Le baril en net repli
Les prix du pétrole baissent en anticipation d'un accord de paix au Moyen-Orient qui pourrait rouvrir le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite 20% de la production mondiale.
Le président américain a déclaré mercredi qu'un accord avec l'Iran était en voie de conclusion, avec signature prévue dans les prochains jours. Son secrétaire au Trésor a promis une baisse des prix de l'énergie dès ce week-end ou début de semaine prochaine. Les experts tempèrent cependant cet optimisme, soulignant que la réouverture du détroit, le redémarrage des sites pétroliers et la réparation des infrastructures prendront du temps.
Le retrait des Émirats arabes unis de l'Opep pourrait aussi contribuer à la baisse, en libérant ce pays de ses quotas de production et lui permettant d'augmenter ses exportations.
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Le Quotidien d'Oran
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A l'ombre de l'espoir d'un accord qui se dessine ces derniers jours au Moyen-Orient, les prix du baril de pétrole enregistrent une baisse continue, voire accélérée. C'est la logique du marché, la tension géopolitique a été accompagnée par une hausse des prix du baril, dépassant les 100 dollars, et l'apaisement des tensions doit immanquablement faire inverser la courbe des prix.
Mais, faut-il le souligner, il ne s'agit que d'une anticipation d'une fin prochaine de la guerre au Moyen-Orient. L'accord n'a pas encore été signé, et le marché semble suivre les déclarations rassurantes des responsables américains. C'est le président américain qui a soutenu, mercredi dernier, qu'un très bon accord est en voie de conclusion pour mettre fin à la guerre avec l'Iran. Selon lui, la finalisation des documents de cet accord, qui permettrait la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transitent près de 20% de la production pétrolière mondiale en temps normal, devrait intervenir dans les prochains jours, et aboutir à une signature.
Son secrétaire au Trésor en a rajouté une couche, hier, en rassurant les Américains à propos d'une baisse des prix de l'énergie, le plus tôt possible, ce week-end ou au début de la semaine prochaine, a-t-il soutenu. Tout en affirmant que l'approvisionnement mondial en énergie restait solide malgré les récentes perturbations. En somme, pas de quoi s'inquiéter pour les Américains, l'économie américaine est solide, l'emploi dans le secteur privé est en croissance et les pressions inflationnistes en recul, parallèlement à la stabilisation des coûts de l'énergie, selon le même responsable.
Qui pourrait parmi les traders et les spéculateurs miser sur une hausse des prix du baril la semaine prochaine dans le sillage de ces déclarations ? Pourtant, la situation ne se présente pas de la même façon que ce qui est brossé par les responsables américains. L'avis des experts contredit en partie ces déclarations rassurantes. Ce n'est pas comme on appuie sur un interrupteur, ironise-t-on. Car, il y aura lieu de rouvrir à la navigation le détroit d'Ormuz, relancer la production dans les sites pétroliers à l'arrêt et réparer les infrastructures énergétiques endommagées. La baisse immédiate du prix du baril sera beaucoup plus le fait des déclarations influentes des responsables américains et ne justifiera en aucun cas la réalité du marché, dont l'approvisionnement sera perturbé même après la signature d'un accord.
L'autre paramètre qui plaide pour la baisse, et sur lequel compte les Américains (sans le dire à haute voix), reste ce retrait des Emirats Arabes Unis de l'Opep et l'excédent de production qui pourrait se combiner à d'autres facteurs, notamment l'ouverture récente des vannes par le cartel. Ce pays aura les mains libres pour inonder le marché pétrolier sans s'astreindre à la politique des quotas adoptée par l'organisation pour équilibrer l'offre et la demande sur le marché, en vue de garantir une stabilisation des prix du baril. Bien que les contrats à terme suggèrent une anticipation de baisse, l'Algérie, en tant que pays exportateur, surveille de près ces fluctuations.