Un imam expulsé vers l’Algérie après 30 ans en France : la justice tranche

Le tribunal administratif de Paris a rejeté mardi 9 juin 2026 la requête en annulation de l'expulsion de Mohamed Tataïat, ex-imam de la mosquée d'Empalot à Toulouse, vers l'Algérie après plus de trente ans en France.
L'expulsion découle d'un prêche de décembre 2017 jugé antisémite, pour lequel l'imam avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 30 000 euros de dommages et intérêts.
Les juges ont estimé que les propos constituaient une provocation à la discrimination et à la haine, et que Tataïat conservait des attaches familiales en Algérie malgré la présence de ses enfants et petits-enfants en France.
Ses avocats envisagent un recours devant le Conseil d'État et rappellent qu'une procédure est toujours examinée par la Cour européenne des droits de l'homme, bien que le retour de l'ancien imam en France apparaisse désormais très incertain.
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Expulsé vers l’Algérie après plus de trente ans passés en France, Mohamed Tataïat, ex-imam, ne pourra pas revenir à Toulouse dans l’immédiat. Le tribunal administratif de Paris a rejeté la requête en annulation déposée par les avocats de l’ancien imam de la grande mosquée d’Empalot.
La décision a été rendue mardi 9 juin 2026. Elle confirme, sur le fond, l’arrêté d’expulsion pris le 5 avril 2024 par le ministère de l’Intérieur. Mohamed Tataïat avait été interpellé à Toulouse avant d’être renvoyé vers l’Algérie, pays dont il est originaire. Depuis, ses avocats contestent une mesure qu’ils jugent disproportionnée.
Expulsé vers l’Algérie après un prêche controversé
L’affaire trouve son origine dans un prêche prononcé en décembre 2017 à la mosquée El Nour d’Empalot, à Toulouse. Cette intervention, diffusée sur YouTube, avait été signalée puis examinée par la justice. Une partie des propos avait été jugée antisémite par la cour d’appel de Toulouse.
Mohamed Tataïat avait ensuite été condamné à quatre mois de prison avec sursis et à environ 30'000 euros de dommages et intérêts. Cette condamnation, devenue définitive après le rejet de son pourvoi en cassation, a pesé lourd dans la décision du ministère de l’Intérieur d’ordonner son expulsion.
Pour le tribunal administratif de Paris, les propos reprochés constituent des actes de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers des groupes de personnes. Les juges ont aussi estimé que l’ancien imam n’était pas privé de toute attache familiale en Algérie, même si ses enfants majeurs vivent en France.
Les avocats dénoncent une décision sévère
La défense de Mohamed Tataïat conteste cette lecture. Me Vincent Brenghart, l’un de ses avocats, regrette que la justice n’ait pas davantage pris en compte l’absence de trouble à l’ordre public au moment où l’arrêté d’expulsion a été pris.
Selon ses conseils, l’ancien imam a vécu plus de trente ans en France, où résident ses enfants et ses petits-enfants. Ils soulignent aussi que le prêche de 2017 avait donné lieu à des appréciations judiciaires différentes avant la condamnation définitive.
Les avocats envisagent désormais un recours devant le Conseil d’État. Ils rappellent également qu’une procédure liée à la condamnation pénale de Mohamed Tataïat est toujours examinée par la Cour européenne des droits de l’homme.
Un retour en France de plus en plus incertain
Avec ce rejet, les chances de retour de Mohamed Tataïat en France s’amenuisent. L’ancien imam reste loin de la France depuis avril 2024, tandis que sa famille demeure à Toulouse. Cette affaire illustre la fermeté croissante des autorités françaises dans certains dossiers d’expulsion liés à l’ordre public.
Le dossier n’est toutefois pas totalement clos. Un nouveau recours pourrait encore être déposé devant la plus haute juridiction administrative française. Mais après plus de deux ans loin de Toulouse, l’avenir judiciaire de Mohamed Tataïat apparaît désormais très incertain.