France : un rapport choquant sur l’accord de 1968 stigmatise les Algériens

Un rapport parlementaire rédigé par les députés macronistes Mathieu Lefèvre et Charles Rodwell affirme que l’accord franco-algérien de 1968 coûterait à la France environ 2 milliards d’euros par an, tout en concédant que l’estimation est imprécise faute de données. Les auteurs appellent à dénoncer l’accord et présentent les Algériens et Franco-Algériens comme un fardeau financier, alimentant une opinion hostile et des débats sur l’Algérophobie. À gauche, Sabrina Sebaihi dénonce le document comme raciste et rappelle les contributions des immigrés (notamment 15.000 médecins et un coût du logement social estimé à 1,55 milliard d’euros), tandis que David Guiraud affirme que le rapport repose sur des chiffres approximatifs destinés à saboter les relations avec l’Algérie.
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En France, la course à la stigmatisation des immigrés algériens et même des Français d’origine algérienne est relancée avec un rapport parlementaire sur l’accord franco-algérien de 1968, établi par deux députés macronistes, Mathieu Lefèvre et Charles Rodwell.
Le document dévoilé mercredi, largement repris par les médias français notamment ceux d’extrême-droite, comprend deux éléments majeurs : le coût supposé de cet accord pour la France ainsi qu’un appel à sa dénonciation.
Dans leur rapport, les deux parlementaires affirment que l’accord de 1968 coûte annuellement à la France 2 milliards d’euros, mais ils reconnaissent que « l’estimation de ces surcoûts pour les finances publiques est imprécise » en raison de « l’absence voire de la rétention de données ».
Les Franco-Algériens réduits à un simple chiffre
Mathieu Lefèvre, qui a été nommé dimanche ministre délégué à la Transition écologique dans le gouvernement Lecornu II, et Charles Rodwell, affirment aussi que l’accord franco-algérien de 1968 « crée une rupture d’égalité qui fragilise notre ordre juridique et entraîne un surcoût important pour nos finances publiques ». Ils appellent à sa dénonciation, tout en présentant les ressortissants algériens ainsi que les Franco-Algériens comme un fardeau financier pour la France. Ce qui alimente l’algérophobie ambiante dans ce pays.
Sans se pencher sur le traitement choquant réservé aux ressortissants algériens et les Franco-algériens réduits à un simple chiffre dans ce rapport malgré leur immense apport à la France, le rapport de ces députés est saisi au vol par les médias et les personnalités hostiles à l’Algérie pour appeler, une nouvelle fois, à sa dénonciation.
À gauche, le rapport a provoqué un tollé. La députée écologiste d’origine algérienne Sabrina Sebaihi a dénoncé un « rapport raciste » qui stigmatise les ressortissants algériens et les Français d’origine algérienne.
L’apport des immigrés algériens occulté
« Concernant les retraités algériens que vous présentez comme un surcoût, est ce que vous proposez de ne plus verser de pensions malgré le fait qu’ils aient cotisé et fait le choix de vivre en France ? », a-t-elle interrogé lors de la présentation du rapport par le député Charles Rodwell en commission parlementaire.
La député EELV a poursuivi en soulevant un point important lié aux immigrés algériens et au logement social en France.
« Concernant les immigrés et le logement social, il est écrit dans le rapport qu’il est possible d’estimer à 1,55 milliard d’euros le coût du logement social qui bénéficie aux immigrés et descendants d’immigrés algériens, donc nous parlons de Français. Vous comptabilisez le coût du logement social y compris pour des Français, c’est bien cela qui est écrit dans votre rapport », a-t-elle dénoncé.
Poursuivant son réquisitoire, Sabrina Sebaihi a déploré l’absence dans ce rapport de « l’apport des Algériens que ce soit dans la reconstruction quand vous aviez besoin d’ouvriers, que ce soit les 15.000 médecins qui font tenir l’hôpital public en France ».
« Tout cela n’est abordé dans votre rapport que vous présentez de manière négative et péjorative », a critiqué Sabrina Sebaihi.
Un rapport pour « saboter » les relations franco-algériennes
Pour le député de La France Insoumise (LFI) David Guiraud, ce rapport sur le coût de l’accord de 1968 pour la France contribue à « saboter nos relations avec les Algériens, sur la base de chiffres approximatifs voire franchement faux, et dont la finalité sera d’alimenter la détestation des algériens dans les médias ».
Le parlementaire du parti de Jean-Luc Mélenchon reproche aux auteurs du rapport d’offrir un chiffre de deux milliards qui « n’est pas étayé » de l’aveu même des deux parlementaires, pour « alimenter les bandeaux des médias d’extrême droite »