Coups de chaud contre les pauses fraîcheur
La Fifa a imposé des « pauses fraîcheur » de trois minutes à chaque mi-temps du Mondial-2026 pour prévenir les fortes chaleurs, mais cette innovation suscite des critiques parmi joueurs et supporters.
Ces interruptions, habituelles en Amérique du Nord, cassent la dynamique des matchs et offrent aux entraîneurs des occasions de réajustements tactiques similaires aux temps-morts du basket NBA.
Le capitaine néerlandais Virgil van Dijk et de nombreux amateurs de football reprochent à ces pauses leur dimension mercantile, notamment les fenêtres publicitaires qu'elles créent pour les diffuseurs.
Certains joueurs et sélectionneurs reconnaissent toutefois que ces pauses permettent de reprendre un second souffle et de corriger la tactique en cas de difficulté.
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Le Quotidien d'Oran
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Des joueurs aux supporters, les esprits s'échauffent autour des «pauses fraîcheur» imposées à chaque match du Mondial-2026, même dans des stades climatisés, une innovation qui casse parfois la dynamique d'une rencontre et se transforme en pause tactique.
La Fifa a introduit des «hydration breaks» pour le tournoi aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique en guise de prévention des fortes chaleurs attendues. Le jeu est stoppé pendant trois minutes, au mitan de chaque période. Ces coupures sont habituelles au pays du baseball, du basket NBA et du football américain, qui offrent aux diffuseurs plus de fenêtres publicitaires et donc des revenus supplémentaires, mais elles heurtent la sensibilité des amoureux du football tel qu'il a toujours été pratiqué. Lundi, des huées sont tombées des travées durant la première pause de la rencontre entre l'Espagne et le Cap-Vert, dans le stade climatisé et au toit fermé d'Atlanta. Idem la veille durant Suède-Tunisie à Monterrey.
Cette innovation introduite au nom de la santé des joueurs fait grincer des dents car elle casse l'élan, d'une part, mais aussi pour le fondement mercantile que certains lui prêtent. «Les pauses fraîcheur, c'est un peu particulier. J'ai regardé presque tous les matches jusqu'à aujourd'hui, et à chaque fois, la coupure pub, c'est un peu...
Ce n'est pas vraiment quelque chose que j'apprécie. Je pense que pour les téléspectateurs neutres, ce n'est pas génial non plus», a déclaré le capitaine des Pays-Bas, Virgil van Dijk, après le match nul concédé contre le Japon (2-2) dimanche.
Selon les pays, les usages varient. En France, M6 et BeIn diffusent des publicités pendant une partie de la pause tandis qu'en Angleterre, le royaume du football, ITV, pourtant chaîne commerciale, a choisi de rester à l'antenne. Dans les stades, les supporters patientent ou s'impatientent pendant que des groupes de musique ou des cheerleaders s'activent.
Coïncidence ou non, la dynamique des matches a parfois changé de manière nette immédiatement après une pause fraîcheur. Autrement dit, elle tombe à pic pour une équipe en train de souffrir. «Quand vous êtes un peu plus en difficulté, ça vous permet de reprendre un peu un second souffle, de régler deux ou trois petits détails. Ce soir, vu la première période qu'on a faite, ça nous a quand même aidé», a reconnu le sélectionneur de la Côte d'Ivoire, Emerse Faé, dimanche après le match remporté
contre l'Equateur à Philadelphie (1-0)
«Ajustements tactiques»
La première coupure durant le match entre l'Allemagne et Curaçao, dimanche dans le stade fermé et climatisé de Houston, a aussi profité à la Mannschaft qui venait de concéder une inattendue égalisation. «Curaçao a joué en losange aujourd'hui, et nous avons ajusté notre manière d'attaquer avant la pause fraîcheur», a déclaré le sélectionneur Julian Nagelsmann en conférence d'après-match. «Cette pause a en fait été utile pour simplement réexpliquer ce que nous avions déjà ajusté sur le tableau», a-t-il ensuite admis.
C'est une des conséquences de ces coupures: les entraîneurs les utilisent très majoritairement pour passer leurs consignes aux joueurs, tandis que ces derniers s'hydratent. Comme en NBA lorsque les entraîneurs demandent des temps-morts. L'attaquant marocain de Sunderland, Shamseddine Talbi, juge lui que «les pauses fraîcheur, c'est une bonne chose». Et il a résumé le sentiment général, samedi après avoir contrarié le Brésil (1-1) à East Rutherford, où l'air était chaud (29° au coup d'envoi) et sec: «cela nous permet d'effectuer des ajustements tactiques. Cela coupe le jeu et casse le rythme, mais on ne peut pas tout avoir».