La mue de la morphologie parlementaire
Les élections législatives de 2026 en Algérie attirent une nouvelle génération de candidats, notamment des jeunes issus des assemblées locales qui aspirent à accéder au Parlement national.
L'Autorité nationale indépendante des élections a opéré un filtrage salutaire en écartant la majorité des caciques et des figures établies, ouvrant ainsi la voie à cette nouvelle génération perçue comme saine et exempte de soupçons.
Cependant, la campagne électorale se déroule principalement sur les réseaux sociaux, certains candidats affichant des promesses ambitieuses sans toujours comprendre le rôle limité du député dans le système politique.
Cette transformation devrait marquer une mutation significative de la morphologie parlementaire algérienne, bien que le succès dépendra de la capacité de ces nouveaux élus à s'adapter aux réalités du travail législatif.
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Le Quotidien d'Oran
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L'édition 2026 pour les élections législatives a suscité énormément d'engouement auprès d'une nouvelle génération qui n'a pas manqué de postuler, sans effacer sa candidature.
Même la coupe du monde en cette édition a vu la levée de rideau pour Curaçao, une minuscule île caribéenne et sa tombée pour des légendes comme l'Italie et le Nigeria entre autres. C'est dire que tout est possible et que toute nouveauté n'est qu'espoir.
Des jeunes des deux sexes viennent de remplir les cases des candidatures dans tous les partis en lice. Si quelques uns viennent ainsi faire leur premier baptême dans la représentativité, d'autres plus nombreux sont encore sous mandat électif local. Membres d'Assemblées populaires de wilaya ou de communes; ils aspirent à grimper d'échelle comme on l'aurait fait dans une hiérarchie d'une carrière administrative. Seulement si discuter d'un ( PCD)plan communal de développement, délibérer sur le prix de location du marché de la ville ou approuver un budget de wilaya ou de mairie est une chose qui peut s'apprendre sur le tas et sans incidences ; légiférer et engager le devenir de la république, examiner et commenter l'orthodoxie des lois de finances, approuver le budget général de l'Etat est entièrement autre chose. C'est du consistant. C'est d'un pouvoir constitutionnel, fondateur de l'Etat dont il s'agit.
On commence à voir le portrait de certains de ces candidats pleinement serti de diplômes avec un CV parfois euphorique au moment où la plupart se trouvent ou dans l'oisiveté professionnelle ou dans des emplois précaires. Comme si, le siège parlementaire convoité est une issue assurée vers la félicité et l'Assemblée nationale, prise pour une agence nationale d'emploi.
L'inédit fantastique dans cette opération reste le filtrage salutaire exercé par l'Autorité nationale indépendante des élections et fortement salué par l'opinion publique. Les têtes éternelles, les caciques, les équilibristes ont été en grande majorité étêtés. Ce travail, une première en somme, a été perçu telle une œuvre de haute salubrité politique. Il a ouvert, en conséquence, une voie royale au profit justement de cette nouvelle couvée juvénile, saine et indemne de tout soupçon. L'on doit bien un jour où l'autre, tel un oisillon, commencer à savoir voler pour envahir le firmament.
Cependant la campagne s'absente du terrain pour se faire sur les écrans des Smartphones. Certains étalent déjà des promesses, des actions et des objectifs. D'autres se clouent le cou d'une cravate galvanisée et le buste d'un costume synthétique. Alors que le député n'est qu'une voix, pas un instrument ou encore un mannequin gouvernemental. Une courroie de transmission verticale, pas un décideur. Il ne peut cogiter un programme que dans le carré de son parti.
Ainsi l'on s'attend, sans doute à une mue dans la morphologie parlementaire.