Crise France – Algérie : le geste de Paris envers Alger

Paris a posé un premier geste d’apaisement envers Alger en faisant accompagner l’ambassadeur Stéphane Romatet lors des commémorations du 64e anniversaire du massacre du 17 octobre 1961 à Paris, signe d’un début de dégel dans la crise bilatérale. Ce geste intervient après le rappel de Romatet et l’expulsion par l’Algérie de 12 agents français, suite à l’arrestation d’un agent algérien à Paris. Parallèlement, le nouveau ministre de l’Intérieur Laurent Nunez adopte une posture plus mesurée sur les questions migratoires, refusant la thèse de la « submersion migratoire » tout en restant ferme sur l’immigration clandestine et en appelant au dialogue et au respect des valeurs républicaines.
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TSA Algérie
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Il s’agit d’un premier signe en faveur d’un dégel des relations franco-algériennes depuis plusieurs mois. Quelques jours après le départ de Bruno Retailleau du ministère de l’Intérieur, Paris a posé un premier geste d’apaisement envers Alger.
Dans un contexte de grave crise entre les deux pays, l’Elysée a demandé à l’ambassadeur de France à Alger Stéphane Romatet d’assister ce vendredi à Paris aux commémorations du 64e anniversaire du massacre du 17 octobre, a appris TSA de source diplomatique.
« Dépasser la crise actuelle »
Le 15 avril, M. Romatet a été rappelé pour consultations par le président français Emmanuel Macron en riposte à la décision de l’Algérie d’expulser 12 agents de l’ambassade et des consulats de France en Algérie, prise à la suite de l’arrestation d’un agent consulaire algérien à Paris une semaine auparavant.
Depuis, il est toujours à Paris où il a assisté à la demande de l’Elysée, ce vendredi, aux commémorations du 64e anniversaire du massage 17 octobre 1961. La cérémonie a eu lieu au bord de la Seine près du pont de Saint-Michel au cœur de Paris.
Derrière cette participation, Paris affiche une double volonté de « ne pas oublier cet épisode sombre » de l’histoire des deux pays, et de « faire un geste pour dépasser la crise bilatérale », explique la même source diplomatique.
En plus de la participation de Stéphane Romatet à la cérémonie commémorative du massacre du 17 octobre 1961, le nouveau ministre de l’Intérieur Laurent Nunez semble avoir pris ses distances avec le style belliqueux envers l’Algérie de son prédécesseur Bruno Retailleau.
Laurent Nunez refuse de parler de submersion migratoire
Nommé dimanche au gouvernement Lecornu II, l’ancien préfet de Police de Paris à eu l’occasion de s’exprimer, à deux reprises, sur la crise avec l’Algérie.
« Actuellement dans les centres de rétention administratifs, nous avons 40% d’Algériens que nous avons du mal à reconduire. C’est un sujet que je vais regarder de très près. C’est l’une de mes préoccupations les plus fortes », a-t-il dit sur BFMTV mercredi 15 octobre. Laurent Nunez reste toutefois mesuré quand il évoque la question migratoire.
Tout en annonçant qu’il sera intraitable avec les migrants clandestins, il a refusé d’exagérer le phénomène migratoire en France et de parler de submersion migratoire : « (…) je suis un homme de concorde et de dialogue. Il faut que tout le monde respecte les valeurs de la république. Il ne faut pas qu’on donne l’impression que l’altérité et l’autre nous posent un problème ».