Iran, Israël, États-Unis : pourquoi le Maroc doit revoir ses calculs

Le Maroc doit reconsidérer sa stratégie géopolitique face aux tensions croissantes entre l'Iran, Israël et les États-Unis au Moyen-Orient, qui démontrent les limites de ses alliances.
Depuis la normalisation de ses relations avec Israël en 2020, le Maroc s'est enhardi et a intensifié ses provocations envers l'Algérie, considérant l'Iran comme son ennemi principal plutôt qu'Israël, en échange de la reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara occidental.
Les récents conflits au Moyen-Orient ont révélé que les alliés du Golfe, malgré leurs bases militaires américaines, ont dû affronter seuls les missiles iraniens, tandis que les États-Unis et Israël n'ont pas fourni le soutien attendu.
L'Iran s'affirme comme une véritable puissance régionale capable de négocier d'égal à égal avec Washington, ce qui constitue une désillusion majeure pour Rabat qui misait sur la supériorité militaire de ses alliés.
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TSA Algérie
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Le Maroc doit-il remettre les pieds sur terre au vu de ce qui se passe depuis fin février dernier au Moyen-Orient, précisément entre l’Iran, Israël, les États-Unis et l’ensemble des pays de la région ?
Des pays bien plus proches des États-Unis et d’Israël se sont retrouvés contraints de faire face, seuls, aux missiles et drones iraniens alors qu’ils abritent sur leur territoire des bases militaires américaines.
Le Maroc enhardi par les accords d’Abraham
Le royaume s’est enhardi depuis la normalisation de ses relations avec Israël en 2020 sous l’égide du président américain Donald Trump.
En contrepartie, il avait obtenu la reconnaissance par Washington de sa prétendue « souveraineté » sur le Sahara occidental occupé et, accessoirement, un sentiment trompeur de toute-puissance et d’impunité qui l’a mené à faire chanter des pays européens, comme l’Espagne et la France, qu’il a fait céder sur cette même question du Sahara occidental.
Dans le même temps, le Maroc a bombé le torse face au voisin algérien, désigné avec l’Iran comme l’« ennemi » du royaume, et non pas Israël qui continue de spolier la terre de Palestine et les droits de ses habitants.
Les services marocains ont entrepris ces dernières années de manipuler l’opinion publique locale et de la monter contre l’Algérie. Comme le montre cette récente vidéo de l’influenceur marocain Fayçal Marjani qui soutient que la Palestine n’est pas sa « cause ». « C’est tout simplement la vérité, la Palestine n’est pas ma cause. » « Non, a-t-il ajouté, Israël n’est pas un ennemi pour nous, pour moi, notre ennemi c’est l’Iran et l’Algérie. »
Pour Rabat, l’« ennemi » c’est l’Algérie et non Israël
Un tel discours est en vogue parmi les relais du palais royal et des services marocains pour justifier la grave compromission et le silence de Mohammed VI, prétendument « président du comité Al-Qods », devant le génocide israélien à Gaza, ses attaques contre les pays de la région et ses violations répétées de la mosquée d’Al-Aqsa.
Dans sa communication officielle, le régime de Rabat avait motivé le choix de la normalisation par « l’intérêt national ».
Outre le soutien obtenu pour son fait accompli colonial au Sahara occidental, le Maroc a aussi fait un mauvais calcul : brandir le soutien militaire israélien pour amener l’Algérie à abandonner sa position de principe dans le dossier sahraoui.
Il y a, en effet, un fait qui n’échappe à personne : le Maroc est monté de plusieurs crans dans ses provocations à l’égard de l’Algérie après les accords d’Abraham. Ce comportement est celui d’un État qui se croit tout permis, car « protégé » par une grande puissance.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février dernier par Israël et les États-Unis contre l’Iran, a démontré qu’il s’agit plus d’une illusion qu’autre chose.
Le conflit a pris, en effet, des tournures inattendues qui ont faussé les calculs de tous ceux qui comptaient sur le double parapluie américain et israélien. Tous les États du Golfe se sont retrouvés sous les missiles et les drones de l’Iran et ils ont dû faire face à la menace par leurs propres moyens de défense.
La situation a même tourné au paradoxe : les armées du Golfe ont dû protéger à leur corps défendant les bases américaines dont la mission sur place est supposée être de servir de bouclier pour ces pays contre la même menace iranienne.
Les Émirats paient l’Iran pour éviter les bombardements
Les États-Unis, et encore moins Israël, n’ont pas fait d’action d’éclat pour voler à leur secours. Une information de l’agence Reuters a même fait l’effet d’une bombe : les Émirats arabes unis, l’autre grand allié arabe d’Israël avec le Maroc, ont dû payer l’Iran au comptant pour ne plus être bombardés.
Trois milliards de dollars, a précisé l’agence britannique. Abou Dhabi a évidemment démenti, mais cela ne change rien au fait que le pays doit se débrouiller tout seul face à l’Iran, que ce soit en payant ou par d’autres moyens.
Pour le Maroc, c’est une grosse désillusion de découvrir que son allié israélien n’a pas la puissance de feu nécessaire pour protéger déjà son propre territoire. Même avec l’intervention directe des unités et des flottes américaines ainsi que des armées de la région qui ont intercepté les missiles et drones iraniens, un grand nombre de tirs ont touché des villes israéliennes et ont fait des dégâts considérables.
L’autre désillusion pour Rabat concerne l’Iran. Ce pays, que les Marocains se sont empressés de classer comme « ennemi », s’avère être une véritable puissance régionale qui sait se défendre et qui négocie d’égal à égal avec la première puissance mondiale.
Les observateurs annoncent d’ores et déjà la très mauvaise nouvelle pour le Maroc : un accord est très probable avec Washington et l’Iran sera appelé à jouer un rôle important dans la future géopolitique régionale.
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