenance, la recherche et développement, bien au-delà des seuls achats d'armes et équipements.

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L’Algérie affiche le plus fort poids des dépenses militaires dans le produit intérieur brut au sein de la région MENA, selon les données 2025 du Stockholm International Peace Research Institute, reprises par El Khabar. Avec 8,8 % de son PIB consacré au secteur militaire, le pays devance notamment l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït et la Jordanie.

Ce classement ne signifie pas que l’Algérie possède le plus gros budget militaire de la région en valeur absolue. Il montre plutôt l’importance de l’effort militaire dans l’économie nationale.  D’après les données 2025 du SIPRI, l’Algérie consacre 8,8 % de son PIB aux dépenses militaires. Ce niveau la place au deuxième rang mondial derrière l’Ukraine, qui atteint 40 % du PIB en raison de la guerre avec la Russie.

Dans la région MENA, l’Algérie dépasse plusieurs pays engagés dans des politiques de défense importantes. L’Arabie saoudite affiche 6,5 %, Oman 5,7 %, le Koweït 4,7 % et la Jordanie 4,6 %. Le Maroc est sixième avec 3,54 %, suivi de Bahreïn (3,11 %), de la Mauritanie (2,75 %), du Liban (2,51 %), de la Tunisie (2,49 %), de l’Irak (2,45 %) et de l’Égypte (0,61 %).

Un classement à ne pas confondre avec le budget total

La différence entre part du PIB et budget total est centrale. L’Algérie domine la région MENA en poids économique de l’effort militaire, mais elle ne consacre pas le plus gros budget militaire en dollars. En valeur absolue, l’Arabie saoudite reste largement devant avec 83,2 milliards de dollars de dépenses militaires en 2025, tandis que la Turquie atteint 30 milliards de dollars. L’Algérie arrive derrière ces pays avec 25,4 milliards de dollars, ce qui la place au 20e rang mondial des plus grands dépensiers militaires.

Pourquoi les dépenses militaires pèsent autant en Algérie ?

Le poids élevé des dépenses militaires en Algérie s’explique par plusieurs facteurs. Le pays dispose d’un territoire immense, avec de longues frontières terrestres à surveiller. La situation sécuritaire au Sahel, l’instabilité en Libye, les trafics transfrontaliers et la protection des infrastructures stratégiques imposent des moyens militaires importants.

Le contexte militaire régional constitue aussi un élément central. Les relations entre Alger et Rabat et Bamako restent tendues, notamment autour du Sahara occidental, de la fermeture des frontières terrestres et des équilibres militaires en Afrique du Nord. Cette situation alimente une logique de modernisation et de maintien d’un haut niveau de préparation militaire.

L’Algérie cherche également à préserver son autonomie stratégique. Le pays investit dans la défense aérienne, la surveillance des frontières, les capacités terrestres, la marine et la protection de ses sites énergétiques. Dans cette lecture, les dépenses militaires ne sont pas seulement un poste budgétaire : elles traduisent une doctrine de souveraineté.

Ce que recouvrent réellement les dépenses militaires

Le SIPRI rappelle que les dépenses militaires ne se limitent pas aux achats d’armes. Elles incluent les salaires et avantages du personnel militaire, les opérations, la maintenance, les équipements, la construction militaire, la recherche et développement, l’administration centrale, le commandement et le soutien.

Cette définition explique pourquoi les comparaisons peuvent parfois surprendre. Un pays peut afficher un niveau élevé de dépenses militaires sans que cela corresponde uniquement à de nouveaux contrats d’armement. Les coûts de fonctionnement, les effectifs, les infrastructures et la modernisation des capacités entrent aussi dans le calcul.

Pour l’Algérie, cela signifie que les 25,4 milliards de dollars recensés par le SIPRI couvrent l’ensemble de l’effort militaire, et pas uniquement les acquisitions d’équipements.

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