Accord Téhéran-Washington: Les Etats-Unis lèvent le blocus sur les ports iraniens
Les États-Unis lèvent le blocus naval américain sur les ports iraniens suite à l'accord conclu entre Téhéran et Washington, selon l'annonce de la télévision iranienne.
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Aragchi a confirmé que la signature officielle de l'accord aura lieu vendredi en Suisse, avant le démarrage des négociations.
Aragchi a insisté sur l'interconnexion entre les fronts iranien et libanais, affirmant que la fin de la guerre au Liban est essentielle pour mettre fin au conflit en Iran.
Le président libanais Joseph Aoun a exprimé son espoir que cet accord constitue une étape positive vers la réduction des tensions régionales et le renforcement de la stabilité.
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Le Quotidien d'Oran
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Mardi, 109e jour de l'agression américano-sioniste contre l'Iran. Au lendemain de l'annonce de l'accord entre Téhéran et Washington, la Télévision iranienne a annoncé le début de la levée du blocus naval américain, ajoutant que deux navires transportant des fournitures essentielles font route vers les ports du pays, et que trois pétroliers iraniens naviguent dans le nord de l'océan Indien.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Aragchi, a confirmé, hier, que la signature de l'accord avec les Etats-Unis aura lieu vendredi en Suisse, par les délégations des deux pays, avant le démarrage du premier cycle des négociations, ajoutant que Téhéran entendait tirer parti des accords conclus et les transformer en une avancée économique concrète.
Dans une déclaration rapportée par la chaîne libanaise Al Mayadeen, Abbas Aragchi a insisté que les fronts iranien et libanais sont «interconnectés» dans l'accord, et que la fin de la guerre au Liban est «essentielle pour mettre fin à la guerre en Iran».
Pour Aragchi, les deux parties au mémorandum d'entente sont, d'une part, les États-Unis et Israël, et d'autre part, l'Iran et le Hezbollah. Il a également souligné que «la guerre ne prendra pas fin sans le retrait d'Israël du Liban».
A noter qu'à l'heure de la rédaction de ces lignes, l'entité sioniste continue de bombarder le sud-Liban, ce qui a obligé le Hezbollah à reprendre sa riposte après avoir annoncé, lundi, n'avoir mené aucune attaque depuis l'annonce de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.
Entretiens téléphoniques d'Aragchi avec le président libanais
Le président de la République libanais, Joseph Aoun, a reçu lundi soir un appel téléphonique du ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, indique un communiqué de la présidence libanaise sur la plateforme X.
Joseph Aoun «a salué l'accord conclu entre la République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique, exprimant son espoir qu'il constitue une étape positive vers la réduction des tensions et l'ouverture de voies vers des solutions diplomatiques qui contribuent à renforcer la sécurité et la stabilité aux niveaux régional et international», indique un communiqué de la présidence libanaise sur la plateforme X. Aoun a également «insisté sur le fait que la stabilité du Liban, sa sécurité et sa souveraineté restent une priorité nationale». De son côté, Araghchi a exprimé «son souhait que l'atmosphère positive créée par cet accord contribue à soutenir la stabilité au Liban et à renforcer les opportunités de relance et de prospérité dans le pays», note le communiqué. S'adressant à des médias libanais, le président du Parlement libanais, Nabih Berri «s'est félicité de l'accord et du retour spontané des habitants dans leurs foyers du Sud et de la banlieue sud de Beyrouth, laissant ainsi aux personnes déplacées la liberté d'évaluer la situation selon leurs propres circonstances», rapporte le journal Al Joumhouria.
A propos de l'accord, Berri a noté que «le Liban y est mentionné à plusieurs reprises, tant en ce qui concerne son inclusion dans le cadre de la fin de la guerre que la nécessité d'un retrait israélien», ajoute la même source.
«Cela confirme la justesse de mon choix initial de miser sur la voie d'Islamabad, sans pour autant porter atteinte à la souveraineté du Liban», a-t-il déclaré.
Ajoutant que «l'important maintenant est d'œuvrer au retrait israélien du Liban», expliquant que ce point sera abordé lors des négociations de 60 jours entre l'Iran et les États-Unis. Concernant la faisabilité de la proposition de «zones expérimentales» évoquées dans l'accord de Washington entre les autorités libanaises et l'entité sioniste, Nabih Berri répond que le Liban est divisé en districts, et non en «zones expérimentales». «Par conséquent, ce qui est nécessaire, c'est un retrait israélien rapide des districts qu'il occupe dans le sud. De ce fait, le concept de «zones expérimentales», qui implique un retrait pouvant prendre deux ans, n'a pas sa place dans mon vocabulaire.»
Le Hezbollah appelle les autorités libanaises à «revoir leur stratégie»
Dans un communiqué rendu public dans la soirée de lundi, le Hezbollah a exprimé ses félicitations à l'Iran pour la conclusion d'un mémorandum d'entente pour mettre fin à la guerre, ainsi que sa «profonde gratitude pour leur soutien indéfectible (de l'Iran) au Liban».
S'adressant aux autorités libanaises, le parti les appelle à «revoir tous leurs calculs et leurs stratégies, à tirer les leçons de cette expérience et de celles vécues par le Liban par le passé, et à abandonner les illusions et les paris perdants», dans une allusion claire à la démarche officielle de mener des négociations directes avec l'entité sioniste à laquelle le parti s'était fortement opposé.
Le Hezbollah a souligné dans sa déclaration que cette étape «exige des autorités et de toutes les forces politiques libanaises qu'elles adoptent une position nationale unie afin d'atteindre les objectifs convenus par le peuple libanais, des objectifs qui servent les intérêts du Liban, préservent sa souveraineté et renforcent sa résilience face aux ambitions de l'ennemi israélien».
Saluant «le peuple de la résistance, ses dirigeants et ses vaillants et héroïques combattants (...) qui ont sacrifié leur sang et leur âme pour la gloire de leur patrie», le Hezbollah affiche sa détermination «qu'il n'y aurait pas de retour au statu quo d'avant le 2 mars» et que «la résistance restera attachée au droit légitime et inébranlable du Liban de défendre son territoire, son peuple et sa souveraineté jusqu'au retrait (israélien) complet et la libération des prisonniers».