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Pour l'Espagne, des premiers doutes à vite dissiper

Par par R.N.8 min de lecture
Brifa
Résumé IA

L'Espagne, championne d'Europe et favorite de la Coupe du monde, a concédé un match nul décevant contre le Cap-Vert (0-0), nation classée 64e mondiale et novice en Mondial.

La Roja a dominé la possession mais s'est montrée stérile offensivement, incapable de percer la défense capverdienne malgré une armada offensive et l'absence de Lamine Yamal au départ.

Le sélectionneur Luis de la Fuente a reconnu un résultat insatisfaisant et un coup au moral, tout en rappelant que l'Espagne restait invaincue depuis 32 matches.

L'équipe retrouvera ses automatismes avec le retour de Yamal et Nico Williams, remis de blessures, pour affronter l'Arabie Saoudite dimanche.


Tunisie : Hervé Renard nommé sélectionneur en plein Mondial

La Tunisie a limogé son entraîneur Sabri Lamouchi après le cinglant 5-1 contre la Suède et a nommé le Français Hervé Renard pour le remplacer, décision rarissime en cours de Coupe du monde.

Renard, licencié par l'Arabie saoudite en avril, doit rejoindre le camp tunisien au Mexique en quelques jours pour préparer le match contre le Japon dimanche.

Le technicien de 57 ans, réputé bâtisseur avec des moyens limités, a remporté la Coupe d'Afrique des nations avec la Zambie (2012) et la Côte d'Ivoire (2015).

Ses mandats récents avec le Maroc, l'Arabie saoudite et l'équipe de France féminine ont cependant apporté des résultats mitigés malgré son charisme reconnu.

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Le Quotidien d'Oran

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Un match nul d'entrée qui plus est contre le Cap-Vert, nation novice classée 64e mondiale, font tâche pour la Roja, championne d'Europe et parmi les favorite de la Coupe du monde, mais ni les joueurs ni le sélectionneur ne veulent entendre parler de doutes. «Le bruit et la fureur, cela ne me pose aucun problème. Aujourd'hui, nous en sommes à 32 matches sans défaite. Nous n'avons pas eu la justesse dans les dernières passes et il s'est passé cela, mais rien qui doive susciter des doutes ou une inquiétude excessive», s'est empressé de déclarer le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente devant la presse. Il a néanmoins admis à quelques minutes d'intervalle que ce résultat forcément insatisfaisant «ne faisait partie des plans» et que son équipe avait reçu «un coup au moral». Evidemment, un point de pris, certes sans gloire, n'est pas non plus une défaite, laquelle eut été humiliante. Mais ne pas parvenir à marquer face à un si faible adversaire, avec l'armada dont dispose la Roja même sans Lamine Yamal au départ, est un sacré accroc. Et d'ailleurs, des sifflets sont descendus des tribunes.

Tenus de se relancer dans ce Mondial, les coéquipiers de Rodri vont retrouver le calme de leur camp de base à Chattanooga (Tennessee) et on sait déjà qu'une attention toute particulière sera apportée à l'animation offensive, totalement en manque d'idées lundi à Atlanta.

Possession stérile, mauvais souvenirs

Habituellement basé sur le contrôle et la verticalité, le jeu de la Roja a bien trop ronronné pour bouger le bloc bas mis en place par le Cap-Vert. Une possession stérile, flirtant avec l'ennui, qui a rappelé 2018 et 2022, lorsque l'Espagne de Luis Enrique était tombée aux tirs au but en huitièmes de finale face à la Russie et contre le Maroc.

Et avant l'entrée de Lamine Yamal à la 70e minute, hormis les cinq dernières minutes de la première période, l'attaque espagnole a été inoffensive, incapable de trouver le moindre espace dans la surface pour enclencher une frappe précise. Pourtant habitués à jouer dans les petits espaces grâce à leur finesse technique, notamment avec «le meilleur milieu de terrain du monde», selon les mots de leur sélectionneur, les Espagnols ont essayé de passer par des centres. Mais à leur réception, les têtes ont soit trouvé la barre transversale soit les gants du gardien capverdien très en verve. Que ce soit Ferran Torres, Gavi ou Mikel Oyarzabal, tous ont été imprécis ou impuissants face à Vozinha, 40 ans et logiquement désigné meilleur joueur de la rencontre.

Totalement éteint lundi alors qu'il n'était pourtant pas gêné par la chaleur dans le stade d'Atlanta climatisé et sous un toit fermé, Oyarzabal a été méconnaissable.

Automatismes à retrouver

Et une statistique le résume très bien: le buteur de la Real Sociedad est le premier joueur depuis 1966 à avoir joué les 30 premières minutes d'un match de Coupe du monde sans toucher une seule fois le ballon, selon le statisticien Opta. Ce match a de fait également illustré à quel point Lamine Yamal, remplaçant au coup d'envoi, a fait défaut à la Roja. En un peu plus d'une vingtaine de minutes, il a amené de la vitesse et du danger, certes sans parvenir à forcer le verrou capverdien.

