Iran/Etats-Unis: Israël tente de saboter l'accord
Israël intensifie ses frappes aériennes sur Beyrouth et le sud du Liban, ce qui menace de saboter les négociations en cours entre l'Iran et les États-Unis.
Le bombardement d'un immeuble de cinq étages dans le quartier de Ghobeiri a fait entre un et trois morts et plusieurs blessés selon les sources, provoquant des réactions officielles de Téhéran qui accuse Washington de complicité.
Le président du Parlement iranien a déclaré que l'absence de volonté américaine à contrôler Israël rendrait impossible la poursuite des pourparlers de paix, tandis qu'un commandant militaire iranien a promis que ces frappes ne resteraient pas impunies.
Le Hezbollah poursuit ses attaques contre les positions israéliennes au sud du Liban, interceptant des drones et ciblant des concentrations de troupes avec des missiles et des drones kamikazes.
Le Liban a porté plainte auprès de l'ONU contre Israël pour pulvérisation de glyphosate sur des villages frontaliers et pour avoir tué trois soldats libanais, affirmant que ces actes compromettent les négociations de cessez-le-feu.
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Le Quotidien d'Oran
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Dimanche, 107e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Dans une tentative claire de saboter l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis avant sa signature, Israël a encore une fois bombardé la banlieue sud de Beyrouth.
L'attaque israélienne, qui a visé un immeuble de 5 étages dans le quartier de Ghobeiri, a fait au moins un martyr et 4 blessés, selon un bilan provisoire rapporté par les médias libanais. Mais rapidement, un second bilan rapporté par Al Mayadeen fait état de 3 martyrs et 6 blessés. De son côté, Al Jazeera English (AJE) annonce 15 blessés.
Après l'attaque, dont de nombreuses images terrifiantes ont circulé sur les réseaux sociaux, les regards se sont systématiquement dirigés vers Téhéran qui a promis qu'il réagirait militairement à chaque fois que la Dahiya de Beyrouth est ciblée par l'entité sioniste.
Moins d'une heure suivant l'attaque, plusieurs réactions de responsables ont été enregistrées. La première réaction était celle du président du Parlement iranien et chef de la délégation des pourparlers de paix à Islamabad, Muhammad Baqir Ghalibaf qui, dans une déclaration sur X, a laissé entendre que l'absence de volonté ou l'incapacité des Etats-Unis à assumer leurs engagements pourrait mettre fin au processus de signature de l'accord, allant même jusqu'à suggérer que Washington a «donné son feu vert» à Israël pour mener cette frappe.
«L'attaque des sionistes dans le sud de Beyrouth a une fois de plus démontré que les États-Unis manquent soit de volonté, soit de capacité pour mettre en œuvre leurs engagements. En donnant le feu vert au régime (israélien), vous ne pouvez pas obtenir de concessions. Le jeu du bon flic et du mauvais flic est dépassé», écrit Ghalibaf. Et d'ajouter, toujours en s'adressant aux Américains: «Si vous n'avez ni la volonté ni la capacité d'exécuter vos engagements, il est impossible de parler de poursuite du chemin». Ebrahim Rezaei, porte-parole parlementaire de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère, a déclaré: «Même si nous souhaitons un accord ou une entente, le seul moyen d'y parvenir est de contraindre Israël à la discipline. Si Israël n'est pas maîtrisé, tout accord nous nuira immédiatement après sa signature».
Mais la plus menaçante des réactions est venue d'un commandant du quartier général central de Khatam al-Anbiya, Sardar Asadi, qui a déclaré que les frappes aériennes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth entraîneront des représailles. « Il ne fait aucun doute que ces crimes ne resteront pas impunis », a déclaré Asadi, selon l'agence de presse iranienne Mizan.
Jusqu'à hier 15h (GMT+1), aucune réaction américaine officielle n'a été enregistrée. Cependant, le site d'information Axios, citant des responsables américains et israéliens, a rapporté qu'Israël avait informé le Commandement central américain (CENTCOM) avant de mener la frappe sur la banlieue sud de Beyrouth.
La chaîne 15 israélienne évoque un «niveau d'alerte relevé par crainte de tirs de missiles iraniens».
La riposte du Hezbollah : Avant et après l'attaque de la Dahiya de Beyrouth
La résistance libanaise n'a pas cessé ses attaques aux drones et aux missiles ciblant les positions de l'armée sioniste au Sud-Liban et dans le nord de la Palestine occupée. Les combattants du Hezbollah ont même déjoué, vendredi, une tentative de l'armée d'occupation de se redéployer sur des positions avancées. La résistance a ciblé les forces d'occupation à Majdal Zoun. Lors d'un direct, la chaine Al Manar a montré des images de fumée noire suite à l'attaque du Hezbollah, suivies de tirs de dizaines d'obus au phosphore par l'armée sioniste créant un écran de fumée blanche pour tenter d'évacuer ses blessés de la zone visée.
Auparavant, le Hezbollah avait annoncé avoir «intercepté un drone Hermes israélien ciblé avec un missile sol-air au-dessus de la région de Sidon, au sud du Liban», ainsi qu'une «attaque contre des troupes ennemis avec un drone dans la ville de Qantara» et le lancement d'un «missile lourd» sur une «position d'artillerie» de l'armée d'occupation «nouvellement établie dans la ville d'Adaysseh». Le parti a ajouté avoir bombardé un rassemblement de véhicules et de soldats de l'armée israélienne à Tell al-Sal'a, dans la ville de Qantara, au sud du Liban. L'armée israélienne a déclaré que le Hezbollah avait tiré trois projectiles vers des villes du nord d'Israël.
Dans la nuit de vendredi à samedi, les combattants du Hezbollah ont affronté les forces israéliennes qui tentaient d'infiltrer des zones du sud du Liban, ciblant des concentrations de troupes et de véhicules intrusifs par des tirs de roquettes et de drones kamikazes, affirme une déclaration du mouvement sur Telegram.
Le Liban porte plainte contre Israël pour pulvérisation du glyphosate
Le ministère des Affaires étrangères du Liban a porté plainte contre l'entité sioniste devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour avoir pulvérisé un herbicide chimique comme arme de guerre et d'avoir tué trois soldats libanais lors d'incidents distincts, ajoutant que ces attaques compromettent les négociations de cessez-le-feu menées sous l'égide des États-Unis à Washington, a rapporté AJE.
Le Liban affirme que les forces israéliennes ont pulvérisé du glyphosate sur plusieurs villages frontaliers du sud le 1er février. Des échantillons de sol prélevés à Aïta al-Chaab, Ras al-Naqoura et al-Dhaira ont révélé des concentrations de cet herbicide atteignant 22,750 microgrammes par gramme, soit des milliers de fois supérieures aux niveaux agricoles habituels, d'après un rapport scientifique cité par le ministère des Affaires étrangères.
Dans une seconde plainte, le Liban indique que l'armée israélienne a attaqué un véhicule militaire libanais sur la route Kfar Tebnit-Al-Khardali le 6 juin, tuant un général de brigade, un capitaine et un soldat. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que ces attaques compromettent directement les négociations menées sous l'égide de Washington entre le Liban et Israël.