Toyota et Hyundai en Algérie : les deux marques passent à l’offensive

Toyota et Hyundai intensifient leurs prospections en Algérie pour identifier des partenaires industriels locaux capables de renforcer leurs chaînes d'approvisionnement.
Une délégation Toyota visite cette semaine plusieurs régions algériennes pour évaluer les compétences locales dans les composants mécaniques, faisceaux électriques, plasturgie et autres segments clés de l'automobile.
Hyundai a également envoyé ses équipes en Algérie pour repérer des fournisseurs répondant aux standards internationaux de qualité, traçabilité et compétitivité.
L'Algérie dispose d'environ 200 entreprises industrielles potentielles, dont près de 100 PME en cours d'homologation, avec l'usine Fiat d'Oran servant déjà de modèle avec 20 % d'intégration locale en 2025.
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L’industrie automobile algérienne attire de nouveau les grands constructeurs. Après Fiat, déjà installé à Oran, Toyota et Hyundai multiplient les signaux d’intérêt pour identifier des partenaires industriels locaux capables d’accompagner leurs futurs projets.
L’Algérie veut augmenter le taux d’intégration locale, structurer une véritable filière de sous-traitance et réduire sa dépendance aux importations automobiles.
Toyota prospecte le tissu industriel algérien
Une délégation de la marque Toyota, composée notamment de responsables techniques, effectue cette semaine une tournée de prospection en Algérie. Le groupe japonais doit visiter plusieurs régions, de l’Est au Centre, avant de poursuivre vers l’Ouest du pays en fin de semaine.
Objectif : repérer des entreprises algériennes capables d’intégrer ses futures chaînes d’approvisionnement. Toyota cherche donc à évaluer les compétences locales dans des segments sensibles de l’industrie automobile : composants mécaniques, faisceaux électriques, plasturgie, métallurgie, lubrifiants, pièces de rechange ou encore emboutissage.
Pour Rachid Bekhchi, président de la Bourse de sous-traitance et de partenariat de l’Ouest (BSTPO), cette démarche confirme "une dynamique de rapprochement entre les constructeurs internationaux et le tissu industriel algérien", indique-t-il à l'Algérie Aujourd'hui.
Hyundai a déjà envoyé ses équipes en Algérie
Toyota n’est pas seul à sonder le marché algérien. Selon Rachid Bekhchi, des responsables de Hyundai ont mené une mission similaire ces derniers jours. Le constructeur sud-coréen cherche lui aussi à identifier des partenaires industriels capables de répondre aux standards exigés par les grandes marques mondiales.
Ces standards portent notamment sur la qualité, la traçabilité, les délais, la compétitivité et la capacité à produire de façon régulière. Pour les entreprises algériennes, l’enjeu est donc clair : obtenir une homologation et devenir des fournisseurs crédibles pour les constructeurs internationaux.
Une délégation allemande, accompagnée par les Chambres de commerce et d’industrie allemandes à l’étranger (AHK), est également attendue à la fin du mois de juin. Elle doit rencontrer des industriels algériens et visiter plusieurs sites de production.
L’Algérie mise sur 200 entreprises industrielles
Le potentiel existe déjà. Selon Rachid Bekhchi, l’Algérie dispose d’environ 200 entreprises industrielles capables d’intervenir dans la sous-traitance automobile. Parmi elles, près de 100 PME sont en cours d’homologation à travers le pays.
À Oran, l’usine Fiat de Stellantis sert déjà de laboratoire industriel. Trente PME y sont homologuées et 26 partenaires travaillent directement avec le constructeur. L’usine a atteint 20 % d’intégration locale en 2025 et vise 30 % cette année, avec un objectif porté à 35 %.
Le gouvernement algérien fixe, lui, un cap plus large : atteindre 40 % d’intégration locale pour produire 300 000 véhicules. Avec 40 fabricants de pièces de rechange déjà opérationnels et plus de 100 acteurs réunis lors du Salon Mechanica, la filière automobile prend forme.
Pour Toyota, Hyundai et d’autres constructeurs, l’Algérie apparaît désormais comme un marché à surveiller. Pour les industriels locaux, c’est une opportunité rare : passer du statut de simples fournisseurs nationaux à celui de partenaires intégrés aux chaînes de valeur automobiles internationales.