Rétabli de sa blessure à une cuisse, il devrait débuter contre l'Arabie Saoudite dimanche et, même s'il manque un peu de rythme, sa justesse technique ne sera pas de trop pour amener du peps à l'équipe. Idem s'agissant de l'autre ailier Nico Williams, également remis d'une cuisse douloureuse et qui a aussi fait son retour en toute fin de match. «Quand nous aurons retrouvé nos automatismes, l'équipe sera meilleure», a espéré le sélectionneur, se disant «très serein». Dans son esprit, «il reste sept matches», dont la finale. Et Luis de la Fuente le sait très bien: ce qui compte, ce n'est pas comment on commence mais comment on finit. En 2010, la Roja avait été sacrée championne du monde après avoir perdu 1-0 face à la Suisse lors de son entrée en lice.

R.N.

La Tunisie limoge son entraineur en plein Mondial

Le globe-trotteur français Hervé Renard, nommé mardi sélectionneur de la Tunisie en pleine Coupe du monde, renoue avec l'Afrique terre de ses premiers exploits pour se relancer, deux mois après avoir été licencié par l'Arabie saoudite.

La Tunisie a pris la décision rarissime de changer d'entraîneur durant un Mondial, Sabri Lamouchi faisant les frais du 5-1 infligé dimanche par la Suède lors de la 1re journée. Ce n'est pas la première fois qu'un sélectionneur est renvoyé au cours de la compétition mais, dans les cas précédents - la Tunisie, la Corée du Sud et l'Arabie saoudite en 1998 -, les Fédérations avaient préféré confier l'intérim à un adjoint plutôt que de nommer quelqu'un de l'extérieur. Placé dans des conditions inédites, Renard n'aura que quelques jours pour rejoindre le camp de base de Monterrey, au Mexique, découvrir des joueurs qu'il n'a pas choisis et les préparer pour affronter le Japon dimanche. Une nouvelle défaite pourrait être éliminatoire si les Pays-Bas battent la Suède samedi, peu importe le résultat du dernier match de la Tunisie le 26 juin face aux Néerlandais. L'entraîneur de 57 ans au look de star hollywoodienne - chemise blanche, teint hâlé et cheveux longs - a accepté ce qui ressemble à un remake de «Mission Impossible», aux commandes d'un pays sans star qui n'a jamais dépassé le premier tour d'un Mondial en six participations. Mais ce genre de défis est la marque de fabrique de Renard qui va connaître une troisième Coupe du monde d'affilée avec une troisième nation différente.

«Gros travailleur»

Le technicien jouit d'une réputation de bâtisseur capable de briller avec des moyens limités, bien qu'il n'ait jamais vraiment confirmé avec des équipes mieux dotées. Il était sur le marché depuis son limogeage par l'Arabie saoudite en avril, alors qu'il avait mené les «Faucons verts» à la qualification pour le Mondial-2026.

Cet ancien joueur sans référence (un match de D1 avec Cannes à la fin des années 1980) est habitué à s'aventurer hors des sentiers battus, au fil d'une carrière entamée en cinquième division, en 1999, à Draguignan (sud de la France). C'est en Afrique qu'il a appris le métier, sous les ordres de Claude Le Roy, dont il était l'adjoint avec le Ghana (2007-2008). Cette rencontre «a changé mon destin», a-t-il expliqué à l'AFP en 2022. Le Roy se souvient lui d'un «gros travailleur». L'élève s'émancipe de son mentor en prenant la tête de la Zambie (2011-2013), avec qui il parvient à gagner la Coupe d'Afrique des nations à la surprise générale, en 2012. Trois ans plus tard, il récidive avec la Côte d'Ivoire (2014-2015), après avoir succédé à... Sabri Lamouchi.

Déceptions

Ces trophées lui ont ouvert les portes de postes plus prestigieux, avec le Maroc (2016-2019) ou l'Arabie saoudite (2019-2023 puis 2024-2026). Son charisme en ont fait un personnage incontournable, mais les résultats n'ont pas été à l'avenant. Il a conduit les Saoudiens à une victoire de prestige contre l'Argentine, future championne, lors de la phase des poules du Mondial-2022 (2-1). Les images de son discours à la mi-temps du match ont fait le tour du monde, et ont consolidé sa notoriété comme franc-parleur. Mais l'Arabie saoudite a terminé à la dernière place de son groupe, comme le Maroc en 2018 lorsqu'il était aux commandes. Son passage avec l'équipe de France féminine (2023-2024) s'est aussi achevé par deux éliminations en quarts de finale, à la Coupe du monde en 2023 puis aux JO de Paris. Ces résultats s'ajoutent à ses mandats mitigés à Sochaux (2013-2014), où il n'a pu empêcher la descente du club en Ligue 2, et Lille (2015). Sa quête de rachat coïncide avec celle d'une équipe tunisienne au bord de l'élimination.

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