Société

Davy Crockett ne passera pas !

Par par Sid Lakhdar Boumediene5 min de lecture
Brifa
Résumé IA

Le chroniqueur critique la revendication de Donald Trump sur les territoires mexicains en la contextualisant avec l'histoire de la Coupe du monde de football 2026 en Amérique du Nord.

L'auteur rappelle que la Californie, le Texas, le Nouveau-Mexique et d'autres États américains appartenaient au Mexique avant 1848, date de leur cession aux États-Unis suite à une défaite militaire.

L'équipe mexicaine jouera plusieurs matchs dans des villes historiquement mexicaines comme Los Angeles, Houston et Dallas, ce qui constitue pratiquement des matchs à domicile.

Le titre évoque Davy Crockett, figure légendaire de la conquête du Texas, dont Trump semble vouloir reproduire l'expansionnisme en revendiquant l'intégralité du Mexique.

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Le Quotidien d'Oran

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Cela ne vous dit rien, une coupe du monde de football partagée dans les trois pays Nord-Américains ? Mais bien sûr, la fameuse carte de notre ami Donald Trump couvrant les trois pays du drapeau américain. Dans son fantasme, ce dernier de la classe en tout ne connaît pas l'histoire américaine. En fait, le Mexique ne joue pas à l'extérieur lorsque les matchs sont programmés aux États-Unis mais joue à domicile. Dans la revendication territoriale de Donald Trump, il y a une erreur, l'Amérique était en grande partie mexicaine dans ses frontières sud. Je n'apprends rien au lecteur mais il est utile que nous nous rappelions de cette histoire, l'occasion en est trouvée avec cette coupe du monde transfrontalière.

Ces territoires avaient été sous souveraineté espagnole avant de devenir mexicains puis rétrocédés aux États-Unis suite à la défaite de 1848. Je me suis amusé à recenser toutes les villes assez importantes des États-Unis sous souveraineté mexicaine avant la défaite de l'armée mexicaine. C'est assez édifiant, la Californie, le Nouveau-Mexique, le Texas, l'Arizona, le Nevada, l'Utah et le Wyoming (en partie pour ces deux derniers). Et comme vous pourrez le constater de nouveau sur une carte, ce sont d'immenses territoires.

Voilà pourquoi nous étions assez surpris d'entendre des mots et de noter des attitudes hispaniques dans le célèbre épisode de TV, Zoro, que notre jeunesse associait à l'Amérique. Nous saurons plus tard que Los Angeles et San Francisco, pour exemples des plus connues, étaient la traduction de la cité « des anges » pour la première et « Saint François » pour la seconde.

Puis si nous regardons les villes américaines où jouerait éventuellement (pléonasme) l'équipe du Mexique si elle parvient aux phases du second tour, nous retrouvons justement Los Angeles, Houston et Dallas en cas d'une 2e place au classement du groupe A. Voilà pourquoi je dis que l'équipe mexicaine joue presque tous ses matchs à domicile si nous tenons compte de ceux au Mexique.

Que fait donc Davy Crockett dans le titre de ma chronique ? Ancien chasseur et trappeur (tout le monde se souvient de sa célèbre toque en fourrure) il devient le représentant du Tennessee au Congrès américain. Après ses échecs militants contre certaines décisions politiques, il s'installe au Texas pour rejoindre la communauté des colons américains en territoire mexicain. Il devient alors célèbre pour son action en faveur de la revendication de l'indépendance du Texas. Connu pour ses anciens combats contre les Indiens, il devient en cette seconde circonstance un héros par le très connu épisode de la défense du fort Alamo. Voilà encore un personnage légendaire de nos bandes dessinées et au cinéma.

Devenu indépendant en 1836, le Texas revendique un territoire allant jusqu'au Rio Grande. C'est cette dispute qui entraîna la guerre américano-mexicaine qui se termine en 1848 par la défaite de l'armée mexicaine. Ainsi, Alamo deviendra dans l'histoire le symbole de la révolte texane contre le Mexique et le Rio Grande celui du conflit de la limite territoriale.

Aujourd'hui Donald Trump ne revendique pas seulement la partie nord du Mexique mais comme l'avait souhaité Davy Crockett et ses compagnons pour le Texas, il exige l'intégralité du territoire mexicain pour le réintégrer dans une nouvelle étoile du drapeau américain. Ce qui est étonnant est qu'il pourchasse l'immigration mexicaine qui est censée se fondre dans les États-Unis.

Mais le Davy Crockett actuel, sorti d'un spectacle de cirque, ne passera pas le Rio Grande. En retour à cette symbolique, examinons l'annonce souhaitée de la revanche de 1836 au cours de cette Coupe du monde. Nous l'avons précisé, il n'y a aucune possibilité que les deux équipes se rencontrent pendant la phase des groupes mais cela reste possible si leur classement permet d'aller au-delà.

Espérons que ce jour-là, s'il arrive, Davy Crockett et sa moumoute ne passeront aucune frontière pour accéder à la victoire. (Pour moumoute, ce n'est pas une allusion indécente de ma part concernant la chevelure de Donald Trump, je laisse les humoristes des night shows à la télévision américaine le faire, ils ne s'en privent pas sur ce point).

Lors de cet éventuel match, nous nous rappellerons de cette phrase des résistants espagnols face au fascisme et popularisée par la républicaine Dolores Ibárruri, dite La Pasionaria.

No pasaràn !

